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Le film américain « Escape from L.A. » est un navet américain de John Carpenter sorti en 1996, c’est en quelque sorte une suite de « New York 1997 » .

Nous sommes en 2013, suite à un cataclysme qui l’a coupée du monde, la ville de Los Angeles est devenue une île pénitentiaire, le titre français est d’ailleurs « Los Angeles 2013 » . L’histoire est celle de Snake Plissken (joué par Kurt Russell), un criminel borgne peu crédible qui est envoyé là-bas pour y chercher une mystérieuse valise.

En 2013 les graphistes auront décidé de ne plus appliquer de textures sur leurs polygones, ça donne un effet vintage original.

Le monde sera devenu totalement merdique, comme d’ailleurs dans la plupart des films d’anticipations. À l’instar de « Demolition Man » seront interdits l’alcool, les clopes, les drogues, la viande rouge, le langage grossier et le sexe hors mariage.

Disons-le clairement, ce film est mauvais. Kurt Russell surjoue, les personnages ne sont pas crédibles, le scénario est grotesque, les décors sont un patchwork d’images découpées dans des magazines et les effets spéciaux donnent l’impression d’avoir été créés sur une console Atari.

Le gardien qui accompagne Snake Plissken à l’embarquement possède une tablette, ce sera le seul élément technologique crédible de tout le film.

Le chef d’embarquement Malloy adore les cactus et les gros écran monochromes, derrière lui un tableau possède plein de petites lumières qui clignotent désespérément dans l’espoir qu’un opérateur leur donne enfin une signification.

Tu noteras que le personnage de Malloy est joué par Stacy Keach, cet acteur interprétera dix ans plus tard Henry Pope, le directeur de la prison de Fox River dans la célèbre série « Prison Break » .

Imaginer le futur c’est surtout imaginer le gadget que tout le monde possédera. Dans ce film il s’agit d’une espèce de lecteur de microdisque laser, avec un clavier à neuf chiffres qui limite quand même pas mal la saisie.

Les chiffres tapés sont affichés au moyen d’un vieil afficheur fluorescent. Ce serait dommage d’avoir un écran, on risquerait d’utiliser des lettres pour écrire des mots.

Il semblerait donc que pour utiliser cette commande universelle il suffise d’y insérer un disque, puis de taper le code associé à la fonction désirée, par exemple « 674 » pour tirer la chasse d’eau. On se demande d’ailleurs comment chaque citoyen fait pour mémoriser tous ces numéros qui n’ont aucun rapport les uns avec les autres.

L’officier Brazen (jouée par Michelle Forbes) montre à Snake Plissken une vidéo pour lui expliquer que la valise qu’il doit récupérer est à Los Angeles entre les mains d’un altermondialiste du nom de Cuervo Jones (joué par Georges Corraface), un mec qui tente visiblement d’entrer dans le top cinquante des imitations pitoyables de Che Guevara.

Pour son clip de propagande il a buté les Teletubbies et squatté leur monde merveilleux, pour se la péter à mort il a même ajouté quelques colonnes grecques en arrière plan, chaque détail compte.

Si tu as la patience de regarder ce film, tu seras attentif au moment où Cuervo Jones lâche la colombe, celle-ci rate en effet lamentablement son envol et plonge vers le sol pour s’y rétamer comme une vieille bouse.

Bref, Snake Plissken se rend à Los Angeles à bord d’un petit sous-marin nucléaire, ce mode de propulsion écologique étant devenu à priori standard. Pour une raison étrange il pousse le moteur à fond alors que tous les capteurs sont déjà dans le rouge. À la radio l’opératrice lui hurle qu’il va exploser comme une fosse septique sous pression, mais il s’en fout de mourir, c’est pas une lopette.

L’écran du sous-marin possède cinq jauges qui semblent refléter des mesures importantes, le concepteur de l’interface graphique aurait quand même pu penser à placer une ou deux légendes explicatives en dessous, au lieu de ces pictogrammes énigmatiques.

À gauche de ces jauges se trouve un cadre contenant des lettres et des chiffres étranges qui n’arrêtent pas de changer rapidement, n’importe quel geek amateur constatera qu’il s’agit d’hexadécimal. Leur but est également obscur, quel genre de pilote de sous-marin est assez taré pour lire ses informations de navigation en hexadécimal? Sérieusement?

Heureusement, l’appareil est en « STATUS ALPHA » .

On ne sait pas trop à quoi ça correspond, mais c’est écrit en magenta, ça doit donc être important.

Après avoir bourré comme un con, Snake Plissken se retrouve coincé en équilibre sur la seule corniche dans un rayon de deux-mille kilomètres.

Il n’arrive pas à retenir l’appareil, celui-ci tombe à l’eau et… coule! Un sacré sous-marin en tout cas, il part tout seul en immersion complète sans attendre le pilote. Probablement un de ces fameux modèles avec lequel tu dois appareiller sur la terre ferme, puis donner des à-coups avec tes jambes pour le foutre à la flotte.

