Je me souviens, début août 1291, trois pécores signent un pacte de solidarité en cas d’agression extérieure. Sept cent dix-neuf ans plus tard, nous sommes en 2010, l’accord s’est étendu et porte dorénavant le nom de « Confédération Helvétique » , ou « Suisse » pour les intimes. La peur de l’extérieur est toujours présente en ce 1er août 2010, jour de fête nationale.



Comment expliquer la Suisse en quelques mots? Car au fond, actuellement, qu’est-ce qui la différencie majoritairement des autres pays européens?

Le système militaire? Nous sommes un des derniers pays occidentaux à posséder une armée obligatoire, chaque mâle majeur se voit forcé d’effectuer plusieurs mois sous les drapeaux. On lui remet une arme avec laquelle il doit obligatoirement s’entrainer, il s’en sert parfois pour se suicider ou tuer les membres de sa famille, voire les deux selon l’humeur. Chaque année et jusqu’à ses trente-deux ans, le mâle doit effectuer quelques semaines de rattrapage pour ne pas perdre la main, l’abominable terme de « citoyen-soldat » est même utilisé pour le désigner.



Le système politique? Une démocratie semi-directe dans laquelle chaque citoyen peut créer sa propre loi, s’il trouve bien entendu assez de monde pour le suivre. Le principe a ses avantages, nous voterons bientôt pour l’abolition de l’armée obligatoire; et ses désagréments, l’interdiction des minarets votée par un troupeau de moutons apeurés mais hélas majoritaires. Le gouvernement est composé de sept conseillers et conseillères dont un ou une fait symboliquement office de président, ils sont élus par l’assemblée fédérale. Le peuple n’élit pas directement ses dirigeants.



Le système de santé? L’assurance maladie et accident est obligatoire, le principe est discutable (et cher) mais finalement profitable à tout le monde. Les assureurs sont privés et ne se gênent pas pour augmenter les primes selon les phases lunaires. L’assurance de base couvre les soins minimaux, les extras étant soumis à de nombreuses règles à la con (médecin désigné, grossesse envisagée, état de la dentition, etc.).

La religion? La Suisse est chrétienne mais tente d’être laïque. L’hymne national est le reflet d’une époque religieuse et nationaliste, ses préceptes sont encore suivis par quelques fanatiques dits « de droite » .

Des grands monts vient le secours;
Suisse, espère en Dieu toujours!
Garde la foi des aïeux, Vis comme eux!
Sur l’autel de la patrie
Mets tes biens, ton cœur, ta vie!
C’est le trésor précieux
Que Dieu bénira des cieux,
Que Dieu bénira du haut des cieux.


Les denrées locales? Les montres, si possible chères. Le matériel de guerre, exporté à des pays comme le Pakistan. La bouffe, car ici on mange gras. Du chocolat et du fromage partout, c’est la foire au cholestérol, grand concours d’obturation d’artères avec pour premier prix un décès douloureux. Les Gruyère, Vacherin, Raclette et confrères sont indirectement la première cause de mortalité du pays.



Les célébrités? On a des chanteurs helvétiques qui ont eu leur heure de gloire au siècle passé, DJ Bobo (Chihuahua!), Stephan Eicher, Patrick Juvet (Où sont les femmes? DTC!). On a des sportifs adulés comme Roger Federer, des légendes comme Guillaume Tell. On a des réfugiés politiques, Johnny Halliday , Phil Collins, David Bowie, Tina Turner.



La culture? La plupart des artistes suisses sont morts depuis des siècles alors on a donné leur nom à des rues, à des écoles. Jean Calvin, Voltaire, Germaine de Staël. Beaucoup d’hommes et de femmes de lettres pour un pays qui compte quatre langues officielles, dont trois dialectes obscurs.



Tu vois, la Suisse est finalement un pays comme les autres. Si tu as toutefois envie de venir t’y installer il te faudra alors faire preuve de patience, car malgré les idées reçues le passeport suisse ne s’achète pas.

Personnellement, le mien m’a été donné.

(Sources : OFS)
,    Imprimer le billet Imprimer le billet   
S’il est une date importante dans l’histoire de la Suisse, c’est bien le 1er août 1969. Ce jour-là, trois hippies défoncés prénommés Werner, Arnold et Walter décidèrent de devenir potes pour la vie, scellant verbalement leur accord après une murge propre en ordre sur la plaine du Grütli.


« Bambouléééééé ! »


Depuis lors, on célèbre chaque année l’évènement en allumant des feux d’artifices, le terme « pétard » ayant volontairement dérivé au fil des ans afin de permettre aux familles parentales d’inclure leurs enfants aux festivités.
,    Imprimer le billet Imprimer le billet   
Bouquet de muguet dans la main droite, point gauche levé, petite pensée pour celles et ceux qui travaillent aujourd’hui.

Dont moi.

,    Imprimer le billet Imprimer le billet   
Joyeuse Saint-Lamantin à toutes et tous!

   Imprimer le billet Imprimer le billet   
Aujourd’hui à Genève, c’est l’Escalade!

C’est une fête locale qui commémore l’escalade de la vierge Marie par deux-cent Savoyards, la chanson cé qué l’aino glorifie le mec qui était tout en haut.

Euh non, attends…

Bon, il y a une version plus documentée sur Wikipedia, et si t’as le courage tu peux lire les 68 couplets de la chanson originale en vieux patois genevois.

Sur ce, j’ai une marmite en chocolat à détruire.
,    Imprimer le billet Imprimer le billet   
BooggDur métier que celui de journaliste, savoir trier le flot d’informations et de nouvelles ne doit pas être chose aisée. Ainsi, aujourd’hui, les premières pages de nos gazettes chéries nous racontent les aventures de vingt-trois pèlerins malchanceux un peu morts et d’un pauvre gamin un soupçon écrasé par une plaque de marbre.
Et là, c’est avec une stupeur à peine dissimulée que je me rend compte qu’aucun de ces brillants rédacteurs n’a parlé de Böögg, pourtant sa tête a spéctaculairement explosé en public hier après plus de dix minutes de combustion.
On ne saura probablement jamais si la déflagration cérébrale fut causée simplement par le feu ou plus vraisemblablement par le monologue interminable (et surtout en suisse-allemand) du maire de la ville de Zürich.
Quelle mort atroce!
   Imprimer le billet Imprimer le billet   
Comme chaque année, les Fêtes de Genève ont amassés une foule considérable sur les quais de la ville. Après de longues négociations avec un locataire mécontent nous avons pu mes amis et moi observer les feux depuis les toits, bien loin de la foule entassée quelques mètres en contrebas. Les feux, un spectacle impressionnant dont on ne se lasse jamais.

Fêtes de Genève 2005
Le jet d’eau illuminé après les feux


Lire le reste du billet

   Imprimer le billet Imprimer le billet