Un marmot ça grandit, heureusement. Les premiers jours passent, les premiers mois passent, et la première année se termine.

S’occuper d’un enfant c’est bien, mais gagner plein de pognon c’est beaucoup mieux. À ce sujet nous autres suisses avons d’ailleurs une solide réputation à maintenir, et le travail rend libre.

Après moult batailles et manifestations, notre fantastique pays a, dans un élan de bonté indescriptible, finalement décidé d’accorder quelques mois de congé aux femmes ayant récemment accouché. Un repos accordé comme de coutume un demi-siècle après le reste des autres pays d’Europe. Une fois cette période de calme intense terminée, maman doit reprendre le boulot ou en trouver un nouveau dans le cas où son contrat de travail à durée déterminée n’aurait mystérieusement pas été renouvelé juste après l’annonce de la grossesse (remercions au passage la ville de Lausanne pour son éthique exemplaire).

Les habitants des grandes villes connaissent bien le phénomène dit des « loyers abusés imposés par des proprios et des putains de régies sans scrupules » , c’est du moins le terme scientifique utilisé dans de nombreuses études américaines, le fameux ARCOFUPM (Abused Rents Charged by Owners and Fucking Unscrupulous Property Managers).

Contrairement au siècle passé, un mâle moderne n’a aujourd’hui aucun moyen de subvenir seul aux besoins d’une famille et sa femelle doit donc obligatoirement mettre la main à la pâte, délégant de ce fait la garde du rejeton à un tiers.

Pour ce faire il existe plusieurs moyens reconnus tels que l’exploitation opportuniste d’un membre de la famille, la maman de jour (ou « famille d’accueil » ) et les crèches.

Réserver une place en crèche est un acte qui demande un tant soi peu d’organisation, la faute aux délais d’attente relativement longs. En effet, afin d’avoir une chance infime d’obtenir une place il est préférable d’effectuer la demande d’attribution plusieurs centaines d’années à l’avance, l’idéal étant de demander à ton aïeul d’envoyer la missive quémandeuse une fois sa participation à la bataille de Morgarten terminée.

C’est au premier abord difficile mais ne te décourage pas, avec une bonne DeLorean trafiquée et 1.21 gigawatts c’est jouable.

Great Scott !

L’offre et deux fois inférieure à la demande et l’Etat préfère visiblement dilapider son argent dans l’achat d’une vingtaine de nouveaux avions de combat dont l’utilité n’est bien évidemment plus à démontrer.

Si par le plus grand des hasards cette Terre compte une divinité quelconque alors tes sacrifices animaliers n’auront pas été vains, une place de garde t’auras été attribuée et tu pourras déboucher le champomy (sans alcool, la fête est plus molle). Seulement voilà, tu ne peux pas juste amener ton marmot le premier jour et venir le chercher en fin de soirée, il est en effet impératif de passer par une période dite d’adaptation.

En tant qu’adulte, on peut sans problème te poser en plein milieu d’une plage avec open bar et activités sportives gratos, après ton sixième cocktail ton adaptation sera terminée et tu seras pote avec tout le monde.

Pour les bébés c’est plus compliqué car il faut assurer une présence parentale à leurs côtés, présence dont la durée diminue jour après jour. Et n’essaie pas de leur servir des caïpirinhas, il semblerait que ce ne soit pas très bon pour leur développement.

Une fois cette période passée, les parents peuvent à nouveau êtres considérés comme de bons citoyens actifs qui gagnent plein d’argent à leur travail.

C’est un fait, les gamins ramènent sans arrêt des cadeaux à leurs parents, du collier de pâtes aux gribouillis c’est toujours un moment d’enchantement pour les géniteurs qui admirent tant de créativité juvénile. Son jeune âge étant défavorable à ces activités manuelles, ton marmot optera pour des surprises beaucoup plus originales telles que des gastro-entérites à répétition, ou des parasites divers et variés logés dans des endroits du corps dont tu ignorais l’existence.

