Malgré les idées reçues, il est toujours plaisant de constater que l’humanité contient encore quelques âmes généreuses qui proposent de t’aider spontanément. En une semaine j’ai reçu deux courriels de deux personnes charitables et exceptionnelles.
Tout d’abord Sylvie, elle est directrice d’une société et m’écrit en personne, un honneur incroyable.
Bonjour,
Je voudrais profiter de cette opportunité et me présenter, mon nom est Sylvie et je suis la directrice de [société de référencement quelconque].
Je travaille au référencement de nombreux sites sur le web pour de meilleurs résultats sur Google, Bing et Yahoo!
Tout en travaillant sur l’un de mes sites partenaire, je suis tombé sur memepasmal.ch et je pense vraiment pouvoir vous aider à obtenir plus de trafic et une plus grande visibilité pour améliorer le PageRank de votre site.
J’aimerais pouvoir élaborer d’avantage sur les façons de vous aider et aussi vous pouvez visiter mon site pour d’autres détails.
Si vous êtes intéressé et souhaitez plus de détails de ma part, je serai heureuse de vous les fournir.
Suivi de Bibi, un altruiste qui mise plutôt sur les compliments, après être tombé par le plus pur des hasards sur mon blog.
Bonjour,
Permettez-moi de me présenter brièvement. Je m’appelle Bibi et je suis une spécialiste de l’optimisation de sites internet sur les moteurs de recherches.
J’ai trouvé memepasmal.ch en faisant une recherche pour un de mes collègues et une brève analyse m’a permis de constater qu’il s’agit d’un site de qualité et qui pourrait être beaucoup plus visité et mieux placé sur les moteurs de recherche.
J’aimerais énormément y travailler avec vous et faire en sorte que votre site génère un meilleur trafic. N’hésitez pas à me contacter et je me ferai un plaisir de vous expliquer en détails ma démarche.
La gentillesse de ces deux personnes était telle que j’ai rapidement répondu à leurs propositions.
Bonjour,
je vous laisse avec plaisir augmenter la popularité de mon site, j’aimerais si possible avoir au minimum une centaine de milliers de visiteurs chaque jour.
Mon budget est nul, j’espère que cela ne vous dérange pas.
Dans l’attente de voir mes statistiques de fréquentation exploser je vous présente, Madame, Monsieur, mes meilleures salutations.
Je t’encourage vivement à répondre de même à ces personnes, leur gentillesse le mérite.
Que ce soit sur Internet ou dans la vie réelle, de nos jours tout combat est une guerre.
Il fût un temps où les guerres tuaient, un temps où ce simple terme évoquait la violence personnifiée.
A notre époque, deux mecs qui font de la prévention sur le bord d’une piste de ski est une guerre, une poignée d’informaticiens qui remplacent une page d’accueil sur un site étatique est une guerre.
Pas étonnant que l’armée ait toujours autant de succès.
Tout-le-monde se souvient de la faillite de Swissair en 2001, la compagnie helvétique a brusquement déposé le bilan, annihilant en un instant les retraites de nombreux employés.
De cette époque ne reste que quelques vestiges, gardés telles des reliques par des cafétérias de banlieue.
Ces quelques grammes de métal auraient pu être fondus et vendus sur les marchés internationaux, une aide financière non négligeable qui aurait surement pu participer à combler la dette de l’époque.
Kalimdor, les Royaumes de l’Est, l’Outreterre ou Norfendre, autant de continents virtuels richement fournis en aventures diverses et variées. Le monde d’Azeroth est un exemple parmi beaucoup d’autres, un monde imaginaire dont les propriétés physiques correspondent au notre (gravité, ciel, terre), avec toutefois quelques améliorations notable (pas besoin de manger ou de faire caca).
Septembre 2006, après un long voyage je débarque sur les terres d’Azeroth tel un touriste en mal de sensations fortes. Raté, tout me semble pareil et aussi chiant que dans le monde réel. Une araignée géante et très agressive me sort brusquement de mes constatations hâtives, elle sera ma première victime, pas la dernière.
