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Deux jours. C’est approximativement le temps accordé en Suisse à un homme pour la naissance de son enfant.

Deux jours. C’est approximativement le temps que met une femme pour accoucher.

Le code des obligations helvétique ne mentionne même pas un quelconque congé paternité, voire parental. Les jours donnés sont ainsi laissés au bon vouloir des entreprises, qui déduisent même parfois les jours manqués du salaire de l’employé.

Un jour, deux jours, cinq jours, parfois plus dans de très rares cas, nous sommes loin des deux mois minimum accordés par exemple aux nouveaux pères suédois.

A peine le rejeton sorti du ventre de sa mère que l’heureux géniteur doit le quitter, le temps est compté et le travail n’attend pas. Un père n’a pas de sentiments pour son enfant, un mari n’aide pas sa femme récemment accouchée. Un homme doit travailler, ramener de l’argent à sa famille et à son pays, sans doute afin que le gouvernement puisse le gaspiller allègrement dans l’achat de nouveaux avions de combat inutiles, ou dans des projets informatiques foireux à 700 millions.

Mais au fond, comment peut-on être contre le congé paternité? Voire même l’excellent concept du congé parental des pays nordiques?

J’ai posé la question sur Twitter, sur Facebook, et glâné quelques réponses sur différents blogs. Les voici.

Tous les commentaires venant de Twitter sont parfois ironiques ou cités, tu éviteras donc de t’en prendre à leurs auteurs. Pour les plus sérieux d’entre-eux on retrouve la légendaire cause unique du pognon propre à la Suisse, qui avait d’ailleurs abouti au refus complètement débile des six semaines de vacances, ainsi qu’à l’autorisation immorale de poursuivre les exportations de matériel de guerre.

Un nourisson dort de toute façon 23h30 par jour.
(Entendu d’un élu PLR ou UDC au Parlement Vaudois, transcrit par Raphaël M.)

Le congé paternité n’est pas que pour s’occuper du nourrisson, mais également pour assurer une présence aux côtés de la mère. Un accouchement n’est pas aussi naturel qu’on voudrait le croire, c’est un acte violent qui nécessite plusieurs jours de repos et une aide continue.

L’appréciation selon laquelle un enfant a autant besoin de sa mère que de son père répond à des critères personnels hautement contestables.
(Entendu d’un élu PLR ou UDC au Parlement Vaudois, transcrit par Raphaël M.)

Un commentaire émis par les mêmes personnes qui s’opposent becs et ongles à l’adoption par les couples homosexuels, à grands coups de « un enfant à besoin d’un père et d’une mère » . Aucune cohérence, pour changer.

Cela constituerait un privilège de plus pour les employés de l’Etat.
(prononcé par la radicale Véronique H. après le refus de 20 jours de congé paternité pour les employés de l’Etat de Vaud)

Et alors? Les droits des fonctionnaires ont souvent été un exemple suivi ensuite par les entreprises, leur refuser le droit au congé paternité serait donc une simple affaire de jalousie?

Heureusement, on peut toujours compter sur son petit troupeau de twittos pour argumenter de manière efficace.

Si les hommes avaient des seins nourriciers, ça se saurait.
(@MlleFunambuline)

Si on part sur cette voie, un jour les gens réclameront un congé mater/paternité quand ils adopteront un chien/chat/koala.
(@SeriouslyFab)

De toute façon c’est la maman qui se tape tout le boulot, autant qu’elle continue (c’est pas comme si elle avait une vie à elle)
(@mlle_cassis)

Dans mon cas même si j’avais eu le choix j’aurais préféré que ce soit ma femme qui soit le plus longtemps en congé, parce qu’elle ne voulait pas utiliser le tire-lait et moi ça me faisait trop mal!
(@svonroth)

Les pères préfèrent se faire chier au boulot plutôt que de torcher leur gamin.
(@BrunetJohn)

Car je n’aurai plus d’excuse, quand bb hurle au milieu de la nuit, pour dormir et laisser à Mme le soin de tout faire.
(@souslapoussiere)

Clairement, et par expérience, on peut affirmer que la solution de facilité face à un nourrisson tyrannique est la fuite. Mais être un mâle viril et poilu implique également certaines responsabilités, dont celle de s’occuper de son enfant. Nous ne vivons plus dans des cavernes, les mâles n’ont plus besoin de chasser.

