Toute personne qui suit assidûment l’actualité n’aura pas manqué ce drame familial qui s’est déroulé au Kentucky le mois passé, où un garçon de cinq ans a froidement abattu sa petite sœur de deux ans à l’aide d’un fusil.

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Un tel drame « relance le débat sur les armes à feu » , une phrase politique trop entendue qui insinue à tort que ledit débat s’est terminé à un quelconque instant. Il serait peut-être enfin temps de clore cette discussion, et que les défenseurs de ce soi-disant droit admettent enfin les aberrations dont ils raffolent.

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C’est fou ce que l’on peut trouver au rayon des jouets d’enfants.

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Si ce n'est pas l'arme qui tue, pourquoi les armées continuent-elles d'en équiper leurs soldats?

En matière de gestion, l’armée suisse est l’exemple précis que toute institution ne doit pas suivre.

Depuis plusieurs décennies, le pays délivre gracieusement une arme de guerre à chaque citoyen mâle et majeur, des milliers de fusils sont ainsi éparpillés dans la nature. Ce triste état de fait pourrait être vaguement toléré si leurs détenteurs étaient dûment répertoriés, mais ce n’est justement pas le cas.

Le manque de fichier centralisé fait qu’aujourd’hui, l’armée a perdu la trace d’une dizaine de milliers de soldats, dont certains peuvent potentiellement encore être en possession de leur arme de service.

La Tribune de Genève (24.07.2012)

La maîtrise de l’électricité et de cette technologie magique qu’est l’informatique n’étant apparue que récemment au sein de l’armée helvétique, ses responsables commencent enfin à se sortir les pouces du cul dans l’espoir de répertorier toutes les armes militaires en circulation.

Pour ce faire, une lettre est envoyée aux anciens bagnards, leur demandant de fournir le livret de service qui prouve que les déguisements verts-kakis et les armes ont bien été rendus.

Un document aisément falsifiable, comme tu peux le constater d’après cet exemplaire original.

Posséder un blog est de nos jours un fait commun, ça l’était moins en 1997. En ces temps reculés, ton serviteur avait tenu sur son site personnel certains propos insultants envers plusieurs gradés de l’armée suisse, dont un colonel (un titre qui semble être assez élevé dans leur hiérarchie grotesque).

En avait résulté une plainte pénale pour diffamation, suivie d’une condamnation à une semaine de prison.

Seulement voilà, la médiocrité de leur administration était telle que la sentence en question est tombée quatre années plus tard, soit largement après le délai de prescription. Finalement, aucune peine n’a donc été purgée, affaire close.

Tu vois, aujourd’hui rien ne semble avoir changé, c’est toujours le gros bordel dans leur paperasse.

Durant les années d’attente d’un hypothétique verdict il m’aura quand même fallu leur lécher le bas du dos en effectuant sagement un petit nombre de cours de répétitions inutiles, ceci afin de ne pas aggraver une situation judiciairement mal barrée. Au menu des festivités, gardes de cols montagneux déserts, jeux de pouvoir ridicules et beuveries permanentes. Le soldat helvétique dans toute sa splendeur.

En 2002, un magnifique tampon à l’encre bleue marine confirme le départ définitif de ce monde de bêtes sauvages. Il aura suffit d’un simple certificat médical signé d’un psychiatre compatissant, vu une trentaine de minutes pendant la pause de midi.

Finalement, c’est l’armée suisse qui crée les antimilitaristes que nous sommes aujourd’hui, preuve incontestable qu’elle sert au moins à quelque chose.

Repos!

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La pire expérience de ma vie fut sans nul doute endurée durant ces fameux cinq mois passés « sous les drapeaux » , cet euphémisme soi-disant patriotique désignant l’engagement militaire auquel tout mâle suisse majeur est contraint, sous peine de taxe ou d’emprisonnement. Il existe bien certaines alternatives telles que le service civil ou la protection civile, mais celles-ci sont difficiles d’accès, que ce soit par leurs conditions d’admissions strictes ou simplement leurs capacités limitées.

Lors d’une cérémonie ridicule qui a lieu le premier jour, toute recrue reçoit un fusil d’assaut, et ceci sans le moindre examen psychologique préalable. Refuser l’arme à cet instant implique des sanctions que tout post-adolescent n’est pas forcément prêt à subir, de plus la pression du rituel et le manque de volonté dû à l’âge font que la plupart des apprentis troufions acceptent ce fardeau avec fatalité, sans se soucier des conséquences que ce simple geste pourrait entrainer.

