Certains films centrant l’action sur l’informatique sont assez amusants à regarder après les avoir laissé murir pendant plusieurs années, c’est par exemple le cas de « Hackers ».


« Hackers » est un film de Iain Softley sortit en 1995 qui raconte l’histoire d’un groupe de djeunz informaticiens mêlés à leur insu à une affaire de terrorisme et d’extorsion de fonds.

Le titre francophone choisi à l’époque (qui est également le titre de ce billet) ne peut aujourd’hui que faire sourire, le terme « cyberespace » étant vachement moins élégant que d’autres très tendances actuellement comme « web deux point zéro » ou « procrastination ».



Dade Murphy (Jonny Lee Miller) est un pirate informatique connu sous le pseudonyme de Zero Cool, en 1988 à seulement 11 ans il réussit à niquer tous les ordinateurs de Wall Street, forçant ainsi les pauvres traders du monde à se trouver une occupation utile pendant toute une journée. Il se fait brutalement arrêter par la police et est condamné à ne plus toucher un ordinateur jusqu’à sa majorité.

Sept ans plus tard, il déménage à New York avec sa mère, c’est à ce moment que l’action commence.

(Dade Murphy dans son costume de X-Men)

La tête de l’acteur Jonny Lee Miller te dira peut-être quelque chose si tu es fanatique de la série « Dexter » , il a en effet joué le machiavélique Jordan Chase dans la cinquième saison.

Fraichement installé dans sa nouvelle ville, Dade Murphy rencontre un groupe de jeunes hackers, dont l’excentrique Kate Libby alias Acid Burn, rôle qui a entre-autre participé à révéler l’actrice Angelina Jolie au grand public. Pour l’anecdote elle a d’ailleurs épousé Jonny Lee Miller après la sortie du film.

(« Au moins Brad Pitt il ne se décolore pas »)

Le film est truffé d’erreurs techniques qui passent inaperçues aux yeux et aux oreilles profanes. Les ordinateurs utilisés sont par exemple presque tous des Mac de chez Apple, et lors d’un dialogue avec Dade Murphy, Kate Libby indique que son ordinateur est doté d’une puce P6 qui triple la vitesse du processeur Pentium. À l’époque les ordinateurs sortant de chez Apple possédaient leurs propres processeurs conçus par Motorola, se distinguant ainsi du monde des PC qui eux utilisaient justement les processeurs Pentium de chez Intel.

Un processeur Pentium dans un Mac? Une hérésie à l’époque, mais une réalité actuelle, on frôle le cinéma d’anticipation.


Dade Murphy enfonce le clou en indiquant que la puce P6 (la fameuse censée tripler la vitesse du Pentium) possède un PCI intégré, alors que le but du PCI (Peripheral Component Interconnect) est de permettre la communication entre deux périphériques en évitant justement de passer par le processeur.
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La loi HADOPI en France, Logistep en Suisse, les justices d’Europe commencent à fourrer leurs gros nez renifleurs dans l’arrière-train d’Internet, mettant malheureusement dans le même sac les réels et dangereux criminels avec les simples téléchargeurs occasionnels.

Les futures sociétés émergentes d’Internet seront donc celles qui proposeront un moyen d’anonymiser la navigation. Le mouvement vient d’ailleurs juste de commencer avec deux messies prometteurs, iPredator en Suède et iPodah en France, ces deux services sont actuellement en phases de tests fermés. Pour donner un ordre de taille, iPredator compte actuellement 180’000 inscrits (source), à 5 euros par mois je te laisse calculer le chiffre d’affaire et constater l’intérêt que portent les gens à ce genre de service.

Un peu de technique, schématisée à l’extrême et vulgarisée.

Actuellement ta moindre activité Internet est identifiée au moyen de ton adresse IP, un code personnel et unique qui permet normalement aux flics de te retrouver.

Imaginons une situation, Kévin veut aller sur un site web de méchants pirates pour télécharger illégalement le dernier disque de DJ Dantoncul. Son ordinateur personnel (1) va se connecter au serveur (2). Si un loyal et respectable membre de Logistep analyse le trafic réseau du serveur des infâmes pirates, il pourra obtenir l’adresse IP de Kévin et le dénoncer honorablement à son papa.



Avec les services d’anonymisation, tout le trafic Internet partant de chez Kévin (1) passera d’abord par un serveur intermédiaire (2) pour finalement arriver à destination (3).



La différence étant fondamentale, si un délateur professionnel essaie de déterminer la provenance du téléchargement, il ne tombera non pas chez Kévin (1) mais sur le serveur d’anonymisation (2). Qui lui, bien entendu, ne gardera aucune trace de ses clients.

La technologie utilisée est vieille comme Job et se nomme VPN, je te laisse lire l’article sur Wikipedia si ça t’intéresse.

Les flics d’Internet avaient jusqu’à aujourd’hui le moyen d’identifier les véritables malfaiteurs, à l’avenir la tâche leur sera quasi-impossible. À force de vouloir tout restreindre et surveiller, l’état va simplement empirer la situation et perdre ainsi tout contrôle. , ,    Imprimer Imprimer