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Aujourd’hui je vais te parler d’un vieux film de « cinéma d’anticipation » . Tu ne sais pas ce que c’est ? Je t’explique en deux mots : Le cinéma d’anticipation consiste à imaginer la tronche de notre futur, si possible de la manière la plus déprimante possible.

Et aujourd’hui, on parle de…

« Soylent Green » est un film américain de 1973 basé sur « Make Room! Make Room! » , un roman de Harry Harrison sorti en 1966. Pour une raison inconnue et très étrange le titre français a été traduit en « Soleil Vert » .

Ah oui, je te préviens que je vais spoiler comme un porc dès maintenant, à toi de voir.

Nous sommes en 2022, à force de rouler en Hummer ces blaireaux d’humains ont fini par pourrir la planète, l’action se passe dans un New York chaud et moite comme une aisselle de sumo. Un smog jaune y règne en permanence, la surpopulation est à son apogée et on ne bouffe plus que des tablettes énergétiques de la marque Soylent, contraction de « soybean-lentil » , soit « soja-lentille » . La dernière née de la série est la version « green » , soi-disant préparée à base de plancton et tout aussi insipide que ses versions colorées précédentes. Pour tes cinq fruits et légumes par jour tu repasseras.

Y’a bon !

Tu noteras que tout comme pour l’écran de TV ci-dessus, en 2022, le design des ordinateurs sera le même que dans les années 80, incroyable non? Une scène mémorable montre Shirl (Leigh Taylor-Young) en train de jouer sur le dernier portable de chez Apple. La marque aura alors visiblement décidé d’imposer des écrans gigantesques que tout le monde achètera parce que c’est inutile mais joli, dans le futur on ne réfléchira manifestement pas plus qu’aujourd’hui.

Hi hi hi !

Fort heureusement pour tout le monde, d’excellents blogs seront toujours d’actualité dans cet horrible futur post-apocalyptique de merde.

LOL !

Lors d’émeutes les employés de la ville utilisent des bulldozers estampillés « riot control » pour ramasser les manifestants à la pelle mécanique, c’est dire le respect de l’individu.

Pendant ces scènes interminables on se demande d’ailleurs pourquoi les citoyens ramassées ne sautent pas hors de la pelle pendant les premiers instants de leur lent soulèvement, lorsqu’ils sont encore à moins d’un mètre du sol. Une envie de mourir ? L’acceptation de la fatalité ? On ne le saura probablement jamais.

Comme indiqué plus haut, d’ici dix ans les écrans plats seront dégagés au profit des bons vieux cathodiques, comme dans cette scène où Charles le responsable de l’immeuble (Leonard Stone) présente la salle des serveurs d’un locataire, cadre chez Soylent, récemment assassiné par un mauvais acteur.

Le détective Robert Thorn, rôle horriblement surjoué par Charlton Heston enquêtera sur ce meurtre, épaulé par son chef Hatcher (Broke Peters). Après le scandale écologique des cartouches d’encres, nous ferons également un retour aux imprimantes à aiguilles avec papier perforé.

Le dernier iPhone suivra le concept régressif précité et tout le monde trouvera ça merveilleux.

Non, c’est qui toi raccroche d’abord, hi hi !

En investiguant sur le meurtre, Thorn sera amené à questionner de nombreuses personnes, dont plusieurs femmes légèrement vêtues délicatement appelées « furnitures » , terme très employé tout au long du film pour désigner les prostituées de luxe, considérées même comme des meubles loués avec l’appartement.

Euh, bonjour, je viens réparer la photocopieuse.

Bref, au cours de son enquête Thorn apprendra une nouvelle bien gerbante, en l’occurrence que les océans sont morts et qu’en lieu et place de plancton le Soylent Green est préparé avec les cadavres des humains venus se suicider dans les centres d’euthanasies de la ville. Tu vois c’est vraiment un futur pourri, je t’avais prévenu.