Les mondes virtuels sont addictifs, on s’y sent bien et il est de ce fait difficile de les quitter. Les raisons principales en quelques points.
L’exhibitionnisme libre
Tu peux te balader en slibard n’importe où, les gardes ne te diront rien. Dans le monde réel essaie juste de te pavaner torse nu en plein centre-ville, tout le monde te regardera avec mépris, sauf si t’es une femme.
L’intolérance tolérée
Le racisme ne pause aucun problème, il est même encouragé, au même titre que toute autre discrimination physique. Tu peux te poser sur la place centrale de n’importe quelle capitale et traiter les Nains d’erreurs rachitiques de la nature, tu te feras peut-être gueuler dessus mais personne ne pourra légalement te reprocher quoi que ce soit.
Les religions concrètes
Les Dieux ne sont pas d’invisibles chimères sorties de l’imagination d’un hippie décédé des milliers d’années auparavant, ce sont des créatures existantes sous différentes formes physiques, et tu peux même leur foutre sur la gueule avec ton groupe de potes. Buter l’avatar du Mal personnifié c’est quand même plus sympa qu’un simple exorcisme ou tout le monde hurle et vomit du liquide vert.
La pierre de foyer
Imagine la situation : Tu es au bureau, la journée passe lentement, tu t’emmerdes comme un rat mort. Dans ta poche se trouve un petit caillou décoré d’une rune, tu le prends entre tes deux mains et te retrouve instantanément téléporté dans le bar de ton choix. Une merveilleuse invention que cet objet qui te ramène à ton auberge favorite, où que tu te trouves. Tu n’es plus jamais perdu, tu peux aller aussi loin que tu le désires, le retour au bistrot ne prendra alors que le temps d’une courte incantation.
La sexualité décomplexée
Elfes, Paladins, les individus entre deux sexes font partie intégrante de la population. Les plus pervers peuvent créer des Elfes femelles et passer des soirées à les regarder danser dans les clairières de Teldrassil. Un troupeau se rassemble en général assez rapidement autour, les personnages virtuels n’ont pas d’hormones mais les adolescents qui les contrôlent en débordent.
La reconnaissance
La caissière du supermarché te dit à peine bonjour? Le serveur du bar est trop occupé pour prêter attention à toi? Tu peux me croire, au moins quand tu débarques dans une taverne virtuelle l’accueil en vaut la peine. Après une journée passée à changer des cartouches d’imprimantes chez des clients chiants malgré ton doctorat en cybernétique, t’es bien content d’avoir un aubergiste qui te lance un « Salutations noble guerrier, soyez le bienvenu! » quand tu pénètres dans son établissement.
Les moyens de transports
Ta vieille Fiat Punto vient de perdre son pare-choc? L’essence coûte trop cher? Ton assurance auto a décidé d’augmenter sauvagement ses primes? Balance cette caisse moisie et utilise un bon gros dragon comme tout le monde. Tu peux t’en aller vers le soleil couchant au dessus de la banquise, ça te changera des embouteillages permanents du centre-ville.
La violence gratuite
Tu te balades tranquillement sur le dos de ton Raptor de combat en chantonnant le dernier tube de Zugstin Biberzül (un Troll prépubère avec une horrible frange), quand soudainement ta route croise celle d’une charmante Elfe en train de cueillir des pâquerettes. Tu peux lui faire douloureusement passer sa colonne vertébrale par le nez et repartir peinard, c’est aussi ça la beauté des mondes en guerre. Tu as même le droit de t’en vanter auprès des membres de ta guilde, ils te féliciteront.
La mort éphémère
La vie réelle n’a pas de deuxième chance, le moindre écart sur l’autoroute et ton âme se perd dans le grand néant inconnu. Dans les mondes virtuels il te suffit de retrouver ton corps pour t’y réincarner, et tu peux même te faire aider par des anges. C’est presque gratos et complètement illimité, même si tu es une sale Elfe dont la colonne vertébrale vient d’être extraite par un ennemi cruel qui passait par hasard sur son Raptor de combat.
