La mode cinématographique actuelle consiste à relater des aventures se passant plusieurs années avant l’action de grands films à succès, par abus de langue anglaise de telles œuvres sont appelées « préquelles » (de « prequel ») ou « antépisodes » au Québec.

La sortie de « X-Men : First Class » tombe dans cette catégorie, puisqu’il narre la rencontre entre les différents X-Men, bien avant qu’ils ne portent d’ailleurs ce nom d’équipe.

La neuvième minute du film est consacrée au personnage d’Erik Lehnsherr (joué par Michael Fassbender), qui deviendra par la suite le très complexe Magneto. La particularité de cette scène est qu’elle est censée se passer à Genève en 1962, un aperçu de la ville est visible par la fenêtre de ce qui semble être une chambre d’hôtel au mobilier des sixties.


On note que l’architecture des immeubles correspond bien au style local et que la montagne de fond semble être le massif du Mont-Blanc, la vue est donc crédible.

Toutefois, après de nombreuses recherches je n’ai pas été en mesure de déterminer si cette image est un montage ou une photo d’un quartier existant encore actuellement. Un bon-cadeau d’une valeur de zéro francs suisses sera offert à toute personne capable de résoudre cette énigme.
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Les trois trimestres de grossesse étant passés (un, deux et trois), il arrive un matin ou madame se décide à perdre les eaux. Dans la majorité des films cuculs (à ne pas confondre avec les films de cul) la femme enceinte déverse instantanément sur le sol l’équivalent d’un camion-citerne, dans la réalité il est juste questions d’un demi-litre espacé sur plusieurs heures, rien ne sert donc d’attendre avec une planche de surf à la main, ta vague ne viendra pas.


Les premières contractions arrivent ensuite, madame affiche un grand sourire et te parle d’un chatouillement dans le bas-ventre, profite bien de cet instant car dans quelques heures elle hurlera sa race. Après tous ces mois d’attente le moment de partir pour la maternité ou la maison de naissance arrive enfin. Tu imagines ta voiture fonçant sur l’asphalte brûlante, telle la fidèle monture du preux chevalier emmenant sa dulcinée vers l’aventure de sa vie. Dans le monde réel tu te taperas juste tous les feux rouges (vraiment tous, ce n’est pas juste une façon de parler), ta vitesse ne dépassera pas celle d’un cycliste unijambiste et l’État aura décidé la veille pour une raison mystérieuse de creuser des chantiers pharaoniques sur l’ensemble du trajet. De plus ces enfoirés d’écolos choisiront ce jour pour manifester à vélo et le convoi spécial de deux-cent tonnes qui relie Moscou à Vuflan-le-Château passera exactement par le boulevard que tu empruntes.

Tu peux utiliser ta voiture personnelle, le liquide amniotique ne tache pas trop les banquettes, et puis de toute manière d’ici quelques jours Junior vomira allègrement dessus.

L’arrivée sur place est un grand moment de soulagement pour nous autres futurs-pères, une aide professionnelle non-négligeable s’occupe maintenant de madame. Pendant des mois tu as imaginé cet instant magique, la naissance physiologique la plus naturelle possible, telle qu’indiquée et discutée sur le plan de naissance préparé il y a maintenant huit mois avec tous tes amis hippies.

Maman voulait ressentir son bébé passer? Après une douzaines d’heures à en chier elle suppliera pour qu’on lui pose une péridurale.

Vous vous êtes pris la tête pour bouffer bio pendant toute la grossesse? Bébé se prendra un litre d’ocytocine de synthèse avant même que sa tête ne sorte.

La naissance n’échappe pas à la règle des enfants, rien ne se passe comme prévu.

Le débarquement se fait en grandes pompes, c’est l’Armageddon hormonal dans le système nerveux. Tout le monde pleure et ton cerveau se fait la malle pour laisser place à l’instinct pur, ainsi lorsque la sage-femme te donnera la paire de ciseaux pour couper le cordon ombilical tu répondras quelque chose comme « agleuh agleuh » en tremblant. Mémorise quand même bien si tu pratiques cet acte, car il semblerait que la tradition veuille que les mâles de la famille te demandent confirmation que tu as bien séparé la mère de son enfant.