Un ami m’a dit l’autre jour: « Nous (les hommes) on ne doit pas créer un lien avec le bébé comme la maman et donc on a pas besoin de rester avec lui après sa naissance. »
(@OwcyVonSarace)

Qui a dit que nous les hommes ne devions pas créer de liens avec le bébé? Aucun texte même religieux n’est contre le lien entre un père et son enfant. Notons au passage que l’auteur original de cette tirade n’a pas d’enfant, et que cette phrase provocatrice n’est probablement due qu’à un excès de masculinisme.

Être un père présent et affectueux peut en effet être vu comme avilissant par certains conservateurs aux convictions moyenâgeuses.

Finalement, peu de réels arguments se valent.

Pourquoi le coût économique d’une décision personnelle (avoir un enfant) devrait-il être supporté par l’employeur ?
(@SeriouslyFab)

Les coûts du congé paternité seraient supportés en partie par l’État. Ce même argument de l’employeur saigné avait été prononcé lors des votations contre les six semaines de vacances, sauf qu’ici il n’est plus question de loisirs, mais d’assurer une présence lors d’un évènement difficile qui nécessite la présence permanente des deux parents.

Les artisans ou sociétés font comment avec le profil du mec qui a 4 ou 5 semaines de vacances, 3 semaines d’armée ou service civil, 1 semaine de maladie et 4 semaines de congé pat? 3 mois d’absences par année.
(@noestabien)

La petite entreprise pourrait effectivement être pénalisée par l’absence plus ou moins longue d’un de ses employés. La solution idéale (d’après l’auteur même de la citation) serait tout simplement d’abolir l’armée pour compenser, mais c’est un autre débat.

En définitive, les seuls lésés seraient les dirigeants de petites ou moyennes entreprises. Il y a malheureusement fort à parier que si ce droit était soumis au peuple il serait refusé par une large majorité, de ce côté là il n’y a pas grand chose à attendre d’un peuple qui refuse six semaines de vacances.

Sources :
– Twitter (merci à mes 685 suiveurs)
– Facebook (merci à mes 57 « amis » )
– Le blog de Raphaël Mahaim (copie de l’article ici)
Code des obligations suisse
@mlle_cassis pour son aide sur ledit code
– Journal « 24 Heures » du 20.03.2012 : « Non au congé paternité de 20 jours » (copie de l’article ici)
– Journal « La Tribune de Genève » du 26.03.2012 : « L’armée a gaspillé 700 millions dans un projet raté » (copie de l’article ici)

, ,     mardi 27 mars 2012

  24 commentaires

  1. Si je peux me permettre de préciser, pour le dernier argument (« coûts supportés par l’Etat/l’entreprise):

    Pour les absences dûes aux accidents (professionnels ou non, dès 8h de travail hebdomadaire), l’assurance-accident obligatoire verse à l’employeur 80% du salaire, dès le 3e jour d’absence. L’employeur n’est pas tenu de verser les 20% manquants à l’accidenté.

    Pour les absences dûes à l’armée/service civil/congé-jeunesse/maternité, l’assurance perte de gain (voir rubrique AVS/AI/APG de ton décompte mensuel de salaire) verse 80% du salaire pendant la durée du service/14 semaines max en cas de maternité.

    On peut imaginer, pour le financement, que le congé paternité serait pris en charge par les APG – moyennant une augmentation des cotisations (rappel: 0.5% du salaire en 2012, à charge paritaire employeur-employé… soit RIEN!).