Durant son périple, Snake Plissken croise plein de monde, dont Test Tube (joué par Leland Orser) qui lui explique que ce qu’il est venu chercher n’est rien d’autre qu’une télécommande permettant de contrôler une série de satellites capables de faire griller toutes les machines électriques sur l’ensemble de la planète.

Chacun sait que si une telle machine existait, Apple l’aurait brevetée et utilisée pour détruire ses concurrents, c’est vachement plus efficace que leurs procès hebdomadaires habituels.

La tête de l’acteur Leland Orser te semblera peut-être familière, c’est en effet lui qui jouait Larry Purvis dans le film « Alien Resurrection » de Jean-Pierre Jeunet en 1997. Il se fait d’ailleurs joyeusement exploser la cage thoracique par un bébé Alien adorable.

S’étant fait capture par Cuervo Jones, Snake Plissken est soumis à une forme de jeux du cirque dégénéré, il doit placer une douzaine de paniers de basket en quelques secondes, au risque de se faire exécuter par les gardes armés qui entourent le terrain. Le pauvre mec avant lui perd pitoyablement et se fait mitrailler à trois-cent-soixante degrés.

Il faudrait m’expliquer comment font les gardes d’un côté pour ne pas toucher ceux d’en face, vu qu’ils tirent visiblement comme de gros demeurés.

Vu la durée de la scène, le nombre de bourreaux et la fréquence de tir ce pauvre gars doit recevoir en tout et pour tout un bon millier de balles dans le corps. Super utile sur une île où tout est rationné.

Au final, Snake Plissken se rendra compte que le gouvernement a essayé de l’entuber, et comme il n’a aucun sens de l’humour il utilise son game boy pour éteindre la Terre. Il saisit le code d’attaque mondial et appuie sur « Enter » .

Sous le libellé « world code activated » ce n’est cette fois plus de l’hexadécimal mais carrément du binaire qui est affiché! Une fois traduit ça nous donne les nombres 138, 41, 17, 148, 34 et 33, qui n’ont absolument aucun sens.

La dernière scène se passe en rase-campagne, Snake Plissken se baisse et trouve miraculeusement un paquet de clopes par terre.

‘Murica

Il n’en reste qu’une à l’intérieur et elle est bien propre et sèche, le hasard quand même, c’est vraiment dingue. La marque est clairement visible, American Spirit, parce qu’on est aux États-Unis mon gars, pas chez ces sauvages cannibales qui peuplent le reste du monde.

Il s’en allume une, puis souffle l’allumette avec un regard caméra qui fait peur, ou ricaner de pitié, c’est selon.

Et la torture s’arrête enfin, dans un souffle libérateur.


, ,     dimanche 19 février 2012

  10 commentaires

  1. J’avais tenu à peu près 3 minutes 28. Tu me le fais presque regretter, ça ferait un sublime candidat pour un #LTnavet
  2. @funambuline
    Si tu veux un jour live-tweeter chaque scène comique involontaire et chaque aberration de ce film, alors n’oublie pas de le passer au ralenti, et préviens tes followers que tu vas flooder.
  3. En fait c’est pas « en quelque sorte la suite de New York 1997 » mais c’est clairement la suite de New York 1997 😉

    Sinon je viens de lire le passage « Autour du film » sur Wikipedia, c’est édifiant!

    Encore des films que, gamin, j’avais bien aimé. Surtout parce que ça bourrinait bien dans les films Carpenter/Russel je pense…
  4. @burninghat
    Il a juste mal vieilli, le pauvre. 🙄
  5. Un navet peut-être… mais un navet qui a donné le nom de Snake au héro de MetalGear Solid, et qui a aussi dû donner l’idée de l’intro en mini-sous-marin nucléaire du jeu.

    Et le groupe « le Peuple de l’Herbe » a inclut le super texte de fin dans le morceau « Traces » de l’album « Radio Blood Money »:

    « Une nation de non fumeurs,
    Pas de cigarette,
    pas d’alcool,
    pas de drogue,
    pas de femme,
    à moins bien sur d’être marié.
    Pas d’arme,
    pas de language grossier,
    pas de viande rouge.
    Une terre de liberté »


    Ah ! Pas si nul pour un navet !

    … ouais non, j’ai rien dit.
  6. Ça a l’air super bien construit, comme histoire.
  7. @Kasom
    C’est vrai qu’il a inspiré bien des oeuvre. Donne moi 50 millions de dollars (le budget du film) et j’essaie de faire pareil avec mon blog!

    @M’dame Jo
    Le scénario a été longuement réfléchi dans un bar, puis griffonné sur un napperon plein de vomi à la fin de la soirée.
  8. Au moins ils ont mit des nombres en Hexa et en Binaire 😛 la plupart des films les choses à l’écran ne veulent rien dire ^^

    Sinon as-tu vu la série the walking dead ? C’est vraiment pas mal et je pense qu’il y à de quoi en faire un ticket :mrgreen:
  9. Ah oui … Je ne suis pas un lecteur assez assidu 😛

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