Être un adepte du Public Pissing est de plus en plus compliqué de nos jours, ces connards de gauche fanatiques de salubrité suivent les traces d’Hitler en préparant une série de lois liberticides à notre encontre.

Car oui, je l’affirme fièrement, j’aime pisser en public! Je pisse partout depuis mes seize ans, dans les bars, dans les restaurants, au lit, dans mon bain.

L’autre jour dans un bistrot, après un bon repas bien arrosé je me suis mis à uriner sous la table, vous allez trouver ça dingue mais le blaireau de la table d’à côté a osé me gueuler dessus, comme quoi sa veste avait épongé ma pisse. Bientôt ça va être ma faute, il n’a qu’à aller ailleurs ce con. Nous autres pisseurs publics sommes de plus en plus stigmatisés, les publicités vantant les bienfaits du soulagement immédiat sont retirées les unes après les autres, c’est vraiment n’importe quoi, la société se ferme de plus en plus comme une vieille moule agonisante.

Si ça se trouve on devra bientôt carrément aller pisser dans des… comment ils appellent ces merdes… des « pissoirs ». Tous les pisseurs enfermés dans des pièces étanches, comme au zoo, nan mais vous imaginez le truc? On est pas des animaux bordel! Nous sommes des êtres humains avec un léger vice dont la nocivité n’est d’ailleurs actuellement pas prouvée, au contraire, le docteur Vladimir Zargenshko de l’hopital de Kiev vante même les avantages de notre pratique, c’est dire.

Nos détracteurs n’ont décidément ni respect ni égards pour nous, ils me font pitié avec leur prétendue « insalubrité passive » , vaste farce non scientifiquement fondée. Ces prohibitionnistes sectaires dignes du IIIème Reich sont une plaie pour nos libertés individuelles.

Tiens heureusement, l’autre jour je suis tombé sur une association locale qui milite pour le droit de pisser partout et sur tout le monde, ils ont même sorti des autocollants à l’attention des cafetiers, j’en ai mis un sur le pare-choc de ma bagnole (dans laquelle j’aime bien pisser de temps à autre).



Pour contrer la loi anti-pisse en préparation ils viennent d’ailleurs de lancer un référendum nommé « Halte aux Interdits » , afin que nous puissions continuer à uriner librement où bon nous semble. On se battra jusqu’au bout pour faire valoir notre droit à l’épandage!

Pour la petite histoire, j’étais hier dans un restaurant en train de faire mes besoins sur les restes de mon plat du jour, le gérant m’a apporté ladite pétition et je peux vous dire que je n’ai pas perdu de temps à la lire avant de la signer. Le couple de la table d’à côté a par contre refusé, en mentionnant au passage qu’un peu de mon urine avait giclé dans leurs assiettes et sur leurs cheveux, encore des coincés fachistes.

Vous verrez qu’un jour toutes nos libertés auront été anéanties, ça commence par l’interdiction de pisser sur les autres et ça va finir avec quoi… le retrait des armes à la ceinture?

C’est vraiment du gros n’importe quoi cette société antilibérale. En plus mes fringues puent la clope, cons de fumeurs. ,    Imprimer Imprimer   
Cela faisait un bon moment que j’étais entré dans cette file d’attente, devant moi une demi-douzaine de personnes attendaient patiemment leur tour, guettant avec envie l’avant de la procession. Dans un moment je serai moi aussi en tête queue, mais je n’aurai alors ni égard ni regard envers celles et ceux qui me suivront, une fois en tête de convoi je serai le héros, celui dont tout le monde envie secrètement la place. Mon sillage aura alors été repeuplé entre temps, il regorgera de pauvres hères qui devront attendre l’inéluctable avancée de la colonne, c’est notre lot à tous.

Malheureusement pour l’instant je ne suis rien d’autre qu’un pion dans ce cortège populaire, n’importe quelle personne extérieure pourrait facilement me juger démuni et sans le moindre dessein. Mais je vaux bien plus que cela car à l’inverse des autres passagers de ce train humain je possède un terrible avantage : Je sais précisément ce que je veux. J’observe autour de moi et je m’imagine être le seul dans cette situation, les autres ne sont que des visiteurs instables, ils n’ont ni ma pertinence ni ma capacité préventive.

Plus qu’une personne devant moi, mon destin s’approche à grand pas. Bientôt il me sera révélé, ma patience sera récompensée, le prix de l’effort me sera remboursé.