Évidement, le service commercial de Soylent n’est pas super chaud pour diffuser la nouvelle au peuple, il décide ainsi de faire la peau à Thorn. Le président directeur général de l’entreprise envoie une meute de tueurs incompétents, le genre qui raterait un éléphant dans un couloir de métro, ils se font d’ailleurs tous aligner comme des canards, sauf un plus futé que le reste. Thorn se fait grièvement blesser et saigne du ketchup fluorescent, permettant au dernier de ses agresseurs de le suivre à la trace.

Comme c’est commode…

Et au final, agreuh agreuh na vais mourir, na méchants qui recyclent les cadavres en miam, na faut le dire à tout le monde, na ketchup qui me sort du nez, agreuh agreuh.

The end, ouais comme ça, inopinément.

Bien que certaines scènes trainent un peu en longueur, « Soylent Green » reste une référence dans le domaine. On arrive même à se poser quelques questions sur l’origine parfois douteuse de notre nourriture actuelle, nous faisant espérer dans un frisson glacial que le tartare englouti la veille n’ait pas été préparé avec les restes de tantine Josette décédée quelques jours plus tôt.

On notera finalement qu’un remake serait en préparation pour 2012, preuve que le sujet reste populaire, car après tout, Soylent Green is people !


, , ,     lundi 20 juin 2011

  10 commentaires

  1. Tiens, faut que je le rajoute à ma sélection de « films culinaires ».
  2. Dans la sous-section « cannibalisme » ?
  3. oui c’est bien beau tout ça mais on ne boit pas ???
  4. @ Gael : oui, avec Nouvelle Cuisine… http://www.imdb.com/title/tt0472458/
  5. N’empêche que c’est un vrai film d’anticipation: Y’a pas trace du WTC.
  6. Ils sont trop forts, ils ont même gommé les deux tours avant leur construction ! :mrgreen:
  7. Oui ben moi qui l’ai vu quand c’était un vrai film d’anticipation, c’est-à-dire à sa sortie, j’ai beaucoup beaucoup aimé, et c’est mal de se moquer comme ça. Alors il aurait mal vieilli? Tiens, je vais chercher à le revoir, bonne idée.
  8. @br’1
    Le problème est que l’on a l’habitude de voir beaucoup plus d’actions dans les films plus récents, et notre technologie a largement rattrapé la fiction de ce film, du coup il perd en crédibilité.

    Par exemple le principe des téléphones « portables », contenus dans des bornes que seuls les flics peuvent ouvrir. Je suis impatient de voir s’ils vont changer tout cela dans la version de 2012, si elle sort un jour.

    Ceci étant dit, j’aime quand même bien les vieux films de science-fiction ou fantastique, j’avais déjà écrit quelques billets sur le sujet ici et .
  9. Marrant, mon prof de prog. concurrente m’en avait parlé en février, et j’ai dû le voir en mars…

    J’ai pensé exactement les mêmes choses que Gael, au même moment 😀

    Le souci majeur du film, c’est que j’avais compris dès le début de quoi était fait le soylent green, et je m’attendais à avoir une scène incroyable de révélations, et en fait non : le héros naïf met 1h40 à comprendre ce que c’est, après avoir passé quantités de postes de contrôle et fouillé l’usine de production, et meurt sans que cela crée une révolte ou autre chose de bien croustillant.

    Apparemment le « remake » va en fait être une suite, et reprendre au moment où Thorne révèle la vérité. Espérons que cette fois, l’intrigue sera plus piquante !
  10. @Nico
    Remarque à la fin du film on ne sait pas trop si Thorne meurt ou pas, la dernière image est celle de sa main pleine de ketchup qu’il tient en l’air en hurlant au complot.



    S’il est question d’une suite ce serait plus logique qu’il soit considéré comme mort, histoire d’en faire un martyr. Et puis Charlton Heston étant décédé il y a trois ans ce serait trop compliqué de le cloner.

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