Tu auras bien évidemment le plaisir indescriptible de jouer régulièrement à la gastroloterie au concept fort simple : Une seule cuvette, deux voies d’évacuation, avec rotation aléatoire toutes les trente secondes pour corser l’affaire.

Mais tu verras, après quelques semaines tu finiras par connaitre toutes les urgences pédiatriques dans un rayon de cinquante kilomètres autour de chez toi. Les infirmiers réceptionnistes se mettront à te tutoyer, t’appelant par ton prénom et te proposant un forfait annuel avec des prix très attractifs.

La première année du marmot est également le moment où il commence à babiller, à grands coups de « dadada » il ordonnera à son esclave (toi) de lui ramasser son jouet qu’il vient de lancer par terre pour la trente-septième fois d’affilée.

Il commencera ensuite à se retourner sur le ventre, sur le dos, il utilisera ses bras pour avancer, puis ses jambes.

Il rampe! Il a neuf mois et il rampe!

Tu iras exposer ta fierté aux parents de ton entourage, remarquant du coin de l’oeil les autres bébés plus jeunes qui jouent déjà au football ou dansent la Tecktonik.

Tout homme célibataire a été un jour confronté aux concours de kikis, celui qui à la plus grosse bagnole, la plus belle meuf ou le dernier gadget électronique inutile. Les réunions de jeunes parents te rappelleront ces vertes années.

A entendre les différents géniteurs, on croirait même parfois assister à des ventes flash.

Mais de toute manière tu t’en fous, car ton gamin sera toujours le meilleur.

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Deux jours. C’est approximativement le temps accordé en Suisse à un homme pour la naissance de son enfant.

Deux jours. C’est approximativement le temps que met une femme pour accoucher.

Le code des obligations helvétique ne mentionne même pas un quelconque congé paternité, voire parental. Les jours donnés sont ainsi laissés au bon vouloir des entreprises, qui déduisent même parfois les jours manqués du salaire de l’employé.

Un jour, deux jours, cinq jours, parfois plus dans de très rares cas, nous sommes loin des deux mois minimum accordés par exemple aux nouveaux pères suédois.

A peine le rejeton sorti du ventre de sa mère que l’heureux géniteur doit le quitter, le temps est compté et le travail n’attend pas. Un père n’a pas de sentiments pour son enfant, un mari n’aide pas sa femme récemment accouchée. Un homme doit travailler, ramener de l’argent à sa famille et à son pays, sans doute afin que le gouvernement puisse le gaspiller allègrement dans l’achat de nouveaux avions de combat inutiles, ou dans des projets informatiques foireux à 700 millions.

Mais au fond, comment peut-on être contre le congé paternité? Voire même l’excellent concept du congé parental des pays nordiques?

J’ai posé la question sur Twitter, sur Facebook, et glâné quelques réponses sur différents blogs. Les voici.

Tous les commentaires venant de Twitter sont parfois ironiques ou cités, tu éviteras donc de t’en prendre à leurs auteurs. Pour les plus sérieux d’entre-eux on retrouve la légendaire cause unique du pognon propre à la Suisse, qui avait d’ailleurs abouti au refus complètement débile des six semaines de vacances, ainsi qu’à l’autorisation immorale de poursuivre les exportations de matériel de guerre.

Un nourisson dort de toute façon 23h30 par jour.
(Entendu d’un élu PLR ou UDC au Parlement Vaudois, transcrit par Raphaël M.)

Le congé paternité n’est pas que pour s’occuper du nourrisson, mais également pour assurer une présence aux côtés de la mère. Un accouchement n’est pas aussi naturel qu’on voudrait le croire, c’est un acte violent qui nécessite plusieurs jours de repos et une aide continue.

L’appréciation selon laquelle un enfant a autant besoin de sa mère que de son père répond à des critères personnels hautement contestables.
(Entendu d’un élu PLR ou UDC au Parlement Vaudois, transcrit par Raphaël M.)

Un commentaire émis par les mêmes personnes qui s’opposent becs et ongles à l’adoption par les couples homosexuels, à grands coups de « un enfant à besoin d’un père et d’une mère » . Aucune cohérence, pour changer.