Mon prédécesseur quitte la place, c’est à moi. Je suis le nouveau roi de la rangée. Une personne en uniforme m’adresse la parole, je lui répond sans tarder. « Un menu Big Mac, pour emporter s’il vous plaît. » 
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Gérard Chipolou et Bernard Cassadou avaient grandi ensemble, le village entier les considérait comme des frères, bien que ce ne soit pas le cas. En tout cas pas officiellement, en vérité Bernard ne savait pas qui était son père et il n’était pas impossible que madame Cassadou ait fricoté dans la paille avec monsieur Chipolou lors de la fête des vendanges de 1971.

Les deux comparses avaient une multitude de centres d’intérêts en commun : la chasse, la pêche, la bière, le football et les gros 4×4. Ils avaient d’ailleurs emménagés ensemble afin de faciliter leur relation virile et fraternelle, entrainant ainsi un bon nombre de ragots dans les rues étroites du village. Ils étaient souvent victimes de railleries, mais chacun défendait ardemment sa position hétérosexuelle selon ses moyen intellectuels, « On est pas des gros pédés qui s’enculent tudieu! » . Leur maison ressemblait plus à un musées dédié à la culture beauf qu’à un foyer familial, animaux empaillés et pyramides de canettes décoraient l’intérieur d’une manière choquante pour le novice qui avait l’honneur de pénétrer dans l’antre. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’ils étaient tous deux célibataires depuis un bon nombre d’année, laissant dans leur sillage rural quelques femmes et enfants privés de leurs pères présumés.

Chacun vivait de sa petite rente d’invalidité, elle suffisait à peine à payer la vinasse et les munitions mais Bernard et Gérard s’en contentaient. Ils se rendaient deux ou trois fois par mois en forêt pour braconner un lièvre ou une plus grosse bête, histoire d’ajouter un peu de viande à leur menu. L’Homme face à l’animal, une confrontation légendaire, un duel historique, une bataille épique durant laquelle le traqueur peut sentir l’adrénaline d’un combat qu’il faut à tout prix remporter. L’honneur du chasseur était à son paroxysme lorsque la balle pénétrait la chair de ces dangereux herbivores.



Leur boite aux lettres était une caisse de munitions vide munie d’un trou effectué rapidement avec la ponceuse Bosch de Gérard, elle restait désespérément vide au fil des jours, ne servant surtout qu’à recevoir factures et pensions. Aussi ils furent fortement surpris lorsqu’ils y découvrirent une lettre soigneusement emballée, scellée à la cire comme dans les films débiles du mardi soir à la télévision.

Chers amis des animaux,
Le Duc de la Bétavière est heureux de vous convier à une partie de chasse en son domaine le samedi qui suivra réception de cette missive.
Un chauffeur viendra vous chercher de bon matin aux portes de votre domicile. Nous vous fournirons tout l’équipement nécessaire sur place, venez sans autre.
Amicalement.
Cornelius de la Bétavière


Bernard laissa éclater sa joie, « Non’d'diou l’Gérard! On va enfin s’payer une bonne partie d’chasse aux frais du Duc! » . La nuit de vendredi fut longue, difficile de trouver le sommeil lorsque l’ont attend un évènement aussi important.

Le réveil du samedi fut brutal, un klaxon résonnait dehors depuis quelques minutes. Le chauffeur était en avance, c’est donc habillés rapidement que Bernard et Gérard entrèrent dans la limousine qui les attendait devant la porte de leur fermette. Le trajet dura plus d’une heure, le domaine du Duc était extrêmement vaste et il fallait rouler longtemps et à vive allure pour arriver en son centre, lieu où s’élevait la résidence somptueuse de ce mégalomane localement célèbre.

Bernard et Gérard descendirent de la voiture et entrèrent dans une immense antichambre, une dizaine de personnes vêtues de cuir se tenaient debout, armes à la main. En leur centre un homme fier leur adressa la parole. « Enfin voilà nos deux derniers hôtes, soyez les bienvenus messieurs, nous n’attendions plus que vous pour commencer! » . « Ouais désolé du retard m’sieur, on pensait pas que ce serait si tôt. » dit Bernard. Le Duc les rassura rapidement, « Ne vous en faites pas, cela nous à laissé le temps d’établir notre stratégie de chasse. » . Gérard agacé demanda « Ouais mais du coup on la connait pas, faudrait nous l’expliquer hein quand même. » . La dessus le Duc répliqua sarcastiquement, « La stratégie est simple mes amis : Vous êtes notre gibier, nous vous laissons dix minutes d’avance. » , provoquant ainsi l’hilarité générale des convives ainsi que la consternations de Bernard et Gérard. Le Duc poursuivit « Le temps passe, je vous conseille de vous mettre à courir de suite. » , puis d’un geste sec il arma son fusil.