L’argent facile
Gagner de l’argent est très simple, on te demande de buter quelques petites bestioles par-ci par-là de temps en temps. Parfois si tu veux te la raconter devant tes potes avec des récompenses somptueuses tu peux engager un monstre plus conséquent, l’avantage c’est que tu peux y retourner chaque jour car ces cons ressuscitent régulièrement. Ils se font ainsi buter indéfiniment, ne comprenant visiblement pas la technique de survie consistant à se barrer rapidement quand une équipe de malades armés jusqu’aux dents s’approche de leur résidence d’été.
Beaucoup de raisons qui font que de nos jours seuls les besoins physiques nous font quitter ces mondes merveilleux, alors qu’il suffirait de jouer sur la cuvette des chiottes avec des nutriments en intraveineuse pour ne plus avoir à supporter l’austérité du monde réel.
Nous autres Helvètes nous distinguons du reste de l’humanité par quelques points subtils dont l’énumération serait fastidieuse. En augmentant le grossissement de notre microscope on peut toutefois se pencher sur une partie plus précise de la population suisse, en l’occurrence les légendaires genevois, réputés de par le monde pour leur modestie et la qualité phénoménale de leurs gènes.
On peut donc d’une manière générale dire que tu sais que tu es à Genève quand…
Tu loues un trois pièces pourri pour deux-mille balles. Un flic t’indique poliment l’adresse du Quai 9 pour aller t’injecter le sachet d’héroïne que tu lui agite sous le nez. Tu entends parler en français dans la rue, et ça te surprend. Tu vois des affiches du parti politique local, et elles te semblent avoir été dessinées dans Word par un enfant manchot et aveugle. Tu veux te déplacer avec les transports en commun, mais ça te coûte moins cher de louer une voiture pour la journée. Tu te promènes sur les quais, et on te demande si tu cherches de la drogue tous les dix mètres. Tu veux prendre en photo ce légendaire Jet d’Eau dont on t’a tant parlé, mais il est éteint. Tu ne sais pas de quel côté les portes du tram vont s’ouvrir. Tu veux traverser la route au vert et sur le passage piéton, mais un cycliste te coupe la route, et t’engueule ensuite. Tu vois des mendiants qui font la manche devant les boutiques de luxe. Dans la rue tu vois des gens assez cons pour jouer au bonneteau. Ton café coûte aussi cher que ton repas. Le plat local n’est à priori pas la longeole genevoise, mais le kebab frites. Les propriétaires de chiens ramassent les crottes de leurs bêtes, puis les jettent dans une poubelle. Tu remarques que les horaires de bus sont juste décoratifs. Tu vois une patrouille de police qui s’arrête pour verbaliser une voiture mal garée, sans prêter attention aux dealers qui observent la scène juste à côté. Tu ne sais pas ce qu’est ce « Léman » dont parlent les autres suisses qui font allusion au Lac de Genève.