    Pour les emmerdements relatifs à l’organisation du travail en cas d’absence du travailleur… Se rappeler que dans une organisation saine, personne n’est complètement irremplaçable (c’est un point de vulnérabilité trop important) et que, contrairement aux accidents/maladie, les absences relatives au congé paternité sont anticipables et par conséquent PREPARABLES.
  2. Je ne trouve pas qu’on puisse comparer les 6 semaines de vacances avec un congé paternité. Le congé paternité s’agit de s’occuper de sa famille, soutenir une femme et son enfant. Les 6 semaines de vacances ne soutiennent pas (pas directement en tous cas) les membres de la famille, mais auraient été purement personnel. Je ne trouve pas que 6 semaines de vacances soient nécessaires, et si j’avais pu voter j’aurais voté contre. Ce n’est pas uniquement pour une question d’argent que j’aurait fait ce choix.
  3. @mlle-cassis
    Merci pour cette précision!

    @Emma
    On peut le comparer, c’est un congé qui comme je le dis a juste une importance beaucoup plus grande par rapport au vacances.

    Le peuple suisse nous a prouvé qu’il est contre les loisirs et le temps libre, avec une bonne culture de la peur et l’utilisation du mot « chômage » les partis de droite n’auraient aucun problème à faire voter leurs moutons en défaveur du congé paternité ou parental.

    Quant au fait de refuser six semaines de vacances parce que « ce n’est pas nécessaire » j’ai du mal à trouver mes mots. Evidemment que ce n’est pas nécessaire, mais dans ce cas le congé paternité non plus ne l’est pas. L’humain n’a techniquement besoin que de manger, dormir et déféquer. Le plaisir n’est pas nécessaire en soi, mais le refuser juste pour ce principe n’est pas une raison valable selon moi.
  4. A qui d’autre que le père doit-on faire appel quand Madame rentre de maternité après 1-2 jours à peine et qu’il y a d’autres petits enfants à la maison?
    Pourquoi devrait-on faire appel à quelqu’un d’autre que le géniteur pour s’occuper de sa famille durant les 5-10 jours qui suivent un accouchement (qui n’est pas un simple rendez-vous chez le coiffeur)?

    Grâce au système des APG, l’Etat ne paie rien: seuls les actifs et les employeurs contribuent, comme pour les congés militaires et le congé maternité. Pourquoi seules les grandes boîtes peuvent se permettre quelques largesses à leurs employés nouveaux pères?

    Pourquoi ne pas profiter du système existant pour permettre aussi aux PME d’offrir un temps réservé aux pères pour qu’ils puissent, si ce n’est établir un lien filial (quelle idée saugrenue, voyons), au moins s’occuper de la logistique pour sa famille?

    Poser ces questions, c’est y répondre. Soyons réalistes et pragmatiques: les familles ont besoin des pères quand un enfant naît. Et la société a besoin de renouvellement des générations. Alors…
  5. Yeah Libèle, yeah!
  6. La question devient encore plus cruciale quand il ne s’agit pas du premier enfant. Là, on ne peut plus opposer l’argument fort discutable de l’intérêt de la présence du père auprès d’un nouveau-né.

    Canton de Vaud : 1 jour de congé paternité… Ma fille est une petite maligne, elle s’est décidée un dimanche… c’était toujours un jour de congé de gagné pour son père.
  7. @Libèle
    Merci pour cette excellente argumentation!

    Un autre fait surprenant : Les fervents contestataires du congé paternité sont ouvertement en faveur d’une plus grande natalité d’enfants de nationalité suisse. Je les comprends de moins en moins.

