jan 2011
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La pire expérience de ma vie fut sans nul doute endurée durant ces fameux cinq mois passés « sous les drapeaux », cet euphémisme soi-disant patriotique désignant l’engagement militaire auquel tout mâle suisse majeur est contraint, sous peine de taxe ou d’emprisonnement. Il existe bien certaines alternatives telles que le service civil ou la protection civile, mais celles-ci sont difficiles d’accès, que ce soit par leurs conditions d’admissions strictes ou simplement leurs capacités limitées.
Lors d’une cérémonie ridicule qui a lieu le premier jour, toute recrue reçoit un fusil d’assaut, et ceci sans le moindre examen psychologique préalable. Refuser l’arme à cet instant implique des sanctions que tout post-adolescent n’est pas forcément prêt à subir, de plus la pression du rituel et le manque de volonté dû à l’âge font que la plupart des apprentis troufions acceptent ce fardeau avec fatalité, sans se soucier des conséquences que ce simple geste pourrait entrainer.
Une fois son école de recrue accomplie, le citoyen-soldat ramène chez lui son arme à feu, cette dernière devient ainsi une habitante à part entière du foyer. Cachée au fond d’un placard ou d’un grenier, sa présence dans l’ombre est ressentie en permanence, on est loin du cliché de la famille paisible.

La plupart du temps il faut avouer que la cohabitation se passe sans trop de problème, si on met bien évidemment de côté la violence latente qu’entraine la possession d’une arme de guerre à la maison. En revanche, il arrive parfois que certaines personnes s’en servent comme moyen de pression psychologique sur leurs proches, d’autres l’utilisent pour se suicider, voire massacrer leur famille ou des inconnus pris au hasard dans la rue.
Un article paru dans le magazine Femina parle de ce phénomène, depuis le point de vue de dizaines de femmes qui subissent régulièrement des violences de la part de leur conjoint, ce dernier utilisant l’argument de l’arme comme moyen de pression.
Témoignage extrait.
Le 13 février 2011, le peuple suisse sera amener à voter pour une initiative baptisée « Pour la protection face à la violence des armes » qui vise entre autre à forcer le dépôt des armes militaires à l’arsenal. Un « OUI » clair est bien évidemment souhaité.
Les organisations militaristes se sont regroupées pour faire face à cette action qui, selon elles, est inutile. Parmi tous les arguments ridicules que l’on aura pu entendre, ils ont choisi d’axer leur campagne d’affiches sur le côté traditionnel des carnages à l’arme à feu. Je te laisse juger du désastre.

Le lampion rouge à croix blanche, symbole patriotique de la fête nationale, porté par une ribambelle de marmots bien habillés qui -à l’instar des militaires- défilent en rang au son de la fanfare.
Le tableau est touchant, le lampion est écrasé et une fumée grise en sort sur la droite, comparant de ce fait l’objet enfantin avec un imaginaire fusil d’assaut que ces vilains pacifistes veulent enfermer au placard. Ainsi, après avoir été (à juste titre) comparés à des moutons, les Suisses sont maintenant associés à des enfants auxquels ont aurait cassé un jouet. Et le pire, c’est que ça marche.
Nous autres antimilitaristes sommes maintenant accusés de vouloir « détruire les valeurs suisses », note bien le pluriel abusif (« les valeurs », lesquelles?), qui sert sans-doute à renforcer la sensation de déshonneur envers notre pauvre Mère-Patrie qui se meurt sous le joug des infidèles que nous sommes. Ah misère, nous ne méritons vraiment pas notre passeport à croix blanche, nous et notre espoir immonde d’empêcher certains massacres impulsifs, une superbe « valeur suisse » que les partisans du maintien des armes au foyer veulent à priori perpétuer.
Le bas de l’affiche termine le tableau par un texte une fois de plus lourdement réfléchi.
Quand on n’a pas d’arguments on tente de discréditer son adversaire, une réaction instinctive qui devrait normalement trouver sa place dans une cour d’école plutôt que sur une affiche de propagande. Tu noteras au passage le terme des « milieux de gauche », qui hormis un jeu de mot surement involontaire reste une expression délibérément très vague dans la droite lignée de certains partis.
Bref, j’y reviendrai en temps voulu, mais pour le bien de toutes et tous prépare toi à cocher la case du « OUI » le 13 février prochain.
Lors d’une cérémonie ridicule qui a lieu le premier jour, toute recrue reçoit un fusil d’assaut, et ceci sans le moindre examen psychologique préalable. Refuser l’arme à cet instant implique des sanctions que tout post-adolescent n’est pas forcément prêt à subir, de plus la pression du rituel et le manque de volonté dû à l’âge font que la plupart des apprentis troufions acceptent ce fardeau avec fatalité, sans se soucier des conséquences que ce simple geste pourrait entrainer.
Une fois son école de recrue accomplie, le citoyen-soldat ramène chez lui son arme à feu, cette dernière devient ainsi une habitante à part entière du foyer. Cachée au fond d’un placard ou d’un grenier, sa présence dans l’ombre est ressentie en permanence, on est loin du cliché de la famille paisible.

