Je vais te parler d’une époque que les moins de trente ans ne peuvent pas connaitre, celle du Club Dorothée et de ses dessins-animés moralisateurs, dont certains sont même devenus cultes par la suite.

C’est par exemple le cas de « M.A.S.K. », acronyme de « Mobile Armored Strike Karnaval » (ou quelque chose comme ça), une unité d’élite majoritairement masculine qui aime porter des masques trois fois plus gros que leurs têtes.

Le trente-deuxième épisode a été diffusé pour la première fois le 12 novembre 1985, il raconte l’histoire du méchant baron allemand Fritz Von Hauser qui recrute la célèbre équipe V.E.N.O.M. (Vicious Evil Network of Mouloud), Némésis des M.A.S.K.



Fritz veut diffuser sur l’Allemagne un virus qui s’attaque à l’encre des Deutschmarks, effaçant définitivement leur surface et annihilant ainsi leur valeur. Le pauvre, si seulement il avait su qu’il suffisait d’attendre le passage à l’Euro pour voir s’effondrer l’économie européenne, il aurait économisé beaucoup de temps et d’énergie.

Bref, tout cela pour dire que l’épisode est censé se passer à Genève, du moins si on en croit le dialogue entre Matt Trakker et son fils Scott. Visuellement les images semblent plutôt indiquer que nous sommes à Disneyland, devant le château de la Belle au bois dormant.


Je veux bien croire qu’en 1985 le centre-ville de Genève n’était pas aussi urbanisé qu’aujourd’hui, mais il y a quand même des limites à respecter si on veut conserver un minimum de crédibilité.
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Le quatrième épisode de la cinquième saison de Mac Gyver se nomme « Cease Fire », il a été diffusé pour la première fois le 9 octobre 1989.


Sa particularité est qu’il est censé se passer à Genève, mais pour des raisons surement budgétaires le tournage s’est effectué dans les environs de Vancouver, au Canada.

Notons pour celles et ceux qui n’auraient pas la chance de connaitre la Cité de Calvin que celle-ci est bordée par une montagne appelée « Salève », qui permet d’ailleurs aux habitants de la région de faire de magnifiques jeux de mots graveleux.

La première scène de l’épisode indique l’emplacement de l’action, provocant immédiatement chez tout genevois un sourire d’étonnement.


Car non, ce n’est pas du tout Geneva, et encore moins Switzerland. Aucune habitation n’est visible, comme si nous vivions dans la forêt tels des sauvages. Il s’agit en fait d’une vue du Capilano Lake en Colombie-Britannique, au Canada.
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Nous autres Helvètes nous distinguons du reste de l’humanité par quelques points subtils dont l’énumération serait fastidieuse. En augmentant le grossissement de notre microscope on peut toutefois se pencher sur une partie plus précise de la population suisse, en l’occurrence les légendaires genevois, réputés de par le monde pour leur modestie et la qualité phénoménale de leurs gènes.

On peut donc d’une manière générale dire que tu sais que tu es à Genève quand…

Tu loues un trois pièces pourri pour deux-mille balles.
Un flic t’indique poliment l’adresse du Quai 9 pour aller t’injecter le sachet d’héroïne que tu lui agite sous le nez.
Tu entends parler en français dans la rue, et ça te surprend.
Tu vois des affiches du parti politique local, et elles te semblent avoir été dessinées dans Word par un enfant manchot et aveugle.
Tu veux te déplacer avec les transports en commun, mais ça te coûte moins cher de louer une voiture pour la journée.
Tu te promènes sur les quais, et on te demande si tu cherches de la drogue tous les dix mètres.
Tu veux prendre en photo ce légendaire Jet d’Eau dont on t’a tant parlé, mais il est éteint.
Tu ne sais pas de quel côté les portes du tram vont s’ouvrir.
Tu veux traverser la route au vert et sur le passage piéton, mais un cycliste te coupe la route, et t’engueule ensuite.
Tu vois des mendiants qui font la manche devant les boutiques de luxe.
Dans la rue tu vois des gens assez cons pour jouer au bonneteau.
Ton café coûte aussi cher que ton repas.
Le plat local n’est à priori pas la longeole genevoise, mais le kebab frites.
Les propriétaires de chiens ramassent les crottes de leurs bêtes, puis les jettent dans une poubelle.
Tu remarques que les horaires de bus sont juste décoratifs.
Tu vois une patrouille de police qui s’arrête pour verbaliser une voiture mal garée, sans prêter attention aux dealers qui observent la scène juste à côté.
Tu ne sais pas ce qu’est ce « Léman » dont parlent les autres suisses qui font allusion au Lac de Genève.


