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Le livre « Do Androids Dream of Electric Sheep » est un roman de science-fiction paru en 1968 du célèbre auteur américain Philip K. Dick. De ce livre est tiré le film « Blade Runner » , qui ne reprend pratiquement rien du scénario original hormis le personnage de Rick Deckard et son métier futuriste, ainsi que quelques protagonistes divers.

Aujourd’hui je vais te parler du film, et plus particulièrement de sa technologie, puisqu’il est toujours amusant de constater à quel point les auteurs de science-fiction ont du mal à imaginer notre futur.

L’action commence dans un boom sourd entouré d’une superbe musique signée par le fameux compositeur grec Vangelis, qui a d’ailleurs composé l’intégralité de la bande originale.

L’histoire se passe à Los Angeles en 2019, dans le livre l’action se déroule à San Francisco en 1992. Rick Deckard (Harrison Ford) est un blade runner, un tueur à gages utilisé par la police locale pour traquer et tuer tous les androïdes illégalement immigrés depuis les colonies de Mars. Ces derniers appelés « replicants » (« andros » dans le livre) ont une apparence parfaitement humaine et seul un test d’empathie dit « de Voight-Kampf » pratiqué à l’aide d’une machine scannant la rétine permet de faire la différence.

Sur la machine en question, de gros boutons poussoirs lumineux rappellent les vieux appareils électroménagers des années quatre-vingt.

Dans le livre les humains du futur sont obnubilés par les animaux, ces derniers ont en effet pratiquement disparus de la surface du globe et en posséder un représente un prestige incroyable. Les plus pauvres ne peuvent que se payer des répliques robotisées, Rick Deckard possède d’ailleurs un mouton électrique dont il est relativement fier.

Voici qui explique le titre du roman original, car dans le film toute cette histoire d’animaux est totalement mise de côté, hormis le vague clin d’oeil lors de la scène de la chouette chez Tyrell Corporation ou celle du serpent dans la loge de la danseuse.

Dans un ancien billet parlant de « Rollerball » je t’avais expliqué les quatre lois qui caractérisent les vieux films de science-fiction, voici un rappel.

Il y a toujours un mec qui porte encore la moustache, ou qui a une coupe de cheveux immonde.
Les écrans de télévision ont tous des résolutions pourries, avec des coins arrondis dus à ce bon vieux système de tubes cathodiques.
Tout le monde est malade, les rues sont insalubres et mal fréquentées. Il y a toujours une élite qui échappe à cette misère, l’écart entre les classes sociales est énorme.
On retrouve inéluctablement un des trois éléments technologiques suivant : Voiture volante, pistolet laser, vidéophonie (simple ou visioconférence).

Eh bien figure-toi que « Blade Runner » réunit pratiquement tous ces éléments!

Les voitures volantes sont omniprésentes mais l’espace aérien est curieusement vide, ce qui contraste énormément avec le film « The Fifth Element » et ses routes d’altitude bouchonnées.

Le livre parle de « lasers » pour nommer les flingues, dans le film il s’agit juste de gros pistolets faisant un bruit de bouchon de Champagne qui saute au ralenti.

D’énormes zeppelins font la promotion de la vie dans les colonies de l’espace, l’homme du futur est bombardé de publicité. On retrouve ce concept de matraquage commercial dans beaucoup de films futuristes, un fléau de plus que doit subir l’humanité.

Il fait nuit et la pluie tombe tout le long du film, l’atmosphère et sombre, humide et hautement déprimante. Certains citoyens possèdent des parapluies aux manches lumineux.

Sur ce point la réalité a dépassé la fiction, puisque pour trente euros on peut aujourd’hui facilement trouver un tel gadget sur le web.

On retrouve régulièrement de petits écrans cathodiques sur lesquels défilent un texte vert mystérieux, dans la rue ou les bureaux, comme ici derrière Rick Deckard.

L’évolution esthétique des ordinateurs laisse visiblement à désirer, ils seront devenus de grosses boites noires avec des modules hideux fixés tout autour. Le clavier aura visiblement disparu au profit de la reconnaissance vocale.