La plupart du temps il faut avouer que la cohabitation se passe sans trop de problème, si on met bien évidemment de côté la violence latente qu’entraine la possession d’une arme de guerre à la maison. En revanche, il arrive parfois que certaines personnes s’en servent comme moyen de pression psychologique sur leurs proches, d’autres l’utilisent pour se suicider, voire massacrer leur famille ou des inconnus pris au hasard dans la rue.
Un article paru dans le magazine Femina parle de ce phénomène, depuis le point de vue de dizaines de femmes qui subissent régulièrement des violences de la part de leur conjoint, ce dernier utilisant l’argument de l’arme comme moyen de pression.
Témoignage extrait.
Lilismiles ne sourit plus. Derrière son pseudo, sur Internet, cette Fribourgeoise de 29 ans se raconte. Son compagnon la harcèle, la frappe, la persuade qu’il l’aime. Ou menace de la tuer. Scènes typiques de violence dans le couple, sauf que la dernière fois, écrit-elle sur un forum il y a quelques semaines, son homme «avait posé un fusil pas très loin de lui. Inutile de vous expliquer l’effet dissuasif de ce geste et, après une longue discussion, il a réussi à faire sortir de ma bouche mon accord pour revenir!»
Le 13 février 2011, le peuple suisse sera amener à voter pour une initiative baptisée « Pour la protection face à la violence des armes » qui vise entre autre à forcer le dépôt des armes militaires à l’arsenal. Un « OUI » clair est bien évidemment souhaité.
Les organisations militaristes se sont regroupées pour faire face à cette action qui, selon elles, est inutile. Parmi tous les arguments ridicules que l’on aura pu entendre, ils ont choisi d’axer leur campagne d’affiches sur le côté traditionnel des carnages à l’arme à feu. Je te laisse juger du désastre.

Le lampion rouge à croix blanche, symbole patriotique de la fête nationale, porté par une ribambelle de marmots bien habillés qui -à l’instar des militaires- défilent en rang au son de la fanfare.
Le tableau est touchant, le lampion est écrasé et une fumée grise en sort sur la droite, comparant de ce fait l’objet enfantin avec un imaginaire fusil d’assaut que ces vilains pacifistes veulent enfermer au placard. Ainsi, après avoir été (à juste titre) comparés à des moutons, les Suisses sont maintenant associés à des enfants auxquels ont aurait cassé un jouet. Et le pire, c’est que ça marche.
Nous autres antimilitaristes sommes maintenant accusés de vouloir « détruire les valeurs suisses », note bien le pluriel abusif (« les valeurs », lesquelles?), qui sert sans-doute à renforcer la sensation de déshonneur envers notre pauvre Mère-Patrie qui se meurt sous le joug des infidèles que nous sommes. Ah misère, nous ne méritons vraiment pas notre passeport à croix blanche, nous et notre espoir immonde d’empêcher certains massacres impulsifs, une superbe « valeur suisse » que les partisans du maintien des armes au foyer veulent à priori perpétuer.
Le bas de l’affiche termine le tableau par un texte une fois de plus lourdement réfléchi.
Initiative inutile des milieux de gauche sur les armes
Quand on n’a pas d’arguments on tente de discréditer son adversaire, une réaction instinctive qui devrait normalement trouver sa place dans une cour d’école plutôt que sur une affiche de propagande. Tu noteras au passage le terme des « milieux de gauche », qui hormis un jeu de mot surement involontaire reste une expression délibérément très vague dans la droite lignée de certains partis.
Bref, j’y reviendrai en temps voulu, mais pour le bien de toutes et tous prépare toi à cocher la case du « OUI » le 13 février prochain.