En voiture un mec te coupe la route et ça t’énerve, mais quand tu vois ses plaques 74 ou 01 alors tu comprends, et ça te rassure même un peu. Dans ta rue il y a au moins un immeuble entièrement bâché. Tu vois des soldats suisses qui longent les murs pour ne pas se faire caillasser. Une dame très polie t’aborde pour te demander si toi aussi tu entends des voix. Tu découvres des noms de lieux amusants tels que « Chantepoulet » ou « Cornavin ». En voiture, quand tu sors d’un embouteillage c’est pour immédiatement plonger dans le suivant. Le bus que tu veux prendre est à son arrêt, mais le chauffeur n’ouvre pas les portes pour te laisser monter. Tu veux faire des courses le soir, mais aucun magasin n’est ouvert. Tu remarques qu’il n’y a aucune poubelle, mais que curieusement les rues sont quand même propres. Tu demandes où est le plus proche magasin de montres et on te répond « juste derrière vous ». Les dix plus hauts monuments de la ville sont des grues de chantiers. Tu dois choisir entre t’acheter une glace au bord du lac, ou pour le même prix une nouvelle voiture. Les jeunes font des doigts d’honneurs aux véhicules militaires. En arrivant à la plage tu te rends compte que c’est en fait un banc de sable de quelques mètres carrés. Tu vois des affiches « visit Switzerland » et tu trouves les paysages jolis, comme si c’était un autre pays. L’arrêt de bus qui était pourtant là hier a encore été déplacé beaucoup plus loin. Ton assurance maladie est la plus chère du pays. Tu es obligé de postuler pour une cinquantaine d’appartements dans l’espoir de t’en voir attribuer un seul. Tu vois des plaques de voitures « ZH », « BE » ou « TI » et tu te dis « encore des étrangers! ». Tu croises des travaux, des tranchées et des barrières de chantiers dans toutes les rues, sans exception.
Tu aperçois un minaret qui surplombe la mosquée, alors que tu pensais que les moutons helvétiques les avaient interdits. Une connaissance te dit qu’elle est suisse et tu trouves ça incroyable qu’il y en ait encore. Tu dois sortir un billet de dix balles pour payer une heure de parking. Tu crois être à l’abri en Suisse, mais une explosion vient te sortir de ta rêverie. Tu cherches désespérément l’entrée du métro pourtant indiquée dans ton application-guide. Tu vois les gens s’énerver quand tu prononces le nom de « Kadhafi ». Tu commandes une bière au bar, et le serveur te répond qu’il ne parle qu’anglais. Tu veux te déplacer le long des quais et le seul moyen de transport disponible est un petit train solaire pour touristes. Tout d’un coup la moitié de la ville est fermée pour permettre à un président inconnu en visite de faire son footing. Tu passes devant l’ONU avec tes sacs de commissions, au milieu des manifestants. Chaque semaine on te demande de signer une pétition pour libérer quelqu’un dans un pays lointain. Les affiches de l’UDC sont toujours toutes déchirées, ou vulgairement annotées au marqueur. Tu lis sur les visages des touristes la déception de ne pas voir des vaches et des cors des Alpes au milieu de tous ces immeubles. Tu ne trouves pas de toilettes publiques. Les seules voitures qui osent emprunter les voies de bus ont des plaques françaises. Tu passes une heure à essayer de comprendre le fonctionnement du distributeur de billets de bus. Juste avant la récréation scolaire, les enseignants sortent en premier pour virer les dealers qui squattent le préau.
Mais surtout.
Tu remarques que pour un pays aussi discret que la Suisse, les habitants locaux ont une bien grande gueule.
Ayant récemment convolé en justes noces avec ma concubine et néanmoins talentueuse dessinatrice, je me permets aujourd’hui d’écrire ce billet qui te permettra d’en savoir un petit peu plus sur cette institution magique qu’est la cérémonie de mariage.
Sois prévenu d’emblée, tout ce que tu auras vu dans les films est de la science-fiction, dans la réalité rien (mais alors là rien du tout) ne se passe généralement comme prévu, les situations idylliques sont rares et à moins de se faire financer un mariage princier par les impôts du peuple il te faudra te contenter d’un évènement à dimension humaine.
Genre ça, tu oublies.
Si toutefois ta volonté est suffisante pour te lancer dans une telle aventure, écoute d’abord le récit de la mienne.
La première chose à faire est bien évidemment de fixer un budget. Munis-toi d’une feuille de papier et d’un stylo, estime un montant très large, note-le sur ta feuille puis rajoute un zéro à la droite de ce nombre. Ton mariage devrait te couter ceci.
