Ma première pensée envers ce 4×4 (de merde) qui m’a coupé la route cet après-midi a été « Non mais quel espèce de… de… » , impossible de trouver l’insulte adéquate pour qualifier ce conducteur nuisible à la sécurité routière.

Fort heureusement le propriétaire du tank urbain a eu la bonne idée d’indiquer la solution sur son horrible et imposante façade arrière.

   

Après avoir vaillamment essuyé les attaques de méchants gauchistes (bouh qu’ils sont vilains), l’UDC effectue une tentative de rattrapage en publiant une affiche nationaliste multiethnique, essayant ainsi de convaincre le peuple de sa non-xénophobie. Cette publication va clairement à l’encontre des convictions dudit parti qui s’adonne à présent visiblement au jeu politique du flip-flap avec une habilité digne d’un manchot aveugle.


« Hey vous avez vu? On est pas racistes hein, la preuve! » 

Les pauvres petits nazis du Grütli qui ont voté UDC le mois passé doivent d’ailleurs être déçus par ce retournement de veste inattendu.

L’affiche (bien que valaisanne) n’a pour l’instant pas été vue sur les murs de nos villes, au contraire de l’envahissante et tristement célèbre « Pour plus de sécurité » des précédentes élections, question de priorité et de moyens probablement. Il y a fort à parier que nous ne la verrons d’ailleurs jamais, ou alors de manière discrète et clairsemée. Pour moi ce n’est surtout qu’une tentative d’affranchissement.

Il faudra toutefois plus qu’un dessin multiculturel grotesque avec un blond parfait au milieu pour nous retirer le goût immonde de la précédente campagne.

   

Le prix « Tiger eye » à celui qui me donne l’endroit de la photo.

   

Enfin un billet raffiné, lecture autorisée pour toutes et tous.

Les amoureux d’habits distingués ont à présent leur boutique de rêve, située en plein centre commercial de Balexert (à Genève donc) elle vend aux clients aveugles ou illettrés les dernières création gerbées par un couturier sans doute très fashion.

Le t-shirt « Amoureux des vagins » et la casquette « Je t’encule » peuvent sembler à priori contradictoires (à moins d’avoir deux bites… je vous l’ai dit c’est raffiné aujourd’hui), l’ensemble doit sans doute appartenir à cette idéologie capitaliste appelée « la mode » .

Remarque j’en connais un qui serait surement ravi de compléter sa panoplie.

(désolé pour les reflets dans la vitre, je n’ai pas réussi à trouver de verre polarisant pour mon téléphone portable. Et au passage, bienvenue à tous mes nouveaux visiteurs pervers venus tous droits du puissant Google)

   

Je ne suis pas linguiste, je ne suis qu’un misérable informaticien (on le saura) rampant humblement sur les plates-bandes des licenciés en lettres, qu’ils m’excusent au passage (et s’ils ne m’excusent pas à la limite je m’en tamponne un peu). Je ne prétends donc pas ici vous exposer le résultat d’une longue étude nécessitant des recherches d’archives et de nombreux entretiens, loin de là. En fait, il existe dans notre bas monde technologique une curiosité que je voulais partager en toute simplicité avec toi, public adorateur de l’humour facile et grossier.

Mais tout d’abord, un peu de culture.

Le mot ordinateur fut introduit par IBM France en 1955. François Girard, alors responsable du service publicité de l’entreprise, eut l’idée de consulter son ancien professeur de lettres à Paris, Jacques Perret, afin de lui demander de proposer un mot caractérisant le mieux possible ce que l’on appelait vulgairement un calculateur (traduction littérale du mot anglais «computer»). Ce dernier proposa «ordinateur», un mot tombé en désuétude et désignant : «dieu qui met de l’ordre dans le monde». Notons que le professeur suggéra plus précisément «ordinatrice électronique», le féminin ayant pu permettre, selon lui, de mieux distinguer l’usage religieux de l’usage comptable du mot.