Bébé est grossièrement lavé, piqué (il adore) et emmailloté pendant que maman est recousue. Puis tout ce beau monde est placé dans une belle chambre pour de longues siestes bien méritées, pendant que toi tu restes debout avec cet air ahuri qui caractérise ta récente paternité.

Puis les visites se succèdent, chacun prend son nouveau rôle avec plus ou moins de larmes aux yeux. De fêtard célibataire tu es devenu papa, ta maman est promulguée au rang de grand-mère et la petite sœur que tu tapais allègrement étant gamin (ce que tu regrettes maintenant) est tata gâteau.

On note une récurrence abusive du terme « chou » lors des discussions autour du couffin, le nouveau-né étant évidemment le plus beau du monde, voire de l’univers. En comparaison, un marmot Alien est par exemple très laid, en plus ce petit garnement te perfore la cage thoracique pour sortir. Non vraiment, ton bébé est le plus adorable.

De ce côté la nature est d’ailleurs très bien faite, car figure-toi que l’art de la séduction est une stupide question de proportions. En effet, la taille de la tête d’un nourrisson correspond à environ vingt pour-cent de la taille totale de son corps, un effet visuel fourbe qui te force à t’attacher. Avec de telles proportions même le plus cruel des personnages de ce monde te donne des envies de câlins.



Puis vient le grand jour du retour à la maison.

Ce que redoutent beaucoup de parents finit alors par arriver, il va falloir changer les couches sans aucune aide professionnelle. Pour cela certains cours t’y auront peut-être préparé, et puis toutes les personnes de ton entourage t’auront prévenu complaisamment que la merde de ton gamin ne sent pas mauvais.

Laisse-moi te dire une chose très simple :


Prépare-toi préalablement, parce que je t’assure que ça te dégage efficacement les sinus, les voies respiratoires, toutes tes artères et les tuyaux d’aération de ta salle de bains. Je te passe l’analyse colorimétrique et les détails de consistance, tu finiras bien par en discuter avec les jeunes parents de ton entourage.

Une fois bébé propre tu savoures cet instant de quiétude, mémorise bien cette sensation car tu vas maintenant entrer dans ce que l’on appelle couramment le « cercle infernal neurasthénique ». Je t’ai fait un schéma pour t’aider à comprendre le principe de la répartition du temps chez le lardon.


Sois toutefois rassuré, après quelques jours bébé te permettra enfin de dormir par tranches gracieuses de trois ou quatre heures.

Le lendemain de la première nuit, profitant d’une rare accalmie de quelques secondes tu vas sur Facebook voir les commentaires que tes « amis » ont laissé suite à ton annonce. Tu constates qu’on s’est bien foutu de ta gueule pendant ton absence, tu réponds placidement, avec le ton calme que ta nuit catastrophique t’impose.



Puis les habitudes reviennent, la vie reprend peu à peu son cours, avec ce petit être supplémentaire en son sein.

Mais bon, tu verras, c’est que du bonheur.

Sauf quand il pleure. , ,    Imprimer Imprimer   
Tout-le-monde se souvient de la faillite de Swissair en 2001, la compagnie helvétique a brusquement déposé le bilan, annihilant en un instant les retraites de nombreux employés.

De cette époque ne reste que quelques vestiges, gardés telles des reliques par des cafétérias de banlieue.


Ces quelques grammes de métal auraient pu être fondus et vendus sur les marchés internationaux, une aide financière non négligeable qui aurait surement pu participer à combler la dette de l’époque. ,    Imprimer Imprimer   
L’émission « 120 secondes » de la radio suisse-romande Couleur 3 invite de temps en temps le lieutenant-colonel Karl-Heinz Inäbnit, porte-parole de l’État-major de conduite de l’armée.