Comme pour la grossesse et sa première échographie, tu te rendras vite compte que la priorité des gens dont tu dépends n’est pas la même que toi. Prenons au hasard ce sympathique fleuriste à qui tu as filé sept-cent balles, figure-toi que malgré ce montant faramineux il n’en aura absolument rien à carrer d’amener ses fleurs avec une heure de retard, c’est un jour comme un autre pour lui. D’ailleurs, il faut partir du principe que le Grand Architecte de l’Univers en personne fera tout pour foutre en l’air ta journée, du moins c’est l’impression que tu auras. Ton costard est épais? Il fera 37 °C à l’ombre. Tu te changes pour une chemise à manches courtes? Et voilà que subitement il se met à neiger, si si, en plein mois de juillet. Et la probabilité d’une invasion extraterrestre? Ne pense pas autrement, ce sera bien ce jour-là.
Que ce soit à la mairie ou à l’église, la cérémonie se déroule en général de la même manière, sauf que dans l’église le mec qui te parle d’amour n’a jamais touché une femme (majeure) de sa vie. Les mariés se disent oui, tout le monde applaudit, pleure ou vomit d’émotion. Puis vient le moment des discours, avec trois textes récurrents au choix :
1. Bisounours et la recette du bonheur : « Un soupçon de tendresse, une cuillère à café de rires, une mesure de bonne santé, et de l’amour à volonté, hi hi hi ! »
2. Le Petit Prince sous acide qui tripe sur un renard qui parle : « Et je n’ ai pas besoin de toi. Et tu n’as pas besoin de moi non plus. Je ne suis pour toi qu’un renard semblable à cent mille renards. Mais, si tu m’apprivoises, nous aurons besoin l’un de l’autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde. »
3. Le capitaine Hadock et son bateau qui ne doit pas couler, celui où tout le monde doit regarder et ramer dans la même direction, en prenant garde de ne pas chavirer malgré les remous des vagues de la vie. Mille millions de mille sabords !
La sortie de la mairie se fait sous les applaudissements et les bulles de savon, depuis que le riz a été banni pour des raisons d’éthique. On prend des photos par groupes suivant des thèmes précis, la famille du marié, la famille de la mariée, tous les hommes, toutes les femmes, tous ceux avec une cravate rose à pois verts, tout ceux avec de l’herpès, et cætera. À ce moment précis tu peux hurler ton désir de faire un photo avec uniquement les amis proches, puis voir qui vient vers toi, effet garanti.
Pour se rendre au buffet, le cortège de voiture klaxonnant met tout le village en émoi, particulièrement les parents locaux qui après trois heures de bataille on finalement pu voir s’endormir leurs marmots braillards pour la sieste de l’après-midi.
L’arrivée au buffet transforme tout invité en animal, tout le monde se baffre sans prêter attention à l’entourage. L’alcool coule à flot, suivant la même courbe descendante que le compte en banque des jeunes mariés.
Une fois que tout le monde a bien mangé vient l’heure du repas, pour changer, avec le discours habituel et obligatoire des mariés, entamé par le battement d’un couteau sur un verre à vin vide. N’essaie d’ailleurs pas sur un verre plein, je peux te dire par expérience que ça ne fait aucun bruit et que tu as juste l’air con. Et ne tape pas trop fort, c’est fragile, ce serait dommage d’éclabousser la robe de madame avec le contenu de ton artère radiale.
Il y a toujours un moment où un membre de la famille ou un ami produit un show public, cela peut par exemple être une série de diapositives humiliantes de toi adolescent avec ta coupe Mac Gyver, ce qui fera beaucoup rire toute l’assemblée, dont certains ne manqueront pas de signaler à quel point tu étais laid et disproportionné pendant cette période difficile de ta vie. Les chansons sont également à la mode, notamment « on vous souhaite tout le bonheur du monde » , interprété dans 843% des mariages ces dernières années.
La fin de la soirée s’approchera ensuite peu à peu, les plus futés ne manqueront pas de quitter la cérémonie quelques minutes avant le nettoyage final.