Cela constituerait un privilège de plus pour les employés de l’Etat.
(prononcé par la radicale Véronique H. après le refus de 20 jours de congé paternité pour les employés de l’Etat de Vaud)

Et alors? Les droits des fonctionnaires ont souvent été un exemple suivi ensuite par les entreprises, leur refuser le droit au congé paternité serait donc une simple affaire de jalousie?

Heureusement, on peut toujours compter sur son petit troupeau de twittos pour argumenter de manière efficace.

Si les hommes avaient des seins nourriciers, ça se saurait.
(@MlleFunambuline)

Si on part sur cette voie, un jour les gens réclameront un congé mater/paternité quand ils adopteront un chien/chat/koala.
(@SeriouslyFab)

De toute façon c’est la maman qui se tape tout le boulot, autant qu’elle continue (c’est pas comme si elle avait une vie à elle)
(@mlle_cassis)

Dans mon cas même si j’avais eu le choix j’aurais préféré que ce soit ma femme qui soit le plus longtemps en congé, parce qu’elle ne voulait pas utiliser le tire-lait et moi ça me faisait trop mal!
(@svonroth)

Les pères préfèrent se faire chier au boulot plutôt que de torcher leur gamin.
(@BrunetJohn)

Car je n’aurai plus d’excuse, quand bb hurle au milieu de la nuit, pour dormir et laisser à Mme le soin de tout faire.
(@souslapoussiere)

Clairement, et par expérience, on peut affirmer que la solution de facilité face à un nourrisson tyrannique est la fuite. Mais être un mâle viril et poilu implique également certaines responsabilités, dont celle de s’occuper de son enfant. Nous ne vivons plus dans des cavernes, les mâles n’ont plus besoin de chasser.

Un ami m’a dit l’autre jour: « Nous (les hommes) on ne doit pas créer un lien avec le bébé comme la maman et donc on a pas besoin de rester avec lui après sa naissance. »
(@OwcyVonSarace)

Qui a dit que nous les hommes ne devions pas créer de liens avec le bébé? Aucun texte même religieux n’est contre le lien entre un père et son enfant. Notons au passage que l’auteur original de cette tirade n’a pas d’enfant, et que cette phrase provocatrice n’est probablement due qu’à un excès de masculinisme.

Être un père présent et affectueux peut en effet être vu comme avilissant par certains conservateurs aux convictions moyenâgeuses.

Finalement, peu de réels arguments se valent.

Pourquoi le coût économique d’une décision personnelle (avoir un enfant) devrait-il être supporté par l’employeur ?
(@SeriouslyFab)

Les coûts du congé paternité seraient supportés en partie par l’État. Ce même argument de l’employeur saigné avait été prononcé lors des votations contre les six semaines de vacances, sauf qu’ici il n’est plus question de loisirs, mais d’assurer une présence lors d’un évènement difficile qui nécessite la présence permanente des deux parents.

Les artisans ou sociétés font comment avec le profil du mec qui a 4 ou 5 semaines de vacances, 3 semaines d’armée ou service civil, 1 semaine de maladie et 4 semaines de congé pat? 3 mois d’absences par année.
(@noestabien)

La petite entreprise pourrait effectivement être pénalisée par l’absence plus ou moins longue d’un de ses employés. La solution idéale (d’après l’auteur même de la citation) serait tout simplement d’abolir l’armée pour compenser, mais c’est un autre débat.

En définitive, les seuls lésés seraient les dirigeants de petites ou moyennes entreprises. Il y a malheureusement fort à parier que si ce droit était soumis au peuple il serait refusé par une large majorité, de ce côté là il n’y a pas grand chose à attendre d’un peuple qui refuse six semaines de vacances.

