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Deux films d’anticipation en à peine dix jours, tu as bien fait de venir. Après l’analyse technologique de « Demolition Man » (voir le billet) place au célèbre « Freejack » !

Donc, « Freejack » est un film américain de science-fiction sorti en 1992 et basé sur le roman « Immortality Inc. » de Robert Sheckley. La présence de quelques stars telles que Mick Jagger ou Anthony Hopkins ont probablement participé à son succès.

Dans un 2009 futuriste, des chasseurs de têtes appelés « bonejackers » utilisent les voyages dans le temps pour rapatrier des personnes du passé quelques microsecondes avant leur mort accidentelle, ceci afin de ne pas influencer le continuum espace-temps (les fans de « Back to the Future » comprendront).

Les corps ainsi téléportés sont appelés « freejack » et servent d’hôtes aux âmes de personnalités aisées sur le point de mourir, leur offrant ainsi une forme d’immortalité. Les corps des terriens de 2009 sont bourrés de maladies et sont impropres à un tel transfert spirituel, d’où l’obligation d’aller chercher de la chair fraiche dans le passé.

Regarder en 2012 un film qui imagine l’aspect de notre monde en 2009 est un exercice très amusant. On constate qu’il y a vingt ans les scénaristes avaient énormément de mal à imaginer l’évolution de la technologie, au vu des bonds qu’elle produit on peut les comprendre.

Emilio Estevez interprète Alex Furlong, un pilote de course automobile qui aurait du crever dans un accident en 1991, son corps est envoyé en 2009 pour qu’il serve de freejack.

Bien évidemment rien ne se passe comme prévu, alors qu’il allait se faire lobotomiser avec une friteuse nucléaire, le convoi qui le transporte est violemment attaqué par un groupe de rebelles, lui permettant ainsi de s’échapper.

Après un saut dans le temps, une attaque au lance-roquette et une fuite dans une ville chaude et sale il arrive quand même à conserver intacte sa superbe permanente.

Ce mec est trop fort.

Mick Jagger joue Victor Vacendak, un bonejack à la poursuite d’Alex Furlong. Le casque qu’il porte est probablement un hommage à Darth Vader.

On constate tout au long du film que malgré les années passées, les écrans d’ordinateurs auront toujours une résolution pourrie et un nombre de couleur qui ne dépasse pas les deux-cent-cinquante-six. On est loin de la haute-définition en 3D qui peuple nos salons.

Les images en trois dimensions sont pixelisées à mort, et il n’y a aucune texture sur les surfaces. Je ne suis pas certain que World of Wacraft ou Skyrim auraient eu le même succès avec de gros polygones monochromes.

Du coup quand on voit une horrible pancarte qui promeut des films pornos en 3D on s’imagine le pire, comme de gros pixels à peu près roses qui s’agitent dans tous les sens.

Le futur est sale, les rues sont dirigées par des truands armés jusqu’aux dents, la prostitution s’étale au grand jour et on utilise encore des ampoules à incandescence sur les pancartes publicitaires.

Les voitures se seront mutées en cafards rampants, prouvant ainsi que les dos d’ânes et les nids-de-poules auront disparus des routes de 2009.

Les conducteurs seront à l’air libre, il ne pleuvra à priori plus jamais en 2009, sûrement à cause du réchauffement climatique dont on nous rebat les oreilles depuis un demi-siècle.

Les noirs serviront par contre toujours de chauffeurs aux blancs.

Que serait un film futuriste sans son code-barre? Décliné en plusieurs variantes, la plaque d’immatriculation est toutefois couramment utilisée, très pratique pour être scannée à distance.

La visiophonie dans la voiture est également un accessoire récurrent dans les films d’anticipation, car dans le futur, regarder la route en conduisant sera devenu has-been.

Les coupes de cheveux prendront du volume, encore un hommage probable à « Star Wars » avec cette imitation très réussie de Chewbacca.

L’image montre le personnage de Julie Redlund (joué par Rene Russo), la copine d’Alex Furlong qui n’a pas pris une ride entre 1991 et 2009, miracle probable des crèmes anti-vieillissement du futur.

L’œil averti du fouineur notera un détail qui nous prouve que les scénaristes ne peuvent évidemment pas tout prévoir, surtout pas qu’une poignée de fanatiques aura fait péter les deux gratte-ciel emblématiques de New York.

Ou alors ils auront peut-être été reconstruits, en même temps que l’énorme tour sur la droite.

En 2009 les présentatrices télévisées auront visiblement l’air stupide, leurs micros seront conçus par les même types qui fabriquent les baguettes magiques de Harry Potter et il faudra toujours regarder dans un viseur pour utiliser une caméra.

Les ascenseurs tourneront sous Windows 3.1 et leur contrôle se fera sur des écrans en seize couleurs choisies spécialement pour leur laideur.

On nous promet de voitures volantes et des pistolets-lasers dans la quasi-totalité des films de science-fiction, et on les attend toujours.

En revanche on ne voit aucun danseur de Tecktonik dans les rues, c’est un véritable scandale.


, ,     lundi 9 janvier 2012

  6 commentaires

  1. C’est vrai qu’elles ressemblent à des cafards ces voitures. Mais la suppression des dos d’ânes et nids-de-poules, c’est comme les pistolets-lasers…
  2. Ah tiens, encore un film à voir.

    Sinon, la copine de Furlong joue la copine de Riggs dans L’Arme Fatale 🙂
  3. @Violette
    …et les voyages sur d’autres planètes!

    @Chymaille
    J’avais personnellement vu « Freejack » au milieu des années 90, 2009 semblait vraiment loin en ces temps reculés.

    Je savais que j’avais déjà vu cette actrice, merci!
  4. 1) c’est bon quand tu aimes, on sent toute te bonne foi et ton envie de faire partager tes coups de coeur

    2) ça donne envie de revoir Jumping Jack Flash, si je me souviens bien il y a BEAUCOUP de gros plan sur des écran, avec un curseur vert qui clignote en attendant la réponse du mystérieux Jack et une vraie « intrigue informatique ». Tu l’avais vu ?
  5. @Funambuline
    C’est ce genre de film qui marque une enfance, et qui semble malheureusement trop plat quand on le regarde avec des yeux d’adultes.

    Pas vu « Jumping Jack Flash » non, mais je pense faire une pause de quelques jours dans les vieux films d’anticipation.
  6. @ Gaël : ce n’est pas un film d’anticipation, plutôt un genre de « polar informatique » complètement dépassé aujourd’hui, mais très amusant du coup.

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