Bernard et Gérard sortirent de la maison en courant, plus personne ne les revit au village. Mais on raconte que dans la demeure du Duc de la Bétavière il y aurait deux trophées de chasse quelques peu macabres au dessus de la cheminée.    Imprimer Imprimer   
C’est un beau matin d’été que tout a commencé, l’Unité Droitiste Capitaliste (célèbre parti politique auquel j’adhère) avait publié une bien curieuse nouvelle sur son site Internet.

Un plan secret contre le conseiller fédéral Rocher
Il existe un plan secret visant l’éviction d’Adolph Rocher du Conseil fédéral. Nous sommes en mesure d’affirmer qu’un contingent d’extraterrestres à priori gauchistes fomentent un complot machiavélique bien à l’abri dans leurs soucoupes volantes. Notre source indique également que ces aliens recevraient une aide précieuse de certains Terriens collaborateurs membres du Parti Socialiste.

Lors des dernières élections au Conseil fédéral, nombre de parlementaires ont voté pour Adolph Rocher dans le but de le neutraliser. Leur but était évidemment d’affaiblir l’Unité. Mais c’est le contraire qui s’est produit. L’Unité a gagné durant ces douze derniers mois des votations aussi importantes que celles sur la loi d’exclusion des étrangers, la loi sur la discrimination légale des homosexuels et la 134ième révision de l’AI.

Voter pour Adolph Rocher c’est garantir à la Suisse l’arrêt de l’invasion d’aliens gauchistes.


La majorité de la population a immédiatement cru à une farce. Moi pas. Mes amis en riaient, je faisais de même afin de ne pas éveiller de soupçons, il fallait jouer leur jeu pour mieux les combattre par la suite. Infiltrer l’ennemi, voilà une technique militaire reconnue et approuvée par notre conseiller fédéral et néanmoins fin stratège Manuel Schwitz (Dieu le bénisse).

Un tel complot se devait d’être puni, comment ces saloperies d’aliens puants (et gauchistes) pouvaient ils oser faire ça? Je les imagine parfaitement, ricanant sournoisement autour d’une table pendant qu’ils recherchent un moyen de nous déstabiliser. Ah ça, ils doivent bien rire dans leur soucoupe, qu’ils en profitent. Heureusement l’Unité Droitiste Capitaliste peut compter sur mon soutien inconditionnel dans cette lutte pour la survie de notre démocratie. Non seulement je vais voter pour eux, mais en plus je vais faire leur promotion, je vais ouvrir un blog afin d’expliquer mes points de vues et les raisons qui me poussent à les soutenir.

Quelques jours plus tard j’ai aperçu un article intéressant dans un grand quotidien local, l’Unité avait créé un stand d’information dans les rues basses de la ville et un forcené a cru bon des les insulter. La police est arrivée et a mis un terme à cette triste affaire. Dire que j’allais croire ce que je lisais, heureusement l’Unité a immédiatement publié sa version des faits sur son site web.

Terrible attentat contre notre parti
Le 15 septembre 2007, à l’instar d’autres partis politiques ou organisations, l’Unité Droitiste Capitaliste a tenu un stand électoral place du Molard, à Genève. Ce type de communication avec le public relève de la liberté d’expression. Vers 16h00, notre stand s’est fait agresser par plusieurs milliers de personnes, organisées, menées et excitées par un communiste faisant preuve d’une rare violence, tant verbale que physique. Jets de projectiles divers (grenades, enclumes), insultes, crachats, destruction de matériel ont caractérisé cette agression visiblement planifiée par certains de nos adversaires politiques de gauche. Ainsi douze de nos membres ont étés tués et leurs corps emportés à bord de soucoupes volantes. La démocratie de notre patrie a été mise en danger par cet acte d’une rare barbarie, nous remercions les forces de l’ordre d’avoir pu arrêter le carnage à temps.


Incroyable. La manipulation des médias est donc sans limite? Dire que je m’apprêtais à croire les inepties écrites dans le journal. Dorénavant je ne ferais confiance qu’aux nouvelles certifiées par l’Unité. Comment la population pouvait-elle être aveugle à ce point? N’y avait-il donc que moi qui avait les yeux ouverts? Je me sentais bien seul, conforté dans ma position. Fort heureusement quelques jours plus tard un nombre incalculable d’affiches avaient été placardées sur les murs de la ville. « Dehors les bamboulas! » clamait le slogan. On y voyait des noirs dans la savane en train d’effectuer une danse à priori tribale, le tout signé du joli logo de l’Unité Droitiste Capitaliste. Je ne pourrais dire exactement ce que j’ai ressenti sur le moment. C’était un mélange de plaisir, de satisfaction, et surtout l’impression de ne plus être seul. D’autres personnes pensaient comme moi, j’étais en groupe.