    @L’azimutée
    N’ayant qu’un seul enfant je ne peux pas confirmer, mais j’imagine que le travail doit effectivement être énorme au fur et à mesure que la famille s’agrandit.
  8. Chez moi en Sarkosie (mais créé par Jospin/Royal) les pères ont droit à 11 jours à prendre quand ils veulent dans les 4 mois suivant la naissance (donc par exemple quand les grands frères/soeurs sont en vacances, ou quand la maman reprend le boulot), en plus des 3 jours à la naissance. C’est bien. Les entreprises s’y sont tout-à-fait bien adaptées. Personne n’a fait grève. Il n’y a pas eu de votation mais ç’aurait été inutile, qui serait contre? Les nantis? Il sont presque tous chez vous (gardez-les surtout).
  9. « La petite entreprise pourrait effectivement être pénalisée par l’absence plus ou moins longue d’un de ses employés. La solution idéale (d’après l’auteur même de la citation) serait tout simplement d’abolir l’armée pour compenser, mais c’est un autre débat. »

    Peut-être un autre débat
    mais a méditer

    😉
  10. Si on prend le temps de se pencher sur les campagnes haineuses menées à l’époque contre le congé maternité, cela redonne paradoxalement espoir. Après avoir été violemment combattu pendant des années, voire des décennies, le congé maternité est aujourd’hui une évidence. Espérons qu’il en ira de même pour les pères!
  11. @br’1
    Tu parles de la France, mais si on regarde la Suède c’est carrément incroyable. Et le pays n’est pas en train de sombrer comme on voudrait nous le faire croire.

    @weeman
    Je gerbe assez sur l’armée au fur et à mesure de mes billets, je ne voulais pas tout mélanger. Mais effectivement, remplacer l’armée par un véritable congé paternité est un sujet qui mériterait discussion!

    @Raphaël Mahaim
    J’allais citer A. Schopenhauer et le blogueur qui m’avait fait découvrir cette superbe citation.

    Tout vérité passe pas trois étapes: elle est d’abord ridiculisée; elle est ensuite violemment combattue; enfin, elle est considérée comme une évidence.


    Et puis je me suis rendu compte que ce blogueur, c’était toi. Merci encore d’ailleurs!
  12. « Un nourisson dort de toute façon 23h30 par jour » Et il prend ses 6-8 têtées dans la demi-heure qui reste? Pfff… J’aimerais bien, moi, qu’un nourrission dorme déjà 15 heures.

    Le peuple suisse nous a prouvé qu’il est contre les loisirs et le temps libre. Certes. Mais le congé paternité n’est pas du temps libre. J’étais pour ma part tellement épuisé après deux semaines (prises sur mes vacances…) que même les heures sup au boulot me semblaient bien plus supportables. Conclusion: les employeurs devraient dire oui au congé paternité, ça motive les pères à rester au boulot plus longtemps 🙂

    A propos du CO, je croyais qu’il y avait un jour minimum. Revenu au texte, j’ai lu en effet seulement « Il accorde au surplus au travailleur les heures et jours de congé usuels ». C’est d’une précision très « paix du travail »…
  13. @ l’azimutée et sous la poussière: je connais bien des pères qui ont bricolé leur propre congé, en économisant leurs vacances ou en faisant des heures sup’. Ils arrivent crevés au moment de la naissance, c’est peu dire.

    Ensuite, le fameux « congé » n’est pas de tout repos, surtout quand bébé doit être nourri la nuit ou qu’il a des coliques, que les frères et soeurs sont jaloux du bébé et donc difficiles à gérer. Et Monsieur retourne au travail, l’oeil cerné et toujours aussi fatigué.

    Je trouve cela profondément injuste.
    Ceux qui n’arrivent pas à se bricoler un temps pour eux ont alors la bonne excuse pour ne pas s’occuper de leur bébé: comme Madame est en congé, elle peut donc tout faire (elle récupérera durant la journée, croit-on!).