(Source : Wikipédia)

« Dieu qui met de l’ordre dans le monde » … :))

Bref.

Le terme original anglophone « computer » a donc été traduit et même amélioré en français, ainsi que dans diverses langues comme l’espagnol (« un ordenador » ) et le portugais (« um computador » ). L’effort linguistique n’a toutefois pas été poussé dans certains pays comme L’Italie (« un computer » ), l’Allemagne (« ein Computer » ) ou la Russie (« компьютер » , « computer » j’imagine). On remarque au passage que les portugais emploient le terme « computadore » qui se rapproche plus du mot « calculateur » original.

La question de savoir pourquoi le terme n’a pas été traduit dans toutes les langues reste ici ouverte, si un linguiste chevronné pouvait y répondre je lui en serais grandement reconnaissant. B)

N’empêche, on est quand même passés à deux doigts de « l’ordinatrice électronique » , l’objet aurait au moins eu le mérite d’avoir une dénomination du même genre que « la merde » , dont il s’inspire indiscutablement pour fonctionner.

   

Sur la photo suivante, laquelle de ces deux personnes vient d’être élue président(e) d’un grand pays?

Il s’agit de la personne dans l’ombre du grand monsieur tout en lumière, la personne qui semble fragilement chialer dans les bras de son protecteur.

Du moins c’est ainsi que les médias ont décidé de la représenter, parmi toutes les photos disponibles.

   

L’évolution de la technologie des années 70 a permis entre autre de voir arriver une nouvelle forme de culture : La musique électronique. Considérée à tort par les puristes comme ennemie de la musique acoustique, elle n’est en fait que son enfant mutant qui a complété la palette musicale de l’époque à l’aide d’un nombre infini de sonorités nouvelles.

Voici donc quelques uns de ces pionniers du son, si l’écoute de certaines de leurs œuvres peut paraitre minimaliste à nos oreilles lassées, il n’en était pas de même à l’époque. Petit voyage à travers le temps accompagné d’extraits musicaux soigneusement choisis.

KraftwerkKraftwerk (sur Wikipédia)
La « Centrale Nucléaire » allemande fondée en 1970, premier disque la même année (« Tone Float » ) sous le nom « Organisation » . On leur connait quelques succès comme « Autobahn » ou « Die Roboter » . Sur scène comme dans leur musique ils restent très minimalistes, au sens positif du terme bien entendu. Quelques uns de leurs albums sont sortis en deux versions, l’une anglaise et l’autre allemande, rendant la tâche des fans parfois ardue. Leur influence s’étend encore aujourd’hui, certains artistes actuels admettent s’inspirer de leurs œuvres.


Kraftwek – Radioactivität (1975)


Kraftwek – Das Modell (1978)

Tangerine DreamTangerine Dream (sur Wikipédia)
Créé en 1967, premier disque en 1970 (« Electronic Meditation » ). Pour beaucoup de monde ce célèbre groupe allemand est le précurseur en la matière. Les débats font souvent rage sur les forums de fanatiques, chacun essayant d’attribuer l’origine de la musique électronique à son favoris. Le groupe a subi quelques modifications de personnel depuis ses débuts, son créateur Edgar Froese est le dernier membre original.


Tangerine Dream – 21st Century Common Man (1987)

Klaus SchulzeKlaus Schulze (sur Wikipédia)
Né en 1947 à Berlin, premier disque en 1972 (« Irrlicht » ). Sa relative discrétion sous nos latitudes ne l’empêche pas de remplir copieusement les bacs des magasins de disques. Il a gagné une petite notoriété en devenant le batteur du très célèbre groupe « Tangerine Dream » au début des années 70 avant de se lancer dans une carrière solo. Difficile d’avoir une photo de lui sur scène de face. Il a également joué avec d’autres artistes et composé de nombreuses œuvres sous le nom de Richard Wahnfried.