Une fois son école de recrue accomplie, le citoyen-soldat ramène chez lui son arme à feu, cette dernière devient ainsi une habitante à part entière du foyer. Cachée au fond d’un placard ou d’un grenier, sa présence dans l’ombre est ressentie en permanence, on est loin du cliché de la famille paisible.




La plupart du temps il faut avouer que la cohabitation se passe sans trop de problème, si on met bien évidemment de côté la violence latente qu’entraine la possession d’une arme de guerre à la maison. En revanche, il arrive parfois que certaines personnes s’en servent comme moyen de pression psychologique sur leurs proches, d’autres l’utilisent pour se suicider, voire massacrer leur famille ou des inconnus pris au hasard dans la rue.

Un article paru dans le magazine Femina parle de ce phénomène, depuis le point de vue de dizaines de femmes qui subissent régulièrement des violences de la part de leur conjoint, ce dernier utilisant l’argument de l’arme comme moyen de pression.



Témoignage extrait.

Lilismiles ne sourit plus. Derrière son pseudo, sur Internet, cette Fribourgeoise de 29 ans se raconte. Son compagnon la harcèle, la frappe, la persuade qu’il l’aime. Ou menace de la tuer. Scènes typiques de violence dans le couple, sauf que la dernière fois, écrit-elle sur un forum il y a quelques semaines, son homme «avait posé un fusil pas très loin de lui. Inutile de vous expliquer l’effet dissuasif de ce geste et, après une longue discussion, il a réussi à faire sortir de ma bouche mon accord pour revenir!»


Le 13 février 2011, le peuple suisse sera amener à voter pour une initiative baptisée « Pour la protection face à la violence des armes » qui vise entre autre à forcer le dépôt des armes militaires à l’arsenal. Un « OUI » clair est bien évidemment souhaité.

Les organisations militaristes se sont regroupées pour faire face à cette action qui, selon elles, est inutile. Parmi tous les arguments ridicules que l’on aura pu entendre, ils ont choisi d’axer leur campagne d’affiches sur le côté traditionnel des carnages à l’arme à feu. Je te laisse juger du désastre.



Le lampion rouge à croix blanche, symbole patriotique de la fête nationale, porté par une ribambelle de marmots bien habillés qui -à l’instar des militaires- défilent en rang au son de la fanfare.

Le tableau est touchant, le lampion est écrasé et une fumée grise en sort sur la droite, comparant de ce fait l’objet enfantin avec un imaginaire fusil d’assaut que ces vilains pacifistes veulent enfermer au placard. Ainsi, après avoir été (à juste titre) comparés à des moutons, les Suisses sont maintenant associés à des enfants auxquels ont aurait cassé un jouet. Et le pire, c’est que ça marche.

Nous autres antimilitaristes sommes maintenant accusés de vouloir « détruire les valeurs suisses » , note bien le pluriel abusif (« les valeurs » , lesquelles?), qui sert sans-doute à renforcer la sensation de déshonneur envers notre pauvre Mère-Patrie qui se meurt sous le joug des infidèles que nous sommes. Ah misère, nous ne méritons vraiment pas notre passeport à croix blanche, nous et notre espoir immonde d’empêcher certains massacres impulsifs, une superbe « valeur suisse » que les partisans du maintien des armes au foyer veulent à priori perpétuer.

Le bas de l’affiche termine le tableau par un texte une fois de plus lourdement réfléchi.

Initiative inutile des milieux de gauche sur les armes


Quand on n’a pas d’arguments on tente de discréditer son adversaire, une réaction instinctive qui devrait normalement trouver sa place dans une cour d’école plutôt que sur une affiche de propagande. Tu noteras au passage le terme des « milieux de gauche » , qui hormis un jeu de mot surement involontaire reste une expression délibérément très vague dans la droite lignée de certains partis.

Bref, j’y reviendrai en temps voulu, mais pour le bien de toutes et tous prépare toi à cocher la case du « OUI » le 13 février prochain. , ,    
Nombreux sont les sujets que je ne peux viscéralement pas blairer, l’armée en est un qui trône en première position. D’une manière générale d’ailleurs, tout ce qui porte une arme me donne des envies d’écrire des billets incendiaires.

Ainsi.

Le tir en campagne 2010 commence le mois prochain, je t’en avais parlé ici.



Je me suis permis une petite visite sur le site web officiel des organisateurs qui regorge de statistiques convenant à merveille pour mes petits tableaux sous Open Office.

J’ai donc utilisé la répartition cantonale des participants, et comparé ce nombre avec la population globale de chaque canton, obtenant ainsi une estimation officielle de la proportion de fanatiques des armes par zone géographique suisse, le tout trié du pire au meilleur.