    Et c’est ainsi que les habitudes se prennent et que la division des tâches perdure. S’occuper des enfants ne requière aucune « compétence féminine » particulière, juste de l’attention et de l’amour: les pères en sont autant capables que les mères, non?
  14. @Sous la poussière
    Je pensais également que le congé paternité était de deux ou trois jours, aussi quand j’ai appris qu’il n’existait pas au sens légal je suis tombé de ma chaise.

    @Libèle
    Personnellement j’ai pris trois semaines sur mes vacances pour la naissance de mon fils, autant dire tout mon crédit annuel. Au final je n’ai plus eu de vacances, donc pas de repos, et j’ai certainement dû perdre en productivité.

    Nous autres pères sommes tout à fait capables de nous occuper d’un enfant, nous avons les mêmes compétences de départ, c’est à dire absolument aucune. On apprend aussi sur le tas, c’est juste une question de volonté.

    La seule chose que nous ne pouvons pas faire est allaiter, mais de ce côté-là il existe une superbe invention révolutionnaire appelée « biberon ».
  15. Ah, mais j’ai raté ce genre moment de twitter…

    Si j’avais été là, je vous aurais évidemment dit de vous référer à mes collègues italiennes qui elles ont tous compris à la question: http://mdamejo.blogspot.fr/2012/02/ma-boite.html
  16. @M’dame Jo
    T’as raté ça? Tu devais être dans un pays loin d’Internet alors, j’ai mendié des arguments en défaveur du congé paternité pendant trois jours d’affilée, j’ai perdu pleins de followers dans la foulée. :mrgreen:
  17. Ah ben depuis quelques mois, j’ai réduite de… disons… à la louche… d’un bon 96.3% mon temps sur internet, donc non, je n’ai pas vu ces tweets-là, même trois jours de suite, ou alors trop rapidement pour imprimer dans ma petite tête. On fait ce qu’on peut, hein. C’est difficile, mais je survis.
  18. @M’dame Jo
    Tu as diminué Internet? J’ai essayé, jamais réussi. Tu compenses par quoi? Drogue dure? Alcool fort à la bouteille?
  19. En France où les hommes ont droit à 11 jours de congé rémunéré (à 55% du salaire), beaucoup de gens ne prennent pas ce congé. Parfois l’argument pécuniaire est important, en particulier pour les professions libérales. Parfois des arguments débiles sont avancés du genre « j’ai trop de boulot », « ça fait pas sérieux vis-à-vis du patron » (faut-il être un esclave-né pour sortir cet argument là), « c’est pas pour les hommes, les vrais ». La réalité? Un nouveau-né c’est paniquant (et chiant accessoirement) et beaucoup de gens n’assument pas.
    Sur le site « mamantravaille.fr », il y avait eu toute une discussion là-dessus. Et c’est étonnant le nombre de crétins qui ont répondu dans les commentaires que le congé paternité était un « délire féministe ».
  20. @Magnum
    Un délire féministe? Ils ont vraiment dit ça? Mais quel raisonnement stupide…

    Donc le summum du masculin c’est d’abandonner son rôle de père pour aller bosser? Être un père ce n’est pas juste ramener du pognon à la maison, c’est également assurer personnellement l’éducation de ses enfants ainsi qu’une présence paternelle.

    Je connaissais un homme qui raisonnait comme cela, à gros coups de phrases pseudo-philosophiques il était intimement persuadé que de ne pas s’occuper de ses enfants et tromper sa femme à tour de bras faisait de lui un mâle viril.

    Ça faisait juste de lui un irresponsable.