Sa première intervention concerne un grave accident de chars d’assauts sur la place d’arme de Bure dans le Jura, survenu en novembre 2010 il avait fait 16 blessés.



Il parle également d’un fait divers banal, une arme de service utilisée lors d’une fusillade civile.



Si seulement j’avais pu servir sous ses ordres.
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Après avoir passé du temps sur quelques petits accrochages, je partage aujourd’hui avec grand plaisir non pas une, mais deux astuces en SQL ! C’est gratuit, c’est cadeau, ça me fait plaisir.

La première te servira peut-être si tu utilises SOAP. SOAP c’est un peu comme le savon, sauf qu’au lieu de laver ça t’envoie des données XML via le protocole HTTP, cool non?

Bref, il arrive parfois qu’on ait besoin de convertir un champ SQL binaire en Base64, non ne pars pas, je te jure que ça arrive.

Tiens, mange ça.

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-- Variable contenant les données binaires
DECLARE @bin VARBINARY(MAX)

-- Variable contenant ces données en base64
DECLARE @base64 VARCHAR(MAX)

-- Récupération des données
SET @bin = (SELECT TON_CHAMP_BINARY FROM TA_TABLE WHERE TA_CLE = UNE_VALEUR)

-- Conversion
SET @base64 = CAST(N'' AS XML).VALUE('xs:base64Binary(xs:hexBinary(sql:variable("@bin")))', 'VARCHAR(MAX)')

-- Affichage
SELECT @base64 AS 'Base64'


Dans la requête « SELECT » tu remplaces bien entendu astucieusement les noms avec ceux de ta table et de ses champs.

La deuxième astuce te permettra d’obtenir le hash MD5 d’une chaine de caractères.

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-- Mot de passe
DECLARE @password VARCHAR(200) = '12345'

-- MD5
DECLARE @md5 VARCHAR(32)

-- Conversion
SET @md5 = (SELECT LOWER(SUBSTRING(CONVERT(VARCHAR(MAX),HashBytes('MD5', @password),1),3,32)))


Tu peux laisser tes commentaires, même si tu comprends rien. , , ,    Imprimer Imprimer   
La Suisse est un pays réputé pour sa propreté, ce qui n’empêche pas de recevoir parfois des déchets dans sa boite aux lettres.


Tu l’auras deviné, le parti helvétique d’extrême-droite part une fois de plus en croisade, le but du jour étant de limiter fortement l’afflux d’immigrés.

Les puissants soutiens financiers de l’UDC lui permettent d’effectuer régulièrement des campagnes de propagande impressionnantes, que ce soit au moyen d’affiches ou de tous-ménages. Leur initiative actuelle veut « stopper l’immigration massive », l’adjectif final n’étant probablement présent que pour des raisons légales.


Tu constateras que les pieds appartiennent visiblement tous à des hommes adultes, six en arrière-plan plus un au premier plan. Sans vouloir trop caricaturer on ne retrouve aucune chaussure féminine, ni une petite pointure qui pourrait suggérer un pied d’enfant.

Sept immigrants, sept hommes adultes, de quoi faire péter toutes les statistiques.

En effet, selon les chiffres de l’Office fédéral de la statistique de 2009, 47% des immigrés étaient des femmes, et 17% des enfants. La raison de ne pas les représenter sur l’affiche est facile à comprendre, un enfant inspire la pitié et l’image des femmes est moins attachée au concept de la délinquance que celle des hommes.

Ici on représente le mâle dangereux, celui qui vole et vend de la drogue, pas l’enfant qui fuit son pays avec sa mère. L’affiche joue grossièrement avec notre peur primaire, pour changer.

Alors que si on équilibre les proportions, que l’on enlève le mot « massif » abusif et que l’on change une ponctuation, le résultat est tout autre.


Tu pensais voter correctement pour protéger ton pays des criminels étrangers, mais tu te retrouves subitement dans la peau d’un égoïste qui refuse son aide à des personnes en difficulté.

Tu te découvres une soudaine humanité que la manipulation émotionnelle provoquée par l’affiche originale cherche justement à éviter. C’est un début de prise de conscience, bravo!

