Tandis que les grandes entreprises délocalisent leurs activités à l’étranger, certains rapatrient leur petite affaire au pays, même si ce dernier leur casse allègrement les bonbons depuis pas mal de temps. Ainsi donc, afin de faire plus local ce site est désormais accessible sous un nouvel URL :
Tu peux cliquer dessus, le ouebe c’est magique.
Le « .net » restera toujours accessible et t’amènera au même endroit, pas besoin de modifier tous tes marques-pages, c’était juste à titre indicatif.
Détail amusant, être suisse coûte vingt balles par an pour un site web, soit environ neuf-cent fois moins qu’être citoyen du même pays.
Tout ordinateur connecté à Internet (et plus globalement à un réseau informatique) possède un identifiant unique lui permettant d’être reconnu, cet identifiant se nomme « adresse IP » et est en général attribué lors de chaque connexion par le fournisseur d’accès. Les serveurs contenant les sites web que tu visites chaque jour possèdent ainsi chacun leur propre adresse IP. Visuellement, une adresse IP est une suite de quatre chiffres situés entre 1 et 255 séparés par des points, on a donc 4’228’250’625 possibilités, de tête.
En théorie si tu voulais visiter un site web tu devrais écrire dans ton petit Firefox l’adresse IP du serveur sur lequel sont stockées les pages web que tu désires voir. Par exemple pour aller sur Google tu devrais écrire « http://74.125.39.104 » (tu peux essayer ça fonctionne), tu te rendras vite compte que premièrement ce n’est pas pratique, et qu’ensuite curieusement tu ne procèdes pas du tout comme ça.
Effectivement, afin de faciliter la vie des surfeurs un système est utilisé depuis bien longtemps, ce système se nomme DNS (Domain Name Server) et permet de convertir l’adresse littérale (le nom de domaine) en adresse IP grâce à une simple table de conversion. Ainsi donc lorsque tu tapes « http://www.google.com » , ta requête part vers un serveur DNS qui va ensuite fournir l’adresse IP (« 74.125.39.104 » ) correspondante au nom de domaine (« google.com » ), le tout de manière totalement transparente pour toi, petit néophyte chanceux.
Les entreprises qui gèrent ces serveurs DNS s’appellent des « registars » , il y en a un bon paquet sur la toile et tous sont soumis à l’autorité d’un organisme supérieur : l’ICANN. Un site web nécessite donc deux choses : Un nom de domaine enregistré chez un registar et un hébergeur qui possède un serveur sur lequel seront stockées tes pages web. En général les hébergeurs s’occupent de gérer gracieusement le nom de domaine dans la foulée, le webmaster moyen ne s’occupe donc que très rarement de cette opération.
Le problème survient quand tu veux changer d’hébergeur, en effet il faut aller demander au registar de faire pointer le nom de domaine vers ton nouvel hébergeur, parfois il faut même changer de registar. Et là, c’est le drame. L’opération prend au minimum cinq jours ouvrables d’agonie, une douzaine d’euros et toute ta bonne humeur. Je te conseille à ce sujet la lecture des « confessions d’un voleur » racontées par un ancien employé d’un célèbre registar.
Anecdote amusante, dans un des derniers épisodes de la troisième saison de la série « 24 » , un terroriste informaticien prononce à un moment une phrase qui donne à peu de choses près « Ils sont en train de chercher notre adresse IP en fonction de notre nom de domaine. » . Jargon technique oblige cette phrase passe tout droit pour le grand public, elle fera toutefois sourire les geeks assidus. En effet, pour connaitre l’adresse IP d’un nom de domaine il suffit d’écrire « ping » suivi du nom de domaine dans une ligne de commande, l’opération prend grosso-modo une demi-seconde. Ce pauvre Jack Bauer est vraiment entouré d’une bande de pives à la CTU.
Mais bon, cinq jours pour changer une ligne dans une base de données, elles sont à priori partout.
Laurent Chemla est un des fondateurs de GANDI, le fameux registar qui s’occupe (parmis d’autres) des noms de domaines en .COM, dans ce mea-culpa il nous raconte de quelle manière les registars nous volent (c’est le terme employé).
Un extrait :
JE SUIS UN VOLEUR. Comment nommer autrement celui qui, du fait de ses connaissances techniques, de son pouvoir ou de ses relations, crée ou utilise une pénurie fabriquée de toutes pièces pour vendre un objet devenu rare à des clients qui ne savent même pas à quoi sert cet objet ?
Oh, bien sûr la société ne va pas me condamner pour ça. Non. Elle va au contraire admirer la performance de la « jeune pousse », me considérer comme un entrepreneur courageux de la Net-Economie, me tresser quelque laurier, voire me remercier de mon action en faveur des plus démunis.
Je vends des noms de domaines sur Internet.
L’article complet est sur son site, il vaut vraiment la peine d’être lu.