Retour à la maison, c’est le moment de la fameuse nuit de noces dont on te parle depuis ton adolescence, celle où toutes les folies sexuelles sont censées être exacerbées. Dans la réalité je vais te dire comment ça se passe : Tu poses ta tête sur l’oreiller et cinq secondes plus tard tu te retrouves dans un coma de stade quatre.
Et le lendemain tu te réveilles plus ou moins frais, marié, et surtout pauvre. Tes amis commencent à poster sur Facebook les photos de toi bourré en train de danser une chaude Lambada avec tantine Cunégonde, certaines vidéos arrivent, te faisant découvrir une poignée d’invités en train de se faire chier comme des rats morts dans le fond de la salle. Ceux qui n’étaient pas invités ne commentent pas ces images et te retirent de leur liste d’amis, d’autres te félicitent ou te disent qu’ils n’y croyaient plus, suivi d’un « lol » pour toute ponctuation.
Sache finalement que sur le moment tu ne te rendras compte de rien, mais rassure toi car les souvenirs seront toujours présents dans ta petite tête, pour le meilleur et pour le pire.
Il fût un temps où les relations sentimentales tumultueuses noircissaient des pages de papier dans les romans populaires. Aujourd’hui l’aspect romantique s’estompe, on vit en direct chaque moment intime de son entourage grâce à une des plus fantastiques inventions de l’humanité : Facebook.
Les fins de relations mouvementées annihilent toute retenue, les deux protagonistes semblent s’exprimer comme s’ils étaient seuls au monde, le résultat peut être parfois surprenant vu de l’extérieur, il suit toutefois un certain schéma régulier.
Prologue
Tu as toi aussi dans tes amis ce couple idéal, celui qui s’envoie chaque jour des messages d’amour mielleux sans aucune gêne apparente.
À ce stade chacun gère la lecture des statuts selon son niveau de tolérance à la douleur mentale. L’effet produit est similaire à celui qui consisterait à surprendre accidentellement son arrière-grand mère sous la douche, une sorte de gêne d’avoir pénétré l’intimité ultime d’une personne proche, accompagné d’un petit goût de bile qui remonte.
Mais tel le beurre au soleil rien ne dure jamais éternellement, et un jour…
Chapitre 1 – L’annonce
Tu remarqueras qu’il y a toujours une personne sensible pour cliquer sur « J’aime » , lançant ainsi les pires rumeurs.
On fulmine, on rumine, mais le sentiment prépondérant à cet instant précis est surtout une incompréhension générale.
Avec toujours cette même personne fidèle au poste qui, années après années, écrit régulièrement « ma belle » quand elle s’adresse à ses copines.
Chapitre 2 – Les témoignages à chaud
Les premières minutes qui suivent la publication officielle laissent souvent libre cours aux déjections hormonales, toujours de manière subtile cela va de soi. Les acteurs principaux laissent éclater leur joie ou leur désarroi avec le ton adapté à une telle situation.
En général les potes répondent rapidement, pour témoigner de leur virile solidarité. S’inspirant de nos exemplaires politiciens, certains n’hésite d’ailleurs pas à retourner leur veste de manière surprenante.
Le problème pour un couple qui vit en plein pêché biblique (en concubinage par exemple) c’est qu’un des deux doit se barrer rapidement de l’appartement. En effet, l’entente nécessaire à une cohabitation harmonieuse n’est plus vraiment au goût du jour.
Chapitre 3 – Les explications
La violence de la séparation passée de quelques heures (ce qui correspondrait à plusieurs jours dans le monde réel), l’ancien couple commence à expliquer les raisons de son explosion subite en laissant trainer quelques vagues indices.
Et là, tu commences à comprendre ce qui a causé cette terrible déchirure.
Heureusement nous sommes humains, et toute épreuve finit par passer.
Chapitre 4 – La reprise
Tout va bien dans le meilleur des mondes, du moins on essaie de s’en convaincre. L’abandonné (ou l’abandonnée) publie des messages encourageants, même s’ils donnent l’impression d’avoir été écrits suite à une injection directe de Prozac™ dans le cortex cérébral.
