Catégorie: Culture
The Big Bang Geneva
La nuit qui vient de s'écouler marque le début d'une nouvelle ère pour l'humanité, celle qui la conduira à sa perte.
Le Large Hadron Collider a été remis en route.

Curieuse coïncidence, la diffusion du dernier épisode de l'excellente série américaine "The Big Bang Theory" parle justement de la Bête atomique. Diffusé le 9 février 2010, le quinzième épisode de la troisième saison appelé "The Large Hadron Collision" nous raconte que Leonard va venir visiter la Suisse, et plus particulièrement l'objet de l'apocalypse situé à la frontière nord de notre magnifique cité de Calvin. Il devra tout d'abord choisir un de ses amis pour l'accompagner, ce qui crée inévitablement une série de gros conflits très amusants.
L'épisode parle énormément de la Suisse, et on est clairement en pleine foire aux "clichés" (en français dans le texte).
Pour faire la surprise à sa meuf (qu'il veut inviter à la base), Leonard lui prépare une fondue au fromage. Si on met de côté les fourchettes qui baignent et l'absence de pain, on est pas loin de la réalité.

Sheldon qui veut s'inviter hésite entre deux bonnets, car comme chacun le sait, Genève est proche du pôle nord.

Il prépare ensuite un "cholermus" pour s'habituer à la cuisine suisse. Que celui qui a déjà gouté ce plat me fasse un feedback, je serais curieux de savoir de quelle vallée paumée ce truc est originaire. En tout cas, on n'en trouve pas à la cantine du CERN.

Autre dialogue amusant, lorsque Sheldon casse Penny en lui disant de ne pas s'enflammer comme un Räbeliechtli.
Je vais t'aider un peu.
La Räbeliechtli (en dialecte Suisse alémanique) ou Räbenlicht (en allemand) est une fête d'origine nordique du mois de novembre où les enfants célèbrent le navet en les sculptant pour en faire des lanternes. Cette tradition s'est fortement implantée dans les pays germanophones et particulièrement en Suisse alémanique.
Elle est, par exemple, organisée le premier vendredi de novembre, chaque année par la bourgeoisie de Pfäffikon dans le canton de Schwytz en Suisse. Le mot Räbeliechtli est composé de Räbe ou Rübe qui signifie "la rave" et de Liecht ou Licht "la lumière" et du diminutif "li" soit "la petite lumière de la rave".
(Source : Wikipedia)
En gros c'est un navet évidé dans lequel tu fous une bougie, mais c'est aussi accessoirement une fête locale dans un canton suisse qui doit encore très probablement s'éclairer avec ladite bougie entre deux sessions de chasse au chevreuil.

Je n'avais personnellement jamais entendu parler de ce truc.
À la fin de l'épisode, Leonard et Raj arrivent dans leur hôtel genevois depuis lequel ils ont une magnifique vue sur le Matterhorn (alias le "Cervin" en français).

Ne rigole pas, on peut théoriquement voir le Cervin depuis Genève (par temps très clair, avec un télescope et en montant à 12'000 mètres d'altitude).
Il y a évidemment plein de chocolats sur les tables, et du Champagne au frais. S'agit-il de vin de Champagne, ce petit village du canton de Vaud? Ou alors de Champagne français, ceux-là même qui à grands coups de procès ont empêché nos confrères vaudois d'appeler leur vin par le nom de leur village? Nul ne le saura jamais.
La cerise sur le gâteau étant l'éternuement de Penny, auquel Leonard répond "Gesundheit", parce que c'est ce qu'on dit en Suisse quand quelqu'un éternue.
Ainsi donc j'aimerais discrètement clarifier un point crucial pour les anglophones imaginaires qui tomberaient sur cette page.

