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Sorti en 1990, « Total Recall » est un film de science-fiction américain réalisé par Paul Verhoeven. C’est une adaptation de la nouvelle « We Can Remember it for You Wholesale » du célèbre auteur Philip K. Dick.

Nous sommes en 2084, la planète Mars vit sous la dictature de Vilos Cohaagen (Ronny Cox), un puissant homme d’affaire qui se fait une tonne de blé sur le dos de pauvres employés payés une misère pour extraire le turbinium du sous-sol de la planète.

Douglas Quaid (Arnold Schwarzenneger) est un homme comblé, il vit sur Terre en parfaite harmonie avec sa femme Lori Quaid (Sharon Stone) dans un superbe appartement décoré par un aveugle manchot.

La suite est soumise à condition.



De nos jours quand tu veux faire un truc spécial en cuisine il te suffit de te demander quel robot électroménager peut bien le faire à ta place. Yaourts maison, pain maison, glaces maison, la technologie au service du cholestérol.

Profite-en bien parce qu’en 2084 aura lieu un grand retour en arrière et tu seras obligé de préparer tes milk-shakes protéinés aux stéroïdes avec un vulgaire Bamix®.

Tu noteras qu’on boira quand même de l’Evian, et qu’on ne sera plus obligé de reboucher les bouteilles de ketchup Heinz.

Les écrans feront partie intégrantes des appartements, avec la banalisation de la violence tu pourras bouffer tes anabolisants tout en mattant des pauvres gars se faire buter en direct sur ton mur.

Ces écrans sont omniprésents, ils n’échappent pas à la règle des vieux nanars de science-fiction qui leur impose deux caractéristiques bien précises : une résolution de merde et des coins arrondis.

Côté voiture ce n’est pas aussi catastrophique que dans Freejack, mais tu avoueras que le mec responsable de la circulation qui choisit la police de caractère « Calculette 1960 » pour les plaques d’immatriculations aurait mieux fait d’opter pour quelque chose de plus lisible.

Douglas Quaid se rend donc chez Rekall, une société qui vend des souvenirs. Tu fous ta tronche dans un four et cinq minutes plus tard c’est comme si t’avais passé des vacances sur Mars.

Les poufs sont une valeur sûre, elles continueront à t’accueillir avec un grand sourire au collagène. Sur leurs bureaux on trouvera des calculatrices de cinquante kilos et le dernier iBook révolutionnaire de chez Apple, avec imprimante révolutionnaire intégrée et écran révolutionnaire de trois pouces et demi pas plat du tout. Ai-je bien précisé que c’était révolutionnaire?

« Kikoo »

La visiophonie joue un grand rôle dans ce film. Les appareils font toutefois la taille d’un grille-pain, ce qui les rend peu pratiques à transporter dans une poche de pantalon.

« Hi hi, je vous vois deux fois monsieur McClane »

Le grand prix What The Fuck de ce film revient quand même à la fresque en point de croix qui se trouve derrière le commercial de la société Rekall.

Et en plus sa coupe de cheveux est complètement naze

Franchement, je vois ça chez un client, je me barre direct et je brûle l’immeuble. Le costume récupéré chez Emmaüs passe encore, mais il y a des limites à ne pas dépasser.

Bref, Douglas Quaid passe dans le micro-onde mais quelque chose merde. En fait il avait subit un lavage de cerveau et sa vraie personnalité a été débloquée, au lieu d’avoir une vie sans intérêt il s’avère qu’il est agent secret et qu’il détient des informations capables de griller Vilos Cohaagen.

Douglas Quaid s’enfuit, activement poursuivi par Richter (Michael Ironside) et Helm (Michael Champion), deux hommes de main de Vilos Cohaagen fanatiques des nouvelles technologies en matière de géolocalisation.

« Téma, téma, c’est une photo de ta mère! »

Douglas Quaid finit par débarquer sur Mars, où un comité d’accueil l’attend à l’aéroport. Ce taré de Richter ouvre le feu et détruit le dôme de protection du hall d’arrivée, créant un vide d’air qui aspire quelques pauvres touristes venus passer des vacances sur une planète aride.

Cette scène dure une bonne minute, jusqu’à ce qu’un garde à l’esprit vif ne se décide à presser « LE » bouton qui sauve la situation. Sur l’image ci-dessous c’est celui en rouge, tout seul, juste sous les deux écrans qui indiquent « AIR PRESSURE DECOMPRESSION » en beuglant une alarme assourdissante.

Genre l’ordinateur est trop con pour lancer lui-même la manœuvre après avoir affiché le message.

En 2084 on aura des navettes spatiales capables de relier Vuflan-le-Château à Mars en une journée, mais personne pour bricoler des stores qui se ferment tous seuls en cas de dépressurisation.

Aidé par un chauffeur de taxi, Douglas Quaid s’enfuit (encore), poursuivi (encore) par Richter. Tout bon nanar inclut une scène de poursuite en bagnole, sauf qu’ici tu as plutôt l’impression d’assister sous acide à une course de Mario Kart.

Autre point intéressant, dans le futur on ne pourra plus descendre les vitres des voitures, si tu veux fumer une clope ou jeter un papier tu seras obligé de péter la glace. Pas super pratique.

« Quelle chaleur là-dedans, ça vous dérange si j’ouvre un peu? »

Douglas Quaid rencontrera George (Marshall Bell) qui s’avère être un mutant à double identité, la seconde étant Kuato, le chef des rebelles martiens.