Parfois des citations célèbres sont évoquées, sans oublier d’indiquer son auteur, faux de préférence. Car sache-le vil païen, ce n’est pas Céline Dion qui a originalement prononcé « les derniers seront les premiers, et les premiers seront les derniers » .
Bref, tous cette confiture aux monologues continue de s’étaler paisiblement sur ta page d’accueil, jusqu’à ce que…
Et là, personne n’est à l’abri d’un retour de flamme.
Du coup, l’homme (ou la femme) volage commence à culpabiliser, il montre quelques signes de remords et l’annonce à son entourage.
Le plus difficile à cet instant est de résister à l’envie de bannir de ta liste d’amis cet enragé qui vient de t’insulter ouvertement, mais ce serait dommage de rater la fin de l’histoire.
Chapitre 5 – La vengeance
Il faut dorénavant s’y faire, ce couple charmant, amoureux et surtout utopique auquel nous étions habitués n’existe plus. Les douceurs verbales s’envolent pour laisser place à la haine pure, et dès cet instant, tous les moyens sont bons pour rendre l’autre jaloux.
On note en général une nette régression de la qualité éditoriale, cette personne que l’on croyait si mature se met soudainement à écrire comme un adolescent hormonalement déréglé, utilisant même parfois le très vomitif langage SMS.
Les annonces euphoriques fusent plusieurs fois par jour, donnant souvent la curieuse impression d’avoir été pondues sous antidépresseurs. Par le biais de son entourage l’intéressé tente visiblement de se convaincre lui-même de son propre bonheur à grand coup d’adverbes quantitatifs, avec si possible beaucoup de points d’exclamations. Il relate sa dernière « virée à moto trop trop trop bien » , une soirée passée avec « une fille trop trop trop bien » , le fait que « la vie est trop trop trop belle » et qu’il faut « vachement en profiter à fond » .
Des coups-bas sont de temps à autre utilisés, l’adversaire ne recule devant aucun obstacle pour atteindre son objectif, à savoir pourrir le moral (voire le nouveau couple) de son ancien amant.
Et des fois, ça fonctionne.
Ainsi, comme dans un conte de fées condensé, il arrive que tout finisse bien, ou presque.
Merci à tous mes « amis » de Facebook qui étalent chaque jour l’intégralité de leur vie privée sans la moindre pudeur, vous êtes ma muse. Kissous kissous à vous!
Images : Gombinoscope, sauf pour Brassens, ça va de soi.
J’ai récemment ressorti du placard un vieux livre de contes pour mioches crédules, une des histoires appelée « Les Deux Veuves » est suisse. La voici, du moins le début.
Si je voulais vous conter l’histoire du lac qui s’étend derrière notre village, il me faudrait rechercher au fond de ma gibecière magique le témoignage des Anciens que j’y garde profondément enfoui.
Tout le monde sait que les témoignages des anciens sont toujours cachés au fond des gibecières magiques, pour que ces cons de moldus ne puissent pas les trouver. D’ailleurs le mot « gibecière » est un code secret de magicien pour dire « sac », et « besace » ou « giberne » auraient été trop simples.
Ci-dessus une photo de gibecière magique fabriquée artisanalement par un lutin suisse-allemand.
Ces derniers affirmaient que depuis d’innombrables années les pèlerins pieux en route pour la Terre Sainte traversaient nos montagnes.
Alors qu’avec EasyJet on peut y être en quelques heures, ils sont trop cons ces pèlerins.
Habituellement, disaient-ils encore, ces pèlerins portaient sur leur dos de lourdes croix de bois et priaient avec ferveur, convaincus qu’après ce pèlerinage douloureux, leurs péchés leur seraient pardonnés.
Et que le Père Noël leur apporterait plein de cadeaux, dont la paix dans le monde et un ticket de loto gagnant.