Klaus Schulze – Sink or Swim (1983)


Klaus Schulze – Tango Saty (1983)

Jean-Michel JarreJean-Michel Jarre (sur Wikipédia)
Né à Lyon en 1948, premier disque en 1971 (« La Cage » ). L’homme aux concerts gigantesques, il est une référence dans le domaine. Détail amusant : Il choisit souvent ses titres francophones aux sonorités connues des anglophones : « Rendez-Vous » , « Équinoxe » , « C’est la Vie » , etc. Il a composé quelques tubes pour des artistes de variété tels que « Les mots bleus » pour Christophe et « Où sont les femmes » pour Patrick Juvet. Son premier grand succès reste « Oxygène » en 1976, suivit par « Équinoxe » , « Les Chants Magnétiques » , « Zoolook » , « Rendez-vous » et bien d’autres.


Jean-Michel Jarre – Equinoxe 6 (1978)


Jean-Michel Jarre – Quatrième Rendez-Vous (1986)

VangelisVangelis (sur Wikipédia)
Né en 1943 à Volos en Grèce, de son vrai nom Ευάγγελος Οδυσσέας Παπαθανασίου, premier disque solo en 1970 (bande originale du film « Sex Power » , bon début). Comme tout Grec qui se respecte Vangelis a notamment joué dans le groupe de rock de Demis Roussos « Aphrodite’s Child » , avant de se lancer dans une carrière solo, ce qui lui à d’ailleurs bien réussi. Il a notamment écrit de très belles musiques de film comme par exemple « 1492 : Christophe Colomb » ou « Blade Runner » (on retrouve d’ailleurs clairement la sonorité du thème dans l’extrait de « Dervish D » ci-dessous).


Vangelis – Pulstar (1976)


Vangelis – Dervish D (1977)

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Prout

   

L’envie de gerber du lundi matin étant enfin passée il est maintenant temps de commenter de manière claire les résultats des élections de dimanche passé, remportées en majeure partie par une déplorable équipe de millionnaires xénophobes élus par une petite moitié des électeurs inscrits. L’autre courageuse moitié d’abstentionnistes peut d’ailleurs justifier son utilité civique en tentant immédiatement de battre le record du monde d’apnée sous la banquise.

Une constatation navrante s’est ainsi imposée en fin de semaine : Le Suisse moyen semble être un mouton paranoïaque et docile votant aveuglément pour le parti qui vomira la campagne propagandiste la plus effrayante, le tout sans la moindre dose de réflexion quant aux conséquences de sa décision pusillanime.

Troupeau de moutons

Aujourd’hui j’ai donc envie de me torcher allègrement le panier à saucisses avec mon passeport à croix blanche, mais je me dis qu’au vu du nationalisme primaire ambiant ce ne serait pas la meilleure idée. Je vais donc me contenter d’aller sur la Place fédérale de Berne pour m’imprégner de la bêtise populaire, j’y effectuerai alors impunément quelques séries de saluts hitlériens histoire de marquer dignement l’actualité politique. En Suisse mieux vaut être un facho qu’un étranger, au moins maintenant t’as l’État de ton côté.

Sur ce, honte à vous citoyens électeurs de droite, paix à vos cerveaux morts d’ennui.

   

Un blog concurrent (que je ne citerais pas, pour ainsi dire) a récemment vanté les mérites du concombre comme instrument de compensation phallique, le tout illustré de charmantes photos explicites. Détestant avant tout le gaspillage de nourriture (encore plus que la forge et les chinchillas) il est de mon devoir d’informer le public du triste sort auquel fut confronté le pauvre légume devenu cyberstar d’un jour, c’est pas tout d’être célèbre mais faut quand même savoir accepter sa destinée avec humilité.

Merci à lui pour sa généreuse contribution.

(pour celles et ceux que ça intéresserait : huile d’olive, vinaigre balsamique, sel)