Source : Office fédéral de la statistique (OFS) – fichier XLS contenant les chiffres

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Charles Darwin était un hérétique, son célèbre livre « L’Origine des espèces » sorti en 1859 remettait en cause le principe immuable et souverain de la Licorne Rose Invisible pour s’orienter vers la théorie farfelue de l’évolution et de la « sélection naturelle », terme qu’il a d’ailleurs inventé.

Le bouquin est un pavé de cinq-cent pages qui décrit dans le détail un grand nombre de ses observations au cours des années, allant des pigeons aux oiseaux tropicaux, en passant par les lombrics et divers mammifères.

Quelques passages peuvent être retenus.

Ordinairement, les mâles les plus vigoureux, c’est à dire ceux qui sont le plus aptes à occuper leur place dans la nature, laissent un plus grand nombre de descendants. Mais dans bien des cas, la victoire ne dépend pas tant de la vigueur générale de l’individu que de la possession d’armes spéciales qui ne se trouvent que chez le mâle.
Chapitre IV : La sélection naturelle, § Sélection sexuelle


Le fait perdure, les combattants d’aujourd’hui sont toujours majoritairement des mâles à qui l’État distribue gracieusement des armes létales. Le manque de vigueur des troufions serait une simple question de motivation, mais c’est encore une théorie.

Fort heureusement pour l’équilibre de l’humanité il semblerait que cette espèce des plus belliqueuses perde une grande partie de son temps à se battre sur d’énormes surfaces de jeu appelées « pays en guerre », les observations de nombreux zoologistes tendent à confirmer ce comportement absurde.

Les merles de roche de la Guyane, les oiseaux de paradis, et beaucoup d’autres encore, s’assemblent en troupes; les mâles se présentent successivement; ils étalent avec le plus grand soin, avec le plus d’effet possible, leur magnifique plumage; ils prennent les poses les plus extraordinaires devant les femelles, simples spectatrices, qui finissent par choisir le compagnon le plus agréable.
Chapitre IV : La sélection naturelle, § Sélection sexuelle


Aujourd’hui si tu vas au Macumba tu constateras qu’il se passe à peu de choses près le même phénomène, avec parfois une certaine inversion des sexes, ce rituel n’est donc pas le privilège des animaux. On note également chez l’humain la présence occasionnelle de plumes lors de certaines parades gaies, mais en général la Techno et l’alcool facilitent la démarche de sélection amoureuse.

Si tu aimes les théories de Darwin tu peux également aller jeter un oeil à l’analyse pertinente de la concurrence, présentée sous forme de nombreux billets vintages écrits par un ermite informaticien voilà plusieurs siècles. ,    Imprimer Imprimer   
Kalimdor, les Royaumes de l’Est, l’Outreterre ou Norfendre, autant de continents virtuels richement fournis en aventures diverses et variées. Le monde d’Azeroth est un exemple parmi beaucoup d’autres, un monde imaginaire dont les propriétés physiques correspondent au notre (gravité, ciel, terre), avec toutefois quelques améliorations notable (pas besoin de manger ou de faire caca).



Septembre 2006, après un long voyage je débarque sur les terres d’Azeroth tel un touriste en mal de sensations fortes. Raté, tout me semble pareil et aussi chiant que dans le monde réel. Une araignée géante et très agressive me sort brusquement de mes constatations hâtives, elle sera ma première victime, pas la dernière.

Les mondes virtuels sont addictifs, on s’y sent bien et il est de ce fait difficile de les quitter. Les raisons principales en quelques points.

L’exhibitionnisme libre
Tu peux te balader en slibard n’importe où, les gardes ne te diront rien. Dans le monde réel essaie juste de te pavaner torse nu en plein centre-ville, tout le monde te regardera avec mépris, sauf si t’es une femme.



