juin 2010
3
Se balader dans les rues de Genève permet d’ouvrir son corps aux cinq sens que Dieu la nature nous a fourni.
L’odorat nous fait apprécier le subtil mélange entre les effluves de gambas à gogo et l’odeur d’essence brûlée, elle-même gracieusement fournie par les nombreux véhicules tous-terrains qui foulent nos routes (le « tout-terrain » se limitant toujours au bitume, mais on est finalement jamais trop prudent).
Le goût, celui de vomi que tu gardes dans la bouche après qu’un fumeur odorant soit monté dans le bus à tes côtés. Ce petit arôme de cendrier froid a malheureusement tendance à disparaitre à cause de ces lois anticlopes « liberticides dignes du IIIème Reich » , pour citer les réactionnaires de droite, gros adeptes des points Godwin journaliers.
Le toucher, qui comprend également le ressenti climatique de notre belle cité de Calvin. Moins deux-cent degrés Celsius en hiver, avec parfois des pointes à douze-mille au dessus de zéro en été.
L’ouïe, soumise à deux sons distincts : Les voitures et les marteaux-piqueurs. Tous deux permanents, quelque soit l’endroit.
Ce qui m’amène subtilement au dernier sens, la vue. Si tu te balades dans les rues tu te rendras vite compte que la réalité est bien loin des photographies fantasmagoriques disponibles dans les nombreux guides touristiques, tu noteras en particulier ce panneau qui trône fièrement à chaque croisement.

Il fait maintenant partie du paysage, laissant chaque conducteur de deux ou quatre roues perplexe quelques secondes, le temps de se faire allègrement klaxonner puis insulter comme le veut la tradition locale. Garde ton calme ami voyageur, il te faut comprendre que cette signalisation récurrente ne fait que t’indiquer poliment qu’une horde de trolls sauvages a subitement décidé de creuser des trous au hasard dans la chaussée que tu désirais emprunter. Et ne compte pas faire demi-tour, le temps de dire « bordeldemerdeencoreunputaindesensinterdit » et un autre vient de pousser dans ton dos, ne te laissant d’autre choix que d’enfreindre le sacro-saint code de la route, celui-là même que tu avais juré de respecter corps et âme.
Mais finalement, de combien de travaux parlons-nous? Est-ce là un phénomène rare? Courant? Il me fallait tirer les choses au clair. Promenade pédestre d’investigation d’une demi-heure autour du quartier de Saint-Jean, moins d’un kilomètre carré, le résultat ne surprendra personne : neuf chantiers dénombrés.

L’économie de la république ne va pas si mal au fond. Et puis la scie circulaire sur le goudron, le marteau-piqueur et le sablage à haute-pression couvrent joyeusement les chants de ces putains d’oiseaux qui se permettent d’envahir notre paysage urbain.
L’odorat nous fait apprécier le subtil mélange entre les effluves de gambas à gogo et l’odeur d’essence brûlée, elle-même gracieusement fournie par les nombreux véhicules tous-terrains qui foulent nos routes (le « tout-terrain » se limitant toujours au bitume, mais on est finalement jamais trop prudent).
Le goût, celui de vomi que tu gardes dans la bouche après qu’un fumeur odorant soit monté dans le bus à tes côtés. Ce petit arôme de cendrier froid a malheureusement tendance à disparaitre à cause de ces lois anticlopes « liberticides dignes du IIIème Reich » , pour citer les réactionnaires de droite, gros adeptes des points Godwin journaliers.
Le toucher, qui comprend également le ressenti climatique de notre belle cité de Calvin. Moins deux-cent degrés Celsius en hiver, avec parfois des pointes à douze-mille au dessus de zéro en été.
L’ouïe, soumise à deux sons distincts : Les voitures et les marteaux-piqueurs. Tous deux permanents, quelque soit l’endroit.
Ce qui m’amène subtilement au dernier sens, la vue. Si tu te balades dans les rues tu te rendras vite compte que la réalité est bien loin des photographies fantasmagoriques disponibles dans les nombreux guides touristiques, tu noteras en particulier ce panneau qui trône fièrement à chaque croisement.

Il fait maintenant partie du paysage, laissant chaque conducteur de deux ou quatre roues perplexe quelques secondes, le temps de se faire allègrement klaxonner puis insulter comme le veut la tradition locale. Garde ton calme ami voyageur, il te faut comprendre que cette signalisation récurrente ne fait que t’indiquer poliment qu’une horde de trolls sauvages a subitement décidé de creuser des trous au hasard dans la chaussée que tu désirais emprunter. Et ne compte pas faire demi-tour, le temps de dire « bordeldemerdeencoreunputaindesensinterdit » et un autre vient de pousser dans ton dos, ne te laissant d’autre choix que d’enfreindre le sacro-saint code de la route, celui-là même que tu avais juré de respecter corps et âme.
Mais finalement, de combien de travaux parlons-nous? Est-ce là un phénomène rare? Courant? Il me fallait tirer les choses au clair. Promenade pédestre d’investigation d’une demi-heure autour du quartier de Saint-Jean, moins d’un kilomètre carré, le résultat ne surprendra personne : neuf chantiers dénombrés.

L’économie de la république ne va pas si mal au fond. Et puis la scie circulaire sur le goudron, le marteau-piqueur et le sablage à haute-pression couvrent joyeusement les chants de ces putains d’oiseaux qui se permettent d’envahir notre paysage urbain.