Ou anglais à la limite.
Mais on ne bouffe surtout pas de cholermus, on n'allume pas de Räbeliechtli ridicules et on ne dit jamais "Gesundheit" quand quelqu'un éternue.
Non!
Nous on mange de la bonne longeole genevoise, on a de beaux lampions pour la fête de l'Escalade et on s'en fout quand quelqu'un éternue (qu'il crève), parce que c'est comme ça qu'on fait à Genève.
Je suis certain que tu as envie de venir maintenant.
Génome
Pour ses 450 années d'existence, l'université de Genève propose jusqu'en janvier 2010 une exposition sur le génome humain. Une géode a été installée sur l'île Rousseau, l'entrée est gratuite et ouverte au public tous les jours de 10h00 à 19h00, sauf le lundi.
Tu ne peux pas manquer la géode, elle est clairement visible depuis ses alentours.

Vu de dehors ça a l'air petit, mais l'intérieur est incroyable et le contenu très enrichissant.

Si tu veux plus d'informations, tu peux aller sur le site officiel.
Prochainement dans ta télé
Chaque personne a ses petites envies qu'il lui faut satisfaire, les domaines d'expectance ne sont évidemment pas les mêmes quand on a la chance d'être pratiquement au sommet de la pyramide de Maslow.
Considérant que ton estomac est plein, tu es maintenant en mesure d'attendre avec impatience les prochaines séries américaines de science-fiction. Voici quelques extraits de succès ou navets qui déferleront sur les ondes hertziennes européennes d'ici une bonne année, soit beaucoup plus tôt chez l'oncle Sam.
"Flash Forward"
Au même moment, pendant deux minutes et dix-sept secondes, chaque être humain vivant sur Terre subit un blackout pendant lequel il a une vision fortement réelle de sa vie six mois plus tard.
Les adeptes de séries américaines reconnaitront sans doute Sonya Walger, qui a joué dans quelques succès tels que Tell Me You Love Me, ou encore Lost dans son rôle de Penelope Widmore.
"Day One"
La Terre subit une attaque d'origine inconnue, un groupe de voisins s'organise pour survivre et comprendre.
Avec la musique de Truman Show, bouh!
"V"
Remake d'une célèbre série des années 80, "V" raconte l'arrivée sur Terre d'extraterrestres venant demander asile en échange de leur technologie. On s'en doute un peu, leurs intentions finales ne semblent évidemment pas aussi amicales qu'ils veulent bien le prétendre.
Les fans de Lost auront probablement reconnu Elizabeth Mitchell, qui tenait le rôle récurrent de Juliet Burke.
"Caprica"
Cette série est un spinoff de Battlestar Galactica, l'histoire est celle des habitants de la planète Caprica quarante ans avant la destruction des douze colonies par les Cylons. Dans l'épisode pilote diffusé en début d'année nous pouvons voir entre autre la jeunesse de William Adama ainsi que la création des premiers Cylons.
Un autre téléfilm dérivé est très attendu, il s'agit de "The Plan". L'histoire sera celle de Battlestar Galactica entre la première et la deuxième saison, mais vue du côté des Cylons.
Sivoplé, cé pour lé bank
Je ne sais pas si tu es au courant mais c'est la criiiiiiiiise, la situation économique de la Suisse est catastrophique, nos banques sont sans-le-sou. L'année passée la Confédération a même été contrainte d'offrir gracieusement une grosse poignée de milliards à l'UBS afin que ses pauvres dirigeants puissent continuer a s'octroyer quelques bonus indubitablement mérités.
Si tu ressens comme tout citoyen l'impression d'avoir été profondément ramoné sur ce coup là alors ne crois pas que tu es seul au monde, outre-atlantique c'est le même problème et ce bon vieux Michael s'y est d'ailleurs attelé.
Un film qui promet d'être aussi piquant que les autres.
Gniiiii
Ce billet va officiellement clore une fixation fanatique pour la série Battlestar Galactica, pourtant terminée en avril dernier dans un final émouvant.
Et surtout, parce qu'il m'était impossible de ne pas partager une telle réplique sans devenir insomniaque.
Donc...

