Après la violence gratuite de mon dernier billet, rien de tel qu’un peu de calme et de douceur.
Hier matin sur la route, un petit bouchon s’est formé au rond point du village de Lully, bien connu malheureusement pour avoir été victime d’inondations en novembre 2002.
La raison de ce bouchon? La si gentille dame qui s’occupe de faire traverser les enfants pour aller à l’école était en train de discuter avec une conductrice arrêtée au milieu de la route. Ce dialogue enjoué qui a duré une quinzaine de secondes grand maximum a été bloqué net par le retentissement violent du klaxon de la voiture qui me précédait. Quand je dis voiture je suis optimiste, il s’agissait plus d’une poubelle, poubelle dont les vitres semblaient d’ailleurs ne pas pouvoir descendre ni monter. La passagère de ladite poubelle a donc ouvert sa portière et hurlé avec rage quelque chose qui ressemblait à (lire avec l’accent genevois) : « Dedieuuu vous n’êtes pas ici pour discuter mais pour bosseeeeer! » .
A défaut d’avoir un cerveau, ses cordes vocales fonctionnaient parfaitement.
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L’avantage unique d’un chauffard, c’est qu’on l’entend et qu’on le voit arriver de loin. Bruyants, aveuglants, une façon d’avertir le peuple de la présence notoire d’une certaine frustration sexuelle refoulée. Pot d’échappements directs, phares antibrouillards même en plein jour, la volonté de s’affirmer face à une société ingrate et dénigrante est flagrante. La voiture est une arme pour ceux qui l’ignoraient encore.
C’est donc armé de ma fidèle Prius que je traverse chaque jour pourtant calmement ville et campagne pour me rendre à l’un ou l’autre de mes deux emplois. Moteur électrique et donc totalement silencieux aidant, ce sont des piétons par dizaines que je manque de tuer chaque mois. Tant et si bien qu’un site web ne suffirait pas à compter le nombre de chanceux que l’ABS en série à sauvé. Ne vous fiez plus à vos oreilles avant de traverser, ouvrez les yeux, je suis sur la route!
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Les débats font rages, les questions qui blessent sont lancées telles des projectiles de jalousie maladive. Mais à quoi donc peuvent bien servir ces blogs qui prolifèrent exponentiellement sur la toile mondiale? Question bien trop vague si nous prenons en compte la diversité de ceux-ci. Ainsi donc, au lieu d’effectuer une énumération fastidieuse et sûrement non-exhaustive je ne parlerais aujourd’hui que de la catégorie la plus répandue, à savoir les blogs personnels. En effet, l’originalité de certains mérite réellement le détour, mais parlons plutôt d’utilité car tel est le sujet.

Moins cher qu’un psychanalyste, moins compliqué et rebarbatif que la religion, ils permettent au blogger de communiquer ses expériences et poser ses questions personnelles, existentielles voir intimes à un panel diversifié de visiteurs qui deviennent ainsi docteurs et confidents improvisés pendant la durée d’une technoconsultation prise sur le temps de la pause au bureau, voir sur le temps de travail pour les plus fonctionnaires d’entre eux. Tout y passe, de l’achat d’une nouvelle paire de chaussures aux détails sexuels nocturnes maladroitements mais volontairements masqués par de trop explicites sous-entendus. Avec la plupart du temps un passage obligé par les cases de remise en question , rupture sentimentale, furoncle au coude gauche et autres cas pathologiques plus ou moins complexes.

La testostérone et le petit coté voyeur aidant, les blogs féminins sont de loin les plus fréquentés si nous considérons le nombre incroyable de commentaires thérapeutiques laissés par les mâles se disputant la dominance du billet dans le but avouable mais inavoué d’attirer au maximum l’attention de la femelle convoitée, qu’elle soit célibataire de préférence ou non.

Mais il ne faut pas croire, visiter un blog est tout aussi bénéfique pour le visiteur que pour le blogger, l’impatience que suscite une mise à jour éventuelle provoque une légère montée d’adrénaline augmentant ainsi la tension artérielle et l’afflux sanguin dans nos organes. C’en est presque indécent!

Pour peu que l’on s’approche du photoblog de l’amateur qui s’ignore et ça devient carrément l’extase. De l’art à l’exhibitionnisme, le blogger de l’extrême nous fait partager de ses travaux photographiques artistiques naïfs jusqu’aux photos de sa femme en horribles tongues ensablées et maillot de bain une pièce sur une plage touristique de Nice.
Entre l’art et le mauvais gout, il n’y a qu’un infime fossé que la facilité de publication d’internet comble un peu trop souvent.
On notera que le soulagement du blogger est très nettement palpable lorsque qu’il nous fait partager un peu de sa magnifique vie (« Vous connaissez ma femme? Elle est belle hein? ») ou de son calvaire quotidien (« Eh non, ce n’est pas mon labrador sur la photo… »).

Bref, de tout ceci il ne faudra retenir qu’une chose, à savoir le côté bénéfique des blogs pour la santé mentale de vous, les visiteurs, et de nous autres bloggers. Alors si vous pensez que je suis totalement malade, laissez-moi un commentaire. Les psychanalyses n’étant pas remboursées par mon assurance maladie, je ferai grace à vous des économies substantielles non négligeables.
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