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Certains metteurs en scène de goût référencent parfois notre petit pays qu’est la Suisse dans leur films ou séries télévisée, souvent maladroitement d’ailleurs.

Le sujet du jour est « A Cure for Wellness » , un film d’horreur psychologique germano-américain réalisé par Gore Verbinski en 2017, le titre ayant été traduit par « A cure for Life » en Français.

Oui, « A cure for Life » c’est du Français.

La particularité de ce film est qu’il est censé se passer en Suisse. Pas de spoilers, ne seront abordés ici que les détails qui relient ce film au pays de Guillaume Tell. Mais curieusement, la seule scène ayant été filmée sur territoire helvétique est celle du train empruntant le mythique viaduc de Landwasser, dans les Grisons.

Les montagnes en arrière-plan ont été ajoutée numériquement pour faire plus suisse, le paysage réel est un poil plus plat.

Le train arrive ensuite dans une gare pittoresque des Alpes grisonnes… ou presque.

Il s’agit en effet de la gare de Oberhof, en Allemagne. La retouche numérique a retiré les panneaux indicateurs, et a ajouté quelques massifs montagneux derrière.

L’inscription « SBB CFF FFS » a probablement fait sourire les anglophones, « FFS » étant l’acronyme de « For Fucks Sake » . On pourrait donc traduire le slogan en « SBB CFF Bordel de merde » .

Le chauffeur qui transporte notre héros de la gare au centre de bien-être conduit une Mercedes, dont le préfixe « GR » de la plaque minéralogique suggère que l’action se passe bien dans les Grisons.

Notons quand même une erreur grossière, le numéro d’immatriculation est « 36E46 » , alors que les plaques helvétiques ne comportent pas de lettres (hormis les préfixes cantonaux bien entendu). Serait-ce là un clin d’oeil aux BMW séries E36 et E46? Mais dans ce cas pourquoi avoir opté pour une Mercedes? Est-ce un troll? Le mystère demeure.

Le centre de bien-être, lieu d’actions principal, est en fait le château de Hohenzollern en Allemagne, derrière lequel a été incrusté numériquement un paysage alpin.

Les horaires de visites sont indiqués au format ‘muricain, parce que « AM » et « PM » c’est vachement plus logique.

Heureusement pour notre héros, il porte une Rolex sponsorisée au poignet, au moins quelque chose de Suisse dans ce film.

Lorsqu’il descend au village, tout le monde parle parfaitement anglais, même les vieux ivrognes qui traînent dans l’unique bar du coin.

Dans la réalité, avec leurs accents pourris, les Suisses-Allemands sont incapables de comprendre ceux du village d’en-face. Alors imagine une autre langue.

Notre héros a besoin d’un service de traduction. Heureusement pour lui, nous sommes en Suisse, et tout s’achète. Il tend donc à un habitant crasseux une liasse de billets de notre chère BNS.

Cent balles, avec des anciens billets s’il vous plait. Une fortune pour le pécore.

La grosse question que l’on se pose, est pourquoi les scénaristes ont décidé d’attribuer l’action en Suisse, alors que pratiquement tous les décors sont allemands?

Lors d’une bagarre avec un gamin du village, le héros va même jusqu’à lui gueuler dessus un « Fuck off, Adolf! » , point Godwin attribué en plein milieu de film. Le mioche parle allemand, donc il est Allemand, et donc nazi, logique.

Mais bon, la Suisse, l’Allemagne, pour un américain ça doit être pareil.


    mardi 6 juin 2017

  3 commentaires

  1. Pas mal la rame CFF en voie de 1435 mm qui passe sans problème sur la voie RhB de 1000 mm 😛
    (Et je ne parle pas du gabarit du tunnel de Landwasser, idéal pour un décapsulage en règle)
  2. C’est un train magique, c’est pour cela, la preuve est qu’il se téléporte des Grisons jusqu’en Allemagne ! 😀

    Je ne te savais pas spécialiste des trains, merci pour cette remarque pertinente (mais difficile à trouver pour le spectateur moyen).
  3. De rien, le modélisme ferroviaire c’est mon violon d’Ingres 🙂

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