L’intolérance tolérée
Le racisme ne pause aucun problème, il est même encouragé, au même titre que toute autre discrimination physique. Tu peux te poser sur la place centrale de n’importe quelle capitale et traiter les Nains d’erreurs rachitiques de la nature, tu te feras peut-être gueuler dessus mais personne ne pourra légalement te reprocher quoi que ce soit.

Les religions concrètes
Les Dieux ne sont pas d’invisibles chimères sorties de l’imagination d’un hippie décédé des milliers d’années auparavant, ce sont des créatures existantes sous différentes formes physiques, et tu peux même leur foutre sur la gueule avec ton groupe de potes. Buter l’avatar du Mal personnifié c’est quand même plus sympa qu’un simple exorcisme ou tout le monde hurle et vomit du liquide vert.



La pierre de foyer
Imagine la situation : Tu es au bureau, la journée passe lentement, tu t’emmerdes comme un rat mort. Dans ta poche se trouve un petit caillou décoré d’une rune, tu le prends entre tes deux mains et te retrouve instantanément téléporté dans le bar de ton choix. Une merveilleuse invention que cet objet qui te ramène à ton auberge favorite, où que tu te trouves. Tu n’es plus jamais perdu, tu peux aller aussi loin que tu le désires, le retour au bistrot ne prendra alors que le temps d’une courte incantation.

La sexualité décomplexée
Elfes, Paladins, les individus entre deux sexes font partie intégrante de la population. Les plus pervers peuvent créer des Elfes femelles et passer des soirées à les regarder danser dans les clairières de Teldrassil. Un troupeau se rassemble en général assez rapidement autour, les personnages virtuels n’ont pas d’hormones mais les adolescents qui les contrôlent en débordent.



La reconnaissance
La caissière du supermarché te dit à peine bonjour? Le serveur du bar est trop occupé pour prêter attention à toi? Tu peux me croire, au moins quand tu débarques dans une taverne virtuelle l’accueil en vaut la peine. Après une journée passée à changer des cartouches d’imprimantes chez des clients chiants malgré ton doctorat en cybernétique, t’es bien content d’avoir un aubergiste qui te lance un « Salutations noble guerrier, soyez le bienvenu! » quand tu pénètres dans son établissement.

Les moyens de transports
Ta vieille Fiat Punto vient de perdre son pare-choc? L’essence coûte trop cher? Ton assurance auto a décidé d’augmenter sauvagement ses primes? Balance cette caisse moisie et utilise un bon gros dragon comme tout le monde. Tu peux t’en aller vers le soleil couchant au dessus de la banquise, ça te changera des embouteillages permanents du centre-ville.



La violence gratuite
Tu te balades tranquillement sur le dos de ton Raptor de combat en chantonnant le dernier tube de Zugstin Biberzül (un Troll prépubère avec une horrible frange), quand soudainement ta route croise celle d’une charmante Elfe en train de cueillir des pâquerettes. Tu peux lui faire douloureusement passer sa colonne vertébrale par le nez et repartir peinard, c’est aussi ça la beauté des mondes en guerre. Tu as même le droit de t’en vanter auprès des membres de ta guilde, ils te féliciteront.

La mort éphémère
La vie réelle n’a pas de deuxième chance, le moindre écart sur l’autoroute et ton âme se perd dans le grand néant inconnu. Dans les mondes virtuels il te suffit de retrouver ton corps pour t’y réincarner, et tu peux même te faire aider par des anges. C’est presque gratos et complètement illimité, même si tu es une sale Elfe dont la colonne vertébrale vient d’être extraite par un ennemi cruel qui passait par hasard sur son Raptor de combat.



L’argent facile
Gagner de l’argent est très simple, on te demande de buter quelques petites bestioles par-ci par-là de temps en temps. Parfois si tu veux te la raconter devant tes potes avec des récompenses somptueuses tu peux engager un monstre plus conséquent, l’avantage c’est que tu peux y retourner chaque jour car ces cons ressuscitent régulièrement. Ils se font ainsi buter indéfiniment, ne comprenant visiblement pas la technique de survie consistant à se barrer rapidement quand une équipe de malades armés jusqu’aux dents s’approche de leur résidence d’été.