En voiture un mec te coupe la route et ça t’énerve, mais quand tu vois ses plaques 74 ou 01 alors tu comprends, et ça te rassure même un peu.
Dans ta rue il y a au moins un immeuble entièrement bâché.
Tu vois des soldats suisses qui longent les murs pour ne pas se faire caillasser.
Une dame très polie t’aborde pour te demander si toi aussi tu entends des voix.
Tu découvres des noms de lieux amusants tels que « Chantepoulet » ou « Cornavin ».
En voiture, quand tu sors d’un embouteillage c’est pour immédiatement plonger dans le suivant.
Le bus que tu veux prendre est à son arrêt, mais le chauffeur n’ouvre pas les portes pour te laisser monter.
Tu veux faire des courses le soir, mais aucun magasin n’est ouvert.
Tu remarques qu’il n’y a aucune poubelle, mais que curieusement les rues sont quand même propres.
Tu demandes où est le plus proche magasin de montres et on te répond « juste derrière vous ».
Les dix plus hauts monuments de la ville sont des grues de chantiers.
Tu dois choisir entre t’acheter une glace au bord du lac, ou pour le même prix une nouvelle voiture.
Les jeunes font des doigts d’honneurs aux véhicules militaires.
En arrivant à la plage tu te rends compte que c’est en fait un banc de sable de quelques mètres carrés.
Tu vois des affiches « visit Switzerland » et tu trouves les paysages jolis, comme si c’était un autre pays.
L’arrêt de bus qui était pourtant là hier a encore été déplacé beaucoup plus loin.
Ton assurance maladie est la plus chère du pays.
Tu es obligé de postuler pour une cinquantaine d’appartements dans l’espoir de t’en voir attribuer un seul.
Tu vois des plaques de voitures « ZH », « BE » ou « TI » et tu te dis « encore des étrangers! ».
Tu croises des travaux, des tranchées et des barrières de chantiers dans toutes les rues, sans exception.


Tu aperçois un minaret qui surplombe la mosquée, alors que tu pensais que les moutons helvétiques les avaient interdits.
Une connaissance te dit qu’elle est suisse et tu trouves ça incroyable qu’il y en ait encore.
Tu dois sortir un billet de dix balles pour payer une heure de parking.
Tu crois être à l’abri en Suisse, mais une explosion vient te sortir de ta rêverie.
Tu cherches désespérément l’entrée du métro pourtant indiquée dans ton application-guide.
Tu vois les gens s’énerver quand tu prononces le nom de « Kadhafi ».
Tu commandes une bière au bar, et le serveur te répond qu’il ne parle qu’anglais.
Tu veux te déplacer le long des quais et le seul moyen de transport disponible est un petit train solaire pour touristes.
Tout d’un coup la moitié de la ville est fermée pour permettre à un président inconnu en visite de faire son footing.
Tu passes devant l’ONU avec tes sacs de commissions, au milieu des manifestants.
Chaque semaine on te demande de signer une pétition pour libérer quelqu’un dans un pays lointain.
Les affiches de l’UDC sont toujours toutes déchirées, ou vulgairement annotées au marqueur.
Tu lis sur les visages des touristes la déception de ne pas voir des vaches et des cors des Alpes au milieu de tous ces immeubles.
Tu ne trouves pas de toilettes publiques.
Les seules voitures qui osent emprunter les voies de bus ont des plaques françaises.
Tu passes une heure à essayer de comprendre le fonctionnement du distributeur de billets de bus.
Juste avant la récréation scolaire, les enseignants sortent en premier pour virer les dealers qui squattent le préau.