La meilleure étant bien entendu ma cité de Calvin, sur ce point j’adore vraiment cette ville.



Tu noteras que les traditionalistes endogamiques du centre se distinguent clairement une fois de plus.


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L’emplacement aléatoire des affiches réserve parfois d’étonnantes surprises.



Si toi aussi tu aimes t’habiller avec une chemise de bûcheron ou un anorak des années quatre-vingt alors n’hésite pas, inscris-toi au tir en campagne. N’oublie pas d’amener l’arme qui t’as gracieusement été remise lors de ton entrainement militaire obligatoire, arme qui permet chaque année à de nombreuses personnes de profiter des violences domestiques sanglantes dans la plus pure tradition helvétique.

Tous ensemble pour briser le silence, à grands coups de munitions explosives s’il le faut.
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Il est important de rappeler que la Suisse est un pays neutre et pacifiste, on y aime le calme, la plénitude et les petites fleurs qui poussent sur nos montagnes si bucoliques.

Côté économie nous sommes une nation prospère, on fabrique et on exporte du bon matériel aux pays étrangers, notamment au Pakistan.

La Suisse a exporté pour 13,6 millions de francs de matériel de guerre vers le Pakistan au 1er trimestre 2010.

La livraison de munitions et de pièces de rechange pour un montant de 13,6 millions avait été acceptée par le Conseil fédéral avant mars 2009, date à laquelle il a rejeté une nouvelle demande de ce pays.

Lors des trois premiers mois de l’année, la Suisse a exporté du matériel de guerre pour plus de 148 millions de francs, indique jeudi l’Administration fédérale des douanes sur son site internet. C’est près de 3% de plus que durant la même période de l’exercice précédent, où ces exportations avaient atteint un volume de 144,3 millions.


Car en Suisse l’argent reste l’argent, même au prix du sang.

(Source : 20minutes.ch)

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Les ayatollahs de la pensée gauchiste menacent aujourd’hui nos libertés en voulant imposer un contrôle strict des armes personnelles. Ils disent que nous sommes des fachos mais finalement ce sont eux les nazis, leurs idées sont dignes du troisième Reich!

L’initiative populaire fédérale « Pour la protection face à la violence des armes » a réuni 106’067 signatures validées et a été déposée le 23 février 2009. En date du 16 décembre 2009, le Conseil fédéral a pris position. L’initiative sera à l’ordre du jour de la Commission en matière de politique de sécurité du Conseil national le 22 mars 2010. Elle sera probablement traitée par le Conseil national lors de sa session d’été et par le Conseil des Etats lors de celle d’automne. La votation populaire pourrait avoir lieu en février 2011.

(Source : protection-armes.ch)


Ils ont même créé un groupe Facebook « Oui à l’initiative pour la protection contre les armes » qu’il ne faut absolument pas rejoindre!

Il faut lutter contre cette loi liberticide qui menace notre patrie, car le danger est réel, la délinquance augmente et on ne va pas laisser impunément ces profiteurs des assurances sociales nous dicter notre conduite citoyenne. La sécurité de notre pays est garantie par notre extraordinaire armée et les possesseurs d’armes à feu qui sont aujourd’hui tous deux mis en péril par quelques réactionnaires de bas-étage indignes du passeport à croix blanche.

Oui aux armes au foyer sans aucun contrôle! Afin de perpétuer dignement une tradition suisse plus que millénaire.

Pour Dieu, pour la Suisse! ,    

La démocratie Suisse est merveilleuse, quand un citoyen a soudainement une idée intelligente pour améliorer la qualité de vie générale il lui suffit alors de récolter 100’000 signatures pour voir son initiative transformée en votations populaires.

Il y a toutefois un obstacle à franchir, une résistance obscure, un mur mystérieux appelé « Conseil Fédéral » .

Quelque soit le nombre d’adhérents à l’idée de départ, quelque soit l’apparente motivation populaire, le Mur peut à tout moment décider de lui-même de rabaisser purement et simplement la demande du peuple.

C’est ce qui est malheureusement arrivé mercredi, l’initiative « Pour la protection face à la violence des armes » a été refusée par le Mur, en douce, sans la moindre annonce officielle.

L’avis du peuple et sa crainte de la prolifération des armes de service a été ignorée, elle était pourtant soutenue par 74 partis et associations.

Pour conclure ce billet, citons l’argument imbattable d’un haut membre de l’UDC qui s’est exprimé samedi sur les ondes de la RSR.

Il faut quand même rappeler que l’arme la plus dangereuse dans notre pays, c’est le couteau de cuisine.

Indiscutable.

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