Beaucoup de raisons qui font que de nos jours seuls les besoins physiques nous font quitter ces mondes merveilleux, alors qu’il suffirait de jouer sur la cuvette des chiottes avec des nutriments en intraveineuse pour ne plus avoir à supporter l’austérité du monde réel.
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Un, deux et trois. Le troisième trimestre de grossesse est indéniablement le moment où tu décores enfin la chambre de la Bête, après six mois passés à attendre fébrilement cet instant.

Tu passes tous tes moments libres au rayon premier âge d’Ikea, en essayant de faire sobre avec une simple armoire Førgåvensgül ou l’inimitable lit Gulliver. À ce propos tu auras surement remarqué que dans la majorité des films hollywoodiens, le montage d’un lit de bébé est un calvaire duquel découle des situation humoristiques inspirant une dose non négligeable de pitié pour le pauvre mâle dont la tête se retrouve toujours coincée entre les barreaux. Car oui, le lit de bébé doit être monté par un mâle, un vrai poilu et qui pue, il suit ainsi la règle du barbecue, femelle jamais toucher barbecue, grunt! De ce côté je te rassures toutefois, le montage du lit Gulliver prend une vingtaine de minutes pour un mec bourré et manchot, ce qui arrive souvent après un barbecue.



Les personnes de ton entourage ayant eu des enfants sont plus qu’heureuses de se débarrasser des fringues inutilisées par une marmaille grandissant beaucoup trop vite, il semblerait en effet que la durée moyenne d’utilisation d’un habit de bébé approche la demi-heure. Tu recevras donc probablement un grand nombre de vêtements, entassés dans des cartons de Pampers, te rappelant qu’il faudra également très prochainement passer par l’étape des mains dans le cambouis.

Dans les cours de préparation on te montre comment essuyer les fesses de l’usine à selles, on te dit que malgré tes demandes répétées il ne faut surtout pas utiliser un Kärcher, et qu’à priori la matière fécale est liquide et très odorante pendant les cinquante premières années de vie du nourrisson. Tous les écologistes t’encourageront continuellement à utiliser des couches lavables, insinuant que tu es un parasite pollueur si tu optes pour la solution des Pampers tueurs d’arbres. Si tu choisis la solution des langes réutilisables tu éviteras quand même soigneusement de laver tes chemises blanches avec les rembourrages pleins de merde, et tu rinceras bien.

Il faudra également penser à vider les narines du lutin, figure-toi en effet que ces incompétents en bas âge ne sont même pas capables de se moucher tout seuls, tu devras donc utiliser un aspirateur nasal (également appelé « pompe à morve ») qui n’est rien d’autre qu’une poire ou un bête tube en plastique. Tu places une extrémité du dispositif dans la minuscule fosse nasale du troll, et tu aspires par l’autre. Il semblerait qu’un système empêche la traversée complète des fluides, ce qui ne t’empêchera pas d’imaginer le pire scénario à chaque utilisation.



Tu remarques un détail curieux, tous les vêtements que l’on t’a donné sont souillés au niveau du poitrail, préparant ainsi ton subconscient aux régurgitations régulières et agréablement parfumées aux essences naturelles de bile stomacale. Il semblerait que garder les aliments dans l’estomac ne soit pas aussi naturel qu’il n’y parait, même sans avoir préalablement descendu deux litres d’alcool au Macumba.

Pour un accouchement idéal, le Goa’Uld doit à ce moment s’être retourné, sa tête doit être dirigée vers le bas et son corps coincé dans cette position par le manque de place. Tu peux d’ailleurs toi-même vérifier l’état de l’orientation lors des crises de hoquets du gnome, en sentant les soubresauts de sa tête grâce à ta main délicatement posée sur le mont de Venus de madame. Si les mouvements sont plus amples au niveau du nombril, c’est mauvais signe.