Non vraiment, ils n’ont pas la lumière à tous les étages.
Nos gens offraient parfois à l’un de ces voyageurs le gîte et le couvert. Mais le plus souvent, ils ne le faisaient point par bonté de cœur, mais parce que l’on prétendait que celui qui accueillait l’un d’eux verrait entrer dans sa maison le bonheur et la paix.
Les contes pour enfants se basent souvent sur des faits réels, on croise ici le comportement typique de l’helvète moyen qui n’accepte d’étranger chez lui que s’il y a quelque chose de concret à gagner.
Un jour le bon nain Dagobert, qui habitait la ville voisine d’Erlebach, eut vent de ce fait. Comme il pratiquait la magie, il se changea lui-même en pèlerin pénitent et se mit en route avec une lourde croix afin d’éprouver la vraie nature des montagnards de son pays.
Si cet abruti de Dagobert avait consulté le site web officiel il aurait tout de suite vu qu’un téléphérique pouvait les transporter, lui, son cul et sa croix jusqu’au sommet.
En plus il y a au sommet un petit bistrot sympa qui accueille les pèlerins. Ils soignent même les ampoules au pieds et aux épaules (à cause des lourdes croix en bois portées, faut suivre un peu).
Il arriva le soir à une jolie ferme située sur une petite colline qui appartenait à une veuve riche, mais avare nommée Elsa. Ayant senti de loin une bonne odeur de pain cuit s’échapper de la maison, le pèlerin frappa timidement à la porte, et quand la maitresse de maison sorti la tête il lui demande humblement l’aumône d’une tranche de pain. « Je n’ai rien à te donner », rétorqua la veuve d’un ton rude.
L’accueil légendaire helvétique, ancré jusque dans les légendes du pays.
La veuve continua, « Rentre chez toi ou j’appelle l’UDC! Ah mais non attends, tu es suisse. Bon ben, je suis certaine que tu abuses de l’aide sociale, peux-tu dégager à tout hasard? »
Bon, je l’admet, j’ai inventé ce dernier passage.
Bref, la suite de l’histoire est consternante, la vieille avare s’en prend plein sa face et une généreuse voisine veuve et mère de deux-cent-soixante-sept gamins en bas-âge obtient une superbe récompense. La morale finale prononcée par Dagobert reste toutefois bien sage.
En vérité, quoique l’on fasse, on ne saurait jamais changer les gens cupides, même en les punissant.
Ce qui est totalement véridique, preuve en est avec nos braves banquiers locaux qui s’attribuent à nouveau des bonus colossaux à peine quelques mois après la fin de la crise financière qui a ébranlé la planète.
Ils ne vécurent donc pas heureux et n’eurent pas beaucoup d’enfants, car c’est ainsi que ça se passe chez nous.
Que ce soit ici ou dans la vraie vie, je me suis parfois retrouvé confronté à des hoplophiles farouchement opposés à l’initiative « Pour la protection face à la violence des armes » qui vise à retirer les fusils militaires et autres armes à feu des foyers helvétiques.
Parmi tous les arguments entendus et précieusement consignés au fil de mes discussions je me demandais (d’où le titre de ce billet) lequel pouvait être le plus absurde.
Je n’arrive pas à me décider, pourrais-tu m’aider?
Quel est l'argument pro-armes le plus grotesque ?
"Ce n'est pas l'arme qui tue" (46%, 53 Votes)
"Un suicidaire/meurtrier arrivera de toute manière à ses fins" (10%, 12 Votes)
"On souffre moins avec un fusil qu'avec une arme blanche" (32%, 37 Votes)
"Les criminels détiennent illégalement des armes à feu, pourquoi pas nous?" (39%, 45 Votes)
"Retirer les armes à feu ne fait pas baisser les meurtres et les suicides, les statistiques le disent" (23%, 27 Votes)
Total des votants : 116
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Le choix étant cornélien, tu as la liberté royale de voter pour deux arguments, mais pas plus.