Sources :
– Twitter (merci à mes 685 suiveurs)
– Facebook (merci à mes 57 « amis » )
– Le blog de Raphaël Mahaim (copie de l’article ici)
Code des obligations suisse
@mlle_cassis pour son aide sur ledit code
– Journal « 24 Heures » du 20.03.2012 : « Non au congé paternité de 20 jours » (copie de l’article ici)
– Journal « La Tribune de Genève » du 26.03.2012 : « L’armée a gaspillé 700 millions dans un projet raté » (copie de l’article ici)
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Les premiers jours après la naissance te donnent une bonne idée de ce que doit être la vie en enfer, les flammes en moins. La panique est totale, les cinquante bouquins que tu as épluchés ne te sont d’aucune utilité et tu es de toute manière trop crevé pour te souvenir de leur contenu.

Ton entourage tente de te rassurer en te disant que bientôt tout ira mieux, une indication de durée relative qui avoisine quand même le trimestre. Passé ce délai tu auras effectivement la confirmation que ces premiers mois de cohabitation sont les pires.

Les jeunes parents avec qui tu discuteras te diront globalement tous la même chose, que leur mioche dormait douze heures par nuit dès la première semaine, qu’il a fait son bachelor et son master largement avant ses premiers pas et qu’en ce moment il prépare sa thèse entre deux descentes en toboggan.

Ne les écoute pas, ils mentent.

Tu penseras quand même à ton gamin qui pleure toutes les trois heures pendant la nuit, qui hurle constamment le jour et qui ne sait toujours pas que ces deux énormes machins qui lui filent des pains dans la gueule à longueur de journée s’appellent des « bras » , et qu’il peut les contrôler.

Les visites de proches se succèdent à un rythme effréné durant les mois qui suivent la naissance, chacun apportant un petit cadeau original au marmot : un doudou. Cette petite peluche est censée rassurer bébé lors de ses crises existentielles, lui apportant un réconfort que ses parents sont bien incapables de fournir durant les soixante-huit heures journalières d’attention que réclame ce tyran miniature.

Tu recevras en vrac le doudou ourson, le doudou rhinocéros, le doudou renard, le doudou chien et même peut-être le doudou UDC.

Du coup ton gamin se retrouve avec une collection impressionnante de créatures artificielles, le forçant ainsi à faire un choix pénible parmi le lot à disposition, provocant les crises d’angoisses que ces saloperies en tissu étaient justement censées atténuer.

C’est le paradoxe du doudou.

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Les trois trimestres de grossesse étant passés (un, deux et trois), il arrive un matin ou madame se décide à perdre les eaux. Dans la majorité des films cuculs (à ne pas confondre avec les films de cul) la femme enceinte déverse instantanément sur le sol l’équivalent d’un camion-citerne, dans la réalité il est juste questions d’un demi-litre espacé sur plusieurs heures, rien ne sert donc d’attendre avec une planche de surf à la main, ta vague ne viendra pas.

Les premières contractions arrivent ensuite, madame affiche un grand sourire et te parle d’un chatouillement dans le bas-ventre, profite bien de cet instant car dans quelques heures elle hurlera sa race. Après tous ces mois d’attente le moment de partir pour la maternité ou la maison de naissance arrive enfin. Tu imagines ta voiture fonçant sur l’asphalte brûlante, telle la fidèle monture du preux chevalier emmenant sa dulcinée vers l’aventure de sa vie. Dans le monde réel tu te taperas juste tous les feux rouges (vraiment tous, ce n’est pas juste une façon de parler), ta vitesse ne dépassera pas celle d’un cycliste unijambiste et l’État aura décidé la veille pour une raison mystérieuse de creuser des chantiers pharaoniques sur l’ensemble du trajet. De plus ces enfoirés d’écolos choisiront ce jour pour manifester à vélo et le convoi spécial de deux-cent tonnes qui relie Moscou à Vuflan-le-Château passera exactement par le boulevard que tu empruntes.

Tu peux utiliser ta voiture personnelle, le liquide amniotique ne tache pas trop les banquettes, et puis de toute manière d’ici quelques jours Junior vomira allègrement dessus.

L’arrivée sur place est un grand moment de soulagement pour nous autres futurs-pères, une aide professionnelle non-négligeable s’occupe maintenant de madame. Pendant des mois tu as imaginé cet instant magique, la naissance physiologique la plus naturelle possible, telle qu’indiquée et discutée sur le plan de naissance préparé il y a maintenant huit mois avec tous tes amis hippies.