Le troisième trimestre concrétise l’arrivée de la tornade, tu penses à son futur, et plus particulièrement à sa place en crèche. C’est bien beau de faire des enfants, mais pour les nourrir il faut bosser, et pour bosser il ne faut pas avoir d’enfants. Ce principe s’appelle « le paradoxe à la con de la parentalité moderne » , pas certain que le terme soit officiel.

Si la recherche d’un appartement a excité ta libido, alors tu vas prendre un pied monumental avec la recherche d’une place de crèche.

Tu as moins d’une chance sur deux d’obtenir une place, la demande doit être effectuée un siècle avant la conception du bébé et renouvelée tous les six mois. Il n’y a aucun système de priorité, la structure fonctionne aux pots-de-vins ou tirage au hasard de petits papiers dans un chapeau. À cela s’ajoute quelques initiatives pourries de l’Union Des Cons qui veulent ramener la femme dans ses pénates et repousser ainsi toute la charge financière du foyer sur les épaules des hommes. Parce qu’un homme est évidemment solide, il supporte des charges de travail considérables et n’en à rien à carrer de ne voir ses enfants que pour leur souhaiter une bonne nuit.

D’ailleurs les deux jours officiels de congé paternité décrivent bien la situation patriarcale actuelle, si tu essaies de prendre plus (sur tes jours de vacances bien entendu) la hiérarchie tentera de t’en dissuader, insinuant que madame peut très bien se débrouiller toute seule, mettant ainsi de côté toute la partie émotionnelle que le père pourrait ressentir pour son nouveau-né. Un père ramène le pain, il est efficace, pas émotif.

Tu discutes avec ton entourage, tu leur parles du lieu d’accouchement, pour nous normalement une maison de naissance. Depuis des milliers d’années les femmes accouchent de manière dite « naturelle », et tu dois savoir que si ta femme et toi avez choisi ce type de mise au monde alors toutes vos connaissances sans aucune exception tenteront de vous en dissuader, comme si la péridurale et l’injection d’hormones artificielles étaient le seul et unique moyen de ne pas tuer sauvagement ton enfant à sa sortie. Ta femme et toi passerez en conséquence pour des êtres cruels et égoïstes qui ne savent pas profiter des bienfaits de la médecine moderne.

Tu achètes la poussette, le landau, le siège auto, sachant que le bas de gamme te coûte un bras entier. Tu constateras que le système de pliage des poussettes a été breveté par un certain « Lucifer, Maître des Enfers et Président de la Société de Pourrissage de la Vie Terrestre » , que seul un poulpe possède le nombre de membres nécessaires pour plier et déplier cette putain de structure diabolique. Tu vas te pincer méchamment plusieurs fois et te tordre les doigts, ça va te faire très mal.



Le dernier mois est en fin de compte celui des spéculations, où l’on imagine son visage, son caractère, son penchant pour la littérature ou la musique de Justine Bibeurre. On espère qu’il ne sera pas gros, laid, malade, adepte du MCG ou fan de Hip-Hop. Qu’il ne pleurera pas trop et mangera bien ses cinq fruits et légumes par jour. L’attente finale est très longue, un peu comme quand tu commandes une pizza et que le livreur met des plombes pour venir, et qu’en plus il manque les poivrons et la sauce piquante.

Donc tout comme pour les mois précédents, tu attends, encore.
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La vingtaine apporte toujours son lot de bonnes intentions, pour ne pas te sentir insignifiant après la période ingrate de l’adolescence tu cherches à participer à de grands projets qui sauvent si possible le monde. C’est ainsi qu’en ces temps lointains je me suis retrouvé à participer au projet SETI@Home, qui m’amène aujourd’hui à te parler du calcul distribué.



Certaines recherches scientifiques demandent des calculs informatiques phénoménaux, une seule machine ne suffisant pas ces calculs sont répartis entre plusieurs ordinateurs. Les données sont distribuées aux machines, calculées puis renvoyées à l’unité centrale. L’avènement d’Internet a apporté une touche mondiale à cette technologique, rendant accessible le calcul distribué (ou « calcul partagé », ou « calcul réparti ») au commun des mortels programmeurs.
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