    Merci pour ton témoignage!
  21. « Donc le summum du masculin c’est d’abandonner son rôle de père pour aller bosser? »
    En fait, leur raisonnement c’est que les féministes veulent forcer les hommes à faire le même boulot que les femmes. Ils n’arrivent pas à comprendre que le but est d’aider la mère, pas d’obliger les hommes à allaiter.
    Personne ne râle contre le congé pour soutenir un parent malade, alors pourquoi est-ce si dur de comprendre qu’un congé paternité est un congé pour soutenir quelqu’un qui vient de perdre 2 à 3 litres de sang et d’eau, qui s’est tapé 12 heures d’accouchement, une chute brutale d’hormones (bonjour le baby-blues), avec en option un trou dans le ventre? Sans compter un petit être de moins de 5 kg qui a encore une chance réelle de mourir dans les 3 prochains mois (mort subite du nourisson). En quoi est-ce avilissant de dire qu’on prend un congé pour aider ses proches?
  22. Ben moi j’ai droit à 1 jour. Et j’attends BB2.
    Si on cumule les jours de vacances pris pour l’accouchement + les premiers jours au retour à la maison pour aider maman qui n’est pas en grande forme + s’occuper de ses 2 enfants, les jours pris durant les fermetures annuelles de la crèche pour le grand (et bientôt le petit), les jours pris éventuellement en maladie… ben il reste plus grand chose comme vacances.

    A se demander parfois pourquoi on fait des enfants, dans notre société… il n’y a RIEN qui encourage à le faire, au contraire même.
    Même pour les mamans ce n’est pas évident, moins de 4 mois ça reste quand même short je trouve, sachant qu’il faut déjà sevrer l’allaitement (le 5ème mois pour l’allaitement reste optionnel me semble-t-il, et souvent non-payé, toutes les familles ne peuvent pas se le permettre) alors que l’OMS préconise de le faire pendant 6 mois, préparer l’enfant à la diversification alimentaire, et aussi simplement « profiter » de son bébé durant ses premiers mois de vie où tant de changements se font. A 4 mois déjà, bébé entre dans ce cercle de garde quotidienne par des « inconnus » et ne voit ses parents que le soir et le week-end.

    Dans quel monde vit-on…
  23. Je trouveras les mots adéquats pour montrer à quel points je suis choquée par rapport au congé paternité inexistant dans notre pays. Ce qui me choque encore plus c’est que la majorité de la population semblent être contre un congé paternité. Dans quel monde vivons nous en effet?!?

    Les arguments contre utilisés sont tellement illogiques, le résultat d’une manipulation efficace, et des valeurs moyenâgeuses ou parfois on se croit replongés au temps des cavernes.

    Il ne s’agit pas des vacances, il s’agit de soutenir sa femme qui vient de vivre un événement extrêmement violent sur un plan physique et psychologique, qui vient de prendre un bonne quantité de sang, qui peut souvent même pas se déplacer les premiers jours, qui a des douleurs insupportables, souvent des déchirures qui nécessitent longtemps à guérir, idem ou encore pire pour les césariennes, qui a besoin d’un soutien psychologique important, la chute des hormones provoquant le baby blouse est présent chez une femme sur deux et pour celles qui sont laissées toutes seules c’est de loin plus fréquent et les conséquences peuvent être graves pour elle et pour l’enfant.

    Au temps des cavernes les humains vivaient dans les grandes communautés, donc la même après l’accouchement était bien entouré. Autrement dit, vu nos lois actuelles, c’est pire d’être maman de nos jours qu’à l’époque vu que nos lois ne sont pas du tout adaptés à la situation.

    Et bon sang, c’est un moment unique dans la vie des pères, on fait pas les enfants pour immédiatement les abandonnes, ceux qui tiennent a leur famille voudront être là pour leur femme et leur enfant et ne voudront le manquer pour rien au monde. On ne fait même pas 2 enfants en moyenne dans notre pays, c’est donc tellement rare ces moments dans la vie d’une famille (et d’une entreprise!) et pourtant économiquement on a besoin de renouvèlement des générations! Et on a besoin d’enfants équilibrés, et ça commence par l’équilibre familial ce qui nécessite une maman soutenu et un père impliqué!
  24. Même si je ne commente pas forcément sachez que je lis vos commentaires et les approuve en grande partie.

    Merci pour vos interventions!

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