Starbuck et Starbuck au Starbucks ! 
Anne Frank
Plusieurs formes de tourisme s'offrent à toi quand tu visites Amsterdam. Tu as le choix entre l'évasion neuronale des légendaires Coffee Shops, le financement de l'esclavagisme du Red Light District et la visite émouvante de l'ancienne demeure d'une adolescente devenue célèbre grâce à son journal intime.
Anne Frank est une petite fille juive née en 1929. Faisant partie de ce peuple persécuté pendant la deuxième guerre mondiale, la famille Frank s'est cachée pendant deux années dans l'annexe d'une maison d'Amsterdam, avant d'être lamentablement dénoncée et déportée, entrainant la mort de toute la famille à l'exception du père.

Pendant toute la durée de leur clandestinité dans l'annexe, Anne a minutieusement tenu un journal intime, disponible de nos jours dans toute librairie qui se respecte sous le nom commun de journal d'Anne Frank, véritable témoignage historique.
La maison a depuis été transformée en musée, nous pouvons d'ailleurs visiter la chambre d'Anne Frank, laissée dans l'état où elle l'a quittée soixante-cinq ans plus tôt. Des parois de plexiglas protègent les murs tapissés de photos collées par l'adolescente, l'endroit est extrêmement riche en émotions.
Mieux vaut être patient pour entrer, c'est quasiment un lieu de culte pour certaines personnes.

A l'extérieur, une statue à l'échelle semble mettre en avant l'innocence d'une gamine dont le destin a été massacré par la monstruosité dont ont fait preuve les nazis.

Anne Frank aurait eu 80 ans aujourd'hui.
Annus Horribilis
Tout d'abord j'aimerais saluer mes nouveaux visiteurs en provenance des moteurs de recherche, bienvenue messieurs.
Mais rentrons dans le vif du sujet.
Si comme moi tu as souvent entendu l'expression "annus horribilis" dans les médias alors tu dois surement te demander pourquoi ces maudits journalistes parlent de fions en pleine crise financière.

Pour répondre de manière claire et concise, ces quelques mots latins ne se rapportent pas comme suggéré à un "rectum abominable", mais à une "année horrible".
Un peu d'histoire.
John Dryden est un auteur anglais, en pleine période de peste de 1667 il écrit un poème pour commémorer l'année précédente qu'il qualifie d'année des miracles, ou "Annus Mirabilis" en latin.
En 1992, les rosbeefs sont au plus mal. Le Duc d'York se sépare d'une Sarah Fergusson infidèle, la princesse Royale Anne divorce, Lady Di et le Prince Charles divorcent et pour couronner (hu hu) le tout le château de Windsor crame. Tout va très bien, madame la marquise.
Ainsi donc la même année, lors du discours de célébration de ses quarante ans sur le trône, Elizabeth II d'Angleterre utilise le terme "Annus Horribilis" pour qualifier la triste période, faisant ainsi référence au poème de John Dryden.
L'expression est depuis lors souvent reprise par les médias pour signifier qu'une année est merdique.
Pas d'horrible croupion, d'effroyable troufignon ou d'effrayante croupe dans ce billet. Désolé pour toi, utilisateur fidèle de Google.
(Sources : Annus Mirabilis, Annus horribilis)
The Black Hole
Motivé! On continue sur la lancée des vieux films de science fiction, hop hop!
The Black Hole (Le Trou Noir) est un film de science fiction de Gary Nelson sorti en 1979. L'histoire est celle de l'équipage du Palomino, un affreux vaisseau spatial en forme de réservoir qui croise accidentellement la route d'un trou noir au bord duquel stationne un énorme cargo semblant résister sans le moindre mal à la terrible force d'attraction gravitationnelle. Après recherche, il s'avère que le bâtiment en question est le Cygnus, disparu vingt ans plus tôt au cours d'une mission.

La boite de conserve avec des yeux sur la gauche de l'image est Vincent (de l'acronyme V.I.N.CENT qui signifie un truc indigeste), après tout que serait un film de science-fiction sans son robot ridicule. Par contre, contrairement aux nains muets de Silent Running, Vincent, lui, n'arrête pas de la ramener.
Bref, notre petit Palomino s'approche du Cygnus qui s'illumine pour dire "Coucou!".

Et une fois dedans c'est la grande classe vitrée, genre cathédrale galactique. Nos héros se rendent vite compte qu'il n'y a pas âme qui vive, juste des centaines de mauvais acteurs déguisés en robots qui patrouillent dans les couloirs en imitant pitoyablement la démarche mécanique.