En revanche leur fonctionnement aura gagné en qualité puisque l’analyse d’une simple photographie sur papier pourra être scannée puis littéralement visitée. En témoigne cette scène ahurissante dans laquelle Rick Deckard zoome comme un porc sur un miroir puis finit même par changer l’angle de vue, dévoilant ainsi un détail suspect invisible avec la meilleure des loupes. Mieux que de l’amélioration d’image, de la reconstruction virtuelle à partir de rien.

Les téléphones du futur auront un aspect vintage, probablement dû à un raz-le-bol général des smartphones et leurs milliers de fonctionnalités inutilisées et inutilisables.

La vidéoconférence ne manque bien évidemment pas à l’appel, mais il faut curieusement toujours se rendre dans une cabine de l’opérateur germano-suédois « Vid-Phön » . Aucun appareil mobile dans tout le film, les poussières radioactives spécifiées dans le livre perturbent probablement la diffusion des ondes radio.

Une note de recyclage pour terminer. Le film compte le personnage mystérieux de Gaff, qui n’existe même pas dans le livre.

C’est l’acteur Edward James Olmos qui tient le rôle, il était le Commandant Adama dans « Battlestar Galactica » et cela lui avait valu d’être le sujet de mon premier billet ayant attrait au recyclage d’acteurs. Les pauvres âmes qui n’ont pas vu cette série auront peut-être reconnu le professeur James Gellar de la dernière saison de « Dexter » .

Sources :
– Couverture du livre : Wikipedia (utilisation autorisée « to illustrate an article discussing the book in question » )

,     vendredi 20 avril 2012

  8 commentaires

  1. C’est rigolo de faire ressortir ainsi un vieux troll du parallèle entre un livre (génial) d’un auteur et un film (génial) alors qu’il paraitrait que K. Dick lui-même était plutôt content de ce qu’il en avait vu avant de mourir (RIP). Il avait sûrement pigé que le film n’était pas tiré du livre mais librement inspiré de détails de celui-ci j’imagine 😉
  2. Rhooo, un troll, tout de suite les grands mots. :mrgreen:

    J’avais effectivement lu quelque part que Philip K. Dick était à priori content du film, même si le scénario différait complètement.
  3. Un de mes film de SF préféré. A noter que les réplicants sont, dans le film, des humains améliorés obtenus par manipulations génétiques, ce qui, à l’époque, changeait des traditionnels androïdes et autres robots.
  4. Bah le scénario diffère parce que ce n’est pas une adaptation du roman mais une nouvelle histoire vaguement inspirée de certains points du roman en fait. C’était plus cette forme d’hommage que Ridley Scott voulait avec Blade Runner qu’une vraie adaptation d’après ce que j’ai lu à gauche à droite. Si c’était une adaptation, ça serait un horrible échec effectivement 😉
  5. @foon
    Le film est très bon, et on croirait le rôle taillé pour Harrison Ford.

    @burninghat
    Le roman a effectivement beaucoup moins d’action, j’ai trouvé qu’il contenait un peu trop de discussions autours des animaux électriques. Mais c’était très probablement le but recherché par Philip K. Dick.
  6. On peut aussi remarquer que les futurs habitants de la terre sont tous des Jedi
    qui ont troqué leurs capes pour des K-Way

    Sinon très bon billet, en voyant la photo d’Edward James, je pensais que tu allais faire référence à sa moustache bancale mais même pas !
  7. Je sais plus si c’est dans ce livre, mais c’est pas sensé être presque désert la terre ? Là, on dirai que la Terre entière à la même densité démographique que Tokyo !
  8. @Hina
    Un personnage inventé uniquement pour le film se devait d’avoir une moustache inventée uniquement pour le film.

    @Qwerty
    Pourtant dans le film ils insistent bien sur le fait que les immeubles sont tous vides, de mémoire dans la version française J.F. Sebastian dit même « pas de crise du logement ici ».

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