Mais surtout.

Tu remarques que pour un pays aussi discret que la Suisse, les habitants locaux ont une bien grande gueule.
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Cultiver le mystère est un art dans lequel peu de personnes excellent. Grand amateur de la technique, mes visiteurs réguliers auront constaté que je ne montre jamais ma tronche, alors tant qu’à faire, autant y aller franchement.

En tant que genevois millésimé garanti sans additifs artificiels, j’ai servi avec plaisir de guide pendant une heure ou deux à Philippe et Mathilde, deux globetrotteurs de MonNuage TV qui visitaient la Suisse, une expérience bien sympathique il faut le reconnaitre.


Tourisme en Suisse : journée à Genève
envoyé par MonNuage.

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Chose promise chose due, le chroniqueur de l’extrême que je suis a chevauché son fidèle destrier pour te ramener ces splendides clichés pris dans la vieille ville de Genève. La cathédrale est juste à côté de Taconnerie, c’est beau le protestantisme.



Le département des finances est proche de Taconnerie, de même que celui de la culture.



Et tu peux même venir en bus, tu constateras que l’accès à Taconnerie est facile.



Beaucoup de cafés bordent la place, car tu ne seras jamais seul dans Taconnerie, il y aura toujours du monde avec toi.    Imprimer Imprimer   
Je n’ai aucune inspiration ces derniers temps, alors pourquoi ne pas en profiter pour se moquer d’une figure emblématique disparue.



Et quand même, pour ton instruction personnelle.

Théodore de Bèze, né en 1519 à Vézelay en Bourgogne et mort en 1605 à Genève, est un théologien protestant.

(source : Wikipedia)

Parce qu’il n’y a qu’ici que tu trouveras un si subtil mélange entre la diffamation et la culture, au milieu de tous ces noms de rues ridicules.    Imprimer Imprimer   
L’Android Market regorge d’applications plus utiles les unes que les autres, je suis tombé l’autre jour sur une particulière qui s’avère essentielle pour tout touriste visitant Genève. Son nom est explicite, « Geneva Manual » , elle propose de nombreuses fonctionnalités comme le repérage des lieux importants de la ville, une liste des hôtels, mais surtout un plan du métro!

M’aurait-on caché quelque chose?



Une des captures d’écran du dessous te présente de manière alléchante ledit plan du métro, interactif j’imagine.



Le détail nous montre nos célèbres stations de métro genevoises, comme par exemple « San Giorgio » ou encore « Carbonara » .



Tout ça pour à peine deux dollars américains, une affaire en or!

Ou pas. ,    Imprimer Imprimer   
En Suisse on aime les trous. Les grands, les petits, ceux dans le fromage, ceux de mémoire et ceux dans la chaussée. Une tradition de Genève-la-Balafrée consiste à n’avoir aucun quartier, aucune rue ni même aucune ruelle qui n’aie son propre chantier.



Les barrières bloquant le trafic routier sont étrangement posées plusieurs mois avant le premier coup de pelleteuse, engorgeant une circulation déjà fortement congestionnée. Car oui, à Genève comme dans le reste du pays, on aime les trous, mais on aime aussi prendre son temps et bien préparer le terrain avant toute intervention. Lentement, très lentement.



Victimes collatérales de ces travaux, les piétons se sentent perdus dans cette jungle de barrières métalliques qui leurs obstruent agressivement le passage. Le Conseil d’État a donc mis en place une signalétique particulière afin d’orienter les nombreux bipèdes de la cité. Tout droit sortie d’un graphisme des années 70, voici donc Yaka, l’indienne qui guidera tes pas.



La figure de Yaka a été choisie pour son symbolisme et pour la sympathie qu’elle évoque. Tout le monde a en tête l’indien pisteur qui retrouve toujours son chemin. La couleur verte des panneau était un choix pratique pour ne pas créer de confusion avec des panneaux déjà existants.

(Source : tdg.ch)


Tu noteras toutefois un détail particulièrement helvétique, Yaka s’habille en vert kaki et se promène avec une arme.