Similitude avouée avec 20'000 lieues sous les mers, l'équipage rencontre le capitaine du Cygnus, seul être vivant à bord, le méchant Dr. Hans Reinhardt. Ouuuuuuuuh!

Un abonnement annuel à ce blog sera offert à la personne qui me dira à quoi sert la deux-cent-vingt-huitième diode de la douzième rangée en partant de la gauche.
Et dans le rôle du terrible sbire du capitaine, je te présente Maximilien, un méchant robot avec un mixer Moulinex à la place des mains. Très pratique pour préparer des milk shake ou broyer les intestins des ennemis (horrible scène qui m'a traumatisé quand j'étais gamin).

Plus tard, Vincent se trouve même un gentil copain ridicule tout pété, Bob (de l'acronyme B.O.B. bien sûr, comme c'est commode).

La scène grotesque de référence étant d'ailleurs l'agonie de Bob, avec un dialogue digne d'un mauvais film de guerre après l'explosion d'une grenade dans les dortoirs. Je te le laisse en version originale, parce qu'en français c'est encore pire. À lire avec un ton dramatique.
Bob (mourant) : My hover stabilization's gone. My main circuit's blown, and both back-ups are failin'.
Vincent : You can make it !
Bob (mourant) : It's no use, Vincent. My useful days are finished. But part of me goes with ya.
Vincent : We'll never be obsolete !
Nooooon, ne meurs pas petit Bob, je suis sûr qu'on peut te recycler en distributeur de boissons ou en gode futuriste pour éléphante!
Hum.
La fin est un peu décevante et donne l'air d'avoir été bâclée, on bascule dans une dimension onirique et un essai hâtif de morale sur le bien et le mal. Finalement, The Black Hole est un film sympathique et divertissant, même si on a envie de tarter Vincent pendant une heure et demie.
Silent Running
Un de mes visiteurs réguliers a récemment mis en doute mon appartenance à la cause geek, je me vois donc dans l'obligation de contrecarrer cet odieux mensonge à l'aide d'un démenti officiel : Un billet entier consacré à un vieux film de science-fiction.
Silent Running est donc un film de science-fiction réalisé par Douglas Trumbull en 1972. Il raconte l'histoire du vaisseau spatial Valley Forge, porteur des derniers spécimens végétaux depuis que la terre a été stérilisée par des inconscients qui roulent en 4x4 et ne recyclent même pas le verre ou l'aluminium.

A son bord, une poignée de techniciens accompagnés par le botaniste Freeman Lowell (Bruce Dern), grand amateur d'écussons à coudre.

Freeman aime bien la nature, les fleurs et les lapins. On le voit ici en plein rapport intime avec un arbuste majeur et consentant.

Ainsi donc, lorsque l'ordre militaire (et donc absurde) de détruire les serres arrive de la Terre, Freeman tue l'équipage et prend le contrôle du vaisseau. Heureusement il n'est pas seul, Huey et Dewey, deux robots grotesques l'accompagnent dans sa fuite intergalactique (en fait ce sont des nains dans les costumes).

La suite du film est un long monologue entre un humain solitaire et deux robots muets, l'apogée du burlesque étant l'interminable scène de poker.

A noter que la version française apporte une touche bizarre de "respect your microwave". Concrètement, Freeman vouvoie curieusement les deux horribles robots nains, sans doute pour apporter un peu plus d'humanité à ce film qui ne contient finalement qu'un seul acteur. À voir donc en version originale, qui est l'anglais je te rassure. La musique quant à elle est plaisante et très axée seventies, ce qui change quand même du registre classique associé par la suite aux Star Wars ou similaires.
Silent Running est avant tout une dénonciation du paradoxe de l'humain, espèce vivante et intelligente dans laquelle la connerie monumentale côtoie une bonté allant jusqu'au sacrifice ultime. Il nous montre que dans le futur l'humanité sera toujours divisée sur la question de l'écologie, et que l'on portera aussi accessoirement des combinaisons ridicules.
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