George possède un ordinateur dernier cri, avec lecteur de CD-ROM (ouais putain j’te jure!) et un lecteur de disquettes rétro-éclairé situé À L’ARRIÈRE de la machine.

Il y a d’ailleurs une erreur de raccord, puisque sur le plan suivant une prise grise est branchée sur l’écran.

« Il est chouette ton Minitel, tu l’as volé dans quel musée? »

Et attention, il ne s’agit pas de n’importe quelle raccordement pourri de 2084, mais d’une authentique prise parallèle directement importées des années 90, connexion en 128 bauds garantie!

Note également l’affichage en deux couleurs, la classe.

Heureusement tout se finit bien, Douglas Quaid met en marche une installation extraterrestre archaïque qui va recouvrir Mars d’une atmosphère grâce à un procédé astucieux et scientifiquement indiscutable. Le principe est simple, plusieurs barres métalliques sont chauffées à mort puis plongées dans un glacier.

Car oui, dans ce film pour produire de l’air il suffit de sublimer de la glace.

La semaine prochaine on vous montrera comment créer de l’huile d’olive raffinée à partir des restes de la caisse du chat.

Il faudra juste s’en souvenir.


,     jeudi 28 juin 2012

  14 commentaires

  1. A noter que la pouf de chez Rekall est une adepte des faux-ongles à cristaux liquides polychromes et que les passagers du métro sont tous grillés aux rayons X à chaque passage dans les couloirs :mrgreen:
  2. @foon
    Cette scène de fouille aux rayons X, où cinq ou six mecs passent leurs journées à mater des squelettes. Avec les centaines de stations de métro au moins ça doit créer des emplois. :mrgreen:
  3. Ouais mais ça reste un putain de bon film, complètement barré et bien musclé. Moi il m’éclate toujours. Je me demande ce que le remake va donner…
  4. @Fred H
    Je savais bien que j’avais oublié quelque chose : Préciser qu’un remake sortira cet été. Merci de m’avoir rappelé ceci!

    Je me demande aussi ce que ça va donner.
  5. Je ne suis pas fan de Schwarzy, ni des films américains anabolisés et stéroïdés, mais on ne peut pas comparer la technologie de années 90 avec celle de 2012.
    Ceci dit (brahim 😉 ), c’et vrai que l’équipe du film ne s’est pas torturé les méninges pour imaginer la technologie en 2084.
    C’est quand même un film qui m’a beaucoup amusé tellement Arnold S. est décalé par rapport au personnage crée par Dick. Les « héros » de P.K.Dick sont toujours des loosers nés, ballottés par les évènements, manipulés par tout le monde, entourés de faux semblants et de simulacres. Alors que Schwarzy fonce bille en tête, écrabouillant tous ceux qui le gènent, et survivant grâce à un miracle de la technologie extraterrestre: la création d’une atmosphère respirable pour les humains en quelques minutes, alors que sur terre il a fallu quelques millions d’années.
    Un bon film comique.
  6. Inculte, la fresque est un clin d’oeil au célèbre voyage dans la lune de Georges Méliès , mais effectivement elle est moche, mais c’est un joli clin d’oeil ;-).
  7. Le point de croix de Mélies il est pas prêt de se déformer, c’est moi qui te le dis: cadre inox triple épaisseur avec renforts de coins en acier inoxydable, tu as intérêt à être outillé pro pour le fixer au mur!
    Sinon ça me rappelle que je n’ai vu le film que de loin (lit d’hosto) sur une toute petite télé collée au plafond mais que déjà comme ça j’avais beaucoup aimé, il faut absolument que je le revoie en grand.
  8. @jowa59
    J’avais adoré quand il était sorti, les effets spéciaux commençaient à devenir bons et c’était impressionnant, notamment la scène dans laquelle Schwarzy retire son masque de grosse dame.

    @Marc
    Comme tu le dis, elle n’en reste pas moins immonde.

    @Br’1
    Je viens de le voir en bonne qualité, on remarque tout de suite des détails qui étaient passés inaperçus sur les vieilles télés pourraves en 1990.
  9. « ça te branche, on s’en paye une tranche? » non mais on tape pas sur Total Recall. J’ai revu ce film juste avant Pâques cette année aussi tiens. Perso je l’adore toujours et encore malgré quelques « détails » en effet 🙂

    Quand au remake, j’ai déjà dis ce que je pensais de cette mode de merde consistant à saccager toutes les oeuvres du passé.
  10. Ca reste quand même un bon film. J’adore les films au futur antérieur 😛 !
  11. Il est prévu une re edition bluray de bonne qualité pour bientôt.
  12. @burninghat
    Il y a vraiment un dialogue en français qui dit « ça te branche, on s’en paye une tranche » ?

    Tu m’étonnes que je regarde en VO. Et puis l’accent qu’avait encore Schwarzy en 1990 vaut franchement le détour.

    @Qwerty
    Je suis également fan, juste pour y déceler les erreurs.

    @Marc
    La version que j’ai vue est en 720, c’est déjà pas mal, comme je l’ai dit ça permet de voir des détails qui étaient passés inaperçus en 1990 sur les télés d’époque.
  13. @Gael ouais ça m’a marqué quand je l’ai vu la 1ère fois tu parles: c’est quand il rencontre la miss à 3 nibards dans le bar 😉 Ah et perso la fresque au mur, moi je trouve que c’est plutôt un détail humoristique qui tue, je veux le même dans mon bureau !
  14. Marc : Attention au pléonasme 😛

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