Avec des routes qui ressemblent de plus en plus à des sentiers sauvages, quoi de mieux qu’une indienne pour s’y retrouver. Si d’aventure tu devais te retrouver bloqué, suis le chemin vert, il te mènera avec un peu de chance bien loin de cette misère.



Sinon après tout, Yaka supporter les trous. ,    Imprimer Imprimer   
Se balader dans les rues de Genève permet d’ouvrir son corps aux cinq sens que Dieu la nature nous a fourni.

L’odorat nous fait apprécier le subtil mélange entre les effluves de gambas à gogo et l’odeur d’essence brûlée, elle-même gracieusement fournie par les nombreux véhicules tous-terrains qui foulent nos routes (le « tout-terrain » se limitant toujours au bitume, mais on est finalement jamais trop prudent).

Le goût, celui de vomi que tu gardes dans la bouche après qu’un fumeur odorant soit monté dans le bus à tes côtés. Ce petit arôme de cendrier froid a malheureusement tendance à disparaitre à cause de ces lois anticlopes « liberticides dignes du IIIème Reich » , pour citer les réactionnaires de droite, gros adeptes des points Godwin journaliers.

Le toucher, qui comprend également le ressenti climatique de notre belle cité de Calvin. Moins deux-cent degrés Celsius en hiver, avec parfois des pointes à douze-mille au dessus de zéro en été.

L’ouïe, soumise à deux sons distincts : Les voitures et les marteaux-piqueurs. Tous deux permanents, quelque soit l’endroit.

Ce qui m’amène subtilement au dernier sens, la vue. Si tu te balades dans les rues tu te rendras vite compte que la réalité est bien loin des photographies fantasmagoriques disponibles dans les nombreux guides touristiques, tu noteras en particulier ce panneau qui trône fièrement à chaque croisement.



Il fait maintenant partie du paysage, laissant chaque conducteur de deux ou quatre roues perplexe quelques secondes, le temps de se faire allègrement klaxonner puis insulter comme le veut la tradition locale. Garde ton calme ami voyageur, il te faut comprendre que cette signalisation récurrente ne fait que t’indiquer poliment qu’une horde de trolls sauvages a subitement décidé de creuser des trous au hasard dans la chaussée que tu désirais emprunter. Et ne compte pas faire demi-tour, le temps de dire « bordeldemerdeencoreunputaindesensinterdit » et un autre vient de pousser dans ton dos, ne te laissant d’autre choix que d’enfreindre le sacro-saint code de la route, celui-là même que tu avais juré de respecter corps et âme.

Mais finalement, de combien de travaux parlons-nous? Est-ce là un phénomène rare? Courant? Il me fallait tirer les choses au clair. Promenade pédestre d’investigation d’une demi-heure autour du quartier de Saint-Jean, moins d’un kilomètre carré, le résultat ne surprendra personne : neuf chantiers dénombrés.



L’économie de la république ne va pas si mal au fond. Et puis la scie circulaire sur le goudron, le marteau-piqueur et le sablage à haute-pression couvrent joyeusement les chants de ces putains d’oiseaux qui se permettent d’envahir notre paysage urbain.
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Nombreux sont les sujets que je ne peux viscéralement pas blairer, l’armée en est un qui trône en première position. D’une manière générale d’ailleurs, tout ce qui porte une arme me donne des envies d’écrire des billets incendiaires.

Ainsi.

Le tir en campagne 2010 commence le mois prochain, je t’en avais parlé ici.



Je me suis permis une petite visite sur le site web officiel des organisateurs qui regorge de statistiques convenant à merveille pour mes petits tableaux sous Open Office.

J’ai donc utilisé la répartition cantonale des participants, et comparé ce nombre avec la population globale de chaque canton, obtenant ainsi une estimation officielle de la proportion de fanatiques des armes par zone géographique suisse, le tout trié du pire au meilleur.

La meilleure étant bien entendu ma cité de Calvin, sur ce point j’adore vraiment cette ville.



Tu noteras que les traditionalistes endogamiques du centre se distinguent clairement une fois de plus.


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