Maman voulait ressentir son bébé passer? Après une douzaines d’heures à en chier elle suppliera pour qu’on lui pose une péridurale.

Vous vous êtes pris la tête pour bouffer bio pendant toute la grossesse? Bébé se prendra un litre d’ocytocine de synthèse avant même que sa tête ne sorte.

La naissance n’échappe pas à la règle des enfants, rien ne se passe comme prévu.

Le débarquement se fait en grandes pompes, c’est l’Armageddon hormonal dans le système nerveux. Tout le monde pleure et ton cerveau se fait la malle pour laisser place à l’instinct pur, ainsi lorsque la sage-femme te donnera la paire de ciseaux pour couper le cordon ombilical tu répondras quelque chose comme « agleuh agleuh » en tremblant. Mémorise quand même bien si tu pratiques cet acte, car il semblerait que la tradition veuille que les mâles de la famille te demandent confirmation que tu as bien séparé la mère de son enfant.

Bébé est grossièrement lavé, piqué (il adore) et emmailloté pendant que maman est recousue. Puis tout ce beau monde est placé dans une belle chambre pour de longues siestes bien méritées, pendant que toi tu restes debout avec cet air ahuri qui caractérise ta récente paternité.

Puis les visites se succèdent, chacun prend son nouveau rôle avec plus ou moins de larmes aux yeux. De fêtard célibataire tu es devenu papa, ta maman est promulguée au rang de grand-mère et la petite sœur que tu tapais allègrement étant gamin (ce que tu regrettes maintenant) est tata gâteau.

On note une récurrence abusive du terme « chou » lors des discussions autour du couffin, le nouveau-né étant évidemment le plus beau du monde, voire de l’univers. En comparaison, un marmot Alien est par exemple très laid, en plus ce petit garnement te perfore la cage thoracique pour sortir. Non vraiment, ton bébé est le plus adorable.

De ce côté la nature est d’ailleurs très bien faite, car figure-toi que l’art de la séduction est une stupide question de proportions. En effet, la taille de la tête d’un nourrisson correspond à environ vingt pour-cent de la taille totale de son corps, un effet visuel fourbe qui te force à t’attacher. Avec de telles proportions même le plus cruel des personnages de ce monde te donne des envies de câlins.

Puis vient le grand jour du retour à la maison.

Ce que redoutent beaucoup de parents finit alors par arriver, il va falloir changer les couches sans aucune aide professionnelle. Pour cela certains cours t’y auront peut-être préparé, et puis toutes les personnes de ton entourage t’auront prévenu complaisamment que la merde de ton gamin ne sent pas mauvais.

Laisse-moi te dire une chose très simple :


Prépare-toi préalablement, parce que je t’assure que ça te dégage efficacement les sinus, les voies respiratoires, toutes tes artères et les tuyaux d’aération de ta salle de bains. Je te passe l’analyse colorimétrique et les détails de consistance, tu finiras bien par en discuter avec les jeunes parents de ton entourage.

Une fois bébé propre tu savoures cet instant de quiétude, mémorise bien cette sensation car tu vas maintenant entrer dans ce que l’on appelle couramment le « cercle infernal neurasthénique » . Je t’ai fait un schéma pour t’aider à comprendre le principe de la répartition du temps chez le lardon.

Sois toutefois rassuré, après quelques jours bébé te permettra enfin de dormir par tranches gracieuses de trois ou quatre heures.

Le lendemain de la première nuit, profitant d’une rare accalmie de quelques secondes tu vas sur Facebook voir les commentaires que tes « amis » ont laissé suite à ton annonce. Tu constates qu’on s’est bien foutu de ta gueule pendant ton absence, tu réponds placidement, avec le ton calme que ta nuit catastrophique t’impose.

Puis les habitudes reviennent, la vie reprend peu à peu son cours, avec ce petit être supplémentaire en son sein.

Mais bon, tu verras, c’est que du bonheur.

Sauf quand il pleure.

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