Les réactions de toutes parts ne se sont pas faites attendre, d’une seule voix la quasi-totalité des partis ont condamnés ces affiches qu’ils jugeaient (tenez-vous bien) racistes. Non mais franchement, c’est n’importe quoi. C’est vrai que si on éjectait les noirs la Suisse irait quand même vachement mieux, mais de là à dire que c’est du racisme… Un des membres de l’Unité a publié une explication éblouissante sur son blog.

Halte à la stigmatisation
Encore une fois nos adversaires de gauche perdent les pédales (et Dieu sait, nous détestons les pédales presque autant que nos adversaires). Nous publions une affiche incitant les jeunes aux voyages festifs et voilà qu’on nous traite de racistes. Le terme « bamboula » est employé comme synonyme de « fête » , nous demandons aux gens d’aller faire la fête à l’étranger, c’est pourtant clair. Penser que notre affiche véhiculait un autre message est quand même une belle preuve de mauvaise foi. Nous sommes des victimes persécutées, l’humanité entière et même les extraterrestres nous stigmatisent.


Ah ouais, je l’avais pas compris comme ça. C’est vrai que ce n’est pas raciste après tout. J’ai tout de suite ressenti de la pitié pour ce brave gars, heureusement qu’il était là, tout seul je n’aurais peut-être pas saisi le vrai sens de cette affiche.

Décidément, l’Unité Droitiste Capitaliste (appelée aussi parfois par son acronyme) mérite ma voix et ma confiance aveugle. Quoi qu’ils puissent dire par le futur, j’approuverai leurs choix et boirai leurs paroles comme du petit lait. Avec eux l’humanité Suisse sera sûrement enfin débarrassée de ces saloperies d’aliens criminels et profiteurs.
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ThemisMon nom est Bernard Dubrovnick, je suis avocat. Ma famille travaille pour la célèbre étude Dubrovnick & Cie depuis de nombreuses générations. Nous représentons le droit moderne depuis que ce mot existe, nous sommes la référence légale pour un grand nombre de personnalités de la Haute Société. J’ai vu passer les pires criminels, entendu les histoires les plus abominables, défendu ou attaqué des voleurs, des violeurs, des assassins, des animaux. Je suis rôdé, je suis à toute épreuve, rien ne m’arrête, je suis le Gérard Majax du barreau, le Patrick Bruel du Palais de Justice, celui qui vous sort le brelan d’as au moment où la partie adverse a misé jusqu’à ses couilles. Je fous à poil tous mes adversaires, pas un seul procès perdu dans la famille depuis des lustres. Même grand-papa avait réussi à faire sortir un pédophile de taule sous prétexte que sa victime était consentante, c’est dire la puissance suprême qui nous anime, nous, les Dubrovnick. Mon nom ne vous fait pas peur? Pas grave, ça va venir. Nous sommes indestructibles, mais pourtant…

Aujourd’hui j’ai peur, je sens que ça va merder. On m’a confié une sale affaire, une ordure de la pire espèce. Le monstre de base pour qui la peine de mort ou l’internement à vie ne suffirait pas. Ils ont parlé de rétablir la torture et la castration physique juste pour ce mec, c’est dire. Je suis sur ce dossier depuis quelques semaines, et bordel on peut dire que le temps passe lentement quand on ne dort plus la nuit. Non mais franchement, comment je vais pouvoir défendre cette chose, cette bête qui répugne tout son entourage.

Pascal Boguet, c’est son nom. Je ne suis même pas certain qu’on puisse le qualifier d’humain, dommage qu’on ait pas de terme neutre en français comme le « it » anglais ou le « das » allemand, ça lui conviendrait mieux. Dire qu’il y a à peine dix ans cette sous-merde n’aurait eu aucun problème, heureusement qu’ils ont voté ces nouvelles lois anti-débordements, ça me donne envie de gerber rien que de penser qu’il pourrait retourner dans la nature. Je dois pourtant défendre ce déchet, c’est mon métier, je suis avocat. De toute manière il va en prendre au minimum pour un demi-siècle, ça lui apprendra à faire le con avec la législation moderne. Dire qu’il aurait pu passer entre les mailles du filet, heureusement que son employeur l’a dénoncé à la justice. Faire ça sur son lieu de travail non mais j’vous jure, il a tué la confiance que ses supérieurs avaient placée en lui, il s’est grillé tout seul ce con.

Tiens justement, j’ai le dossier sous les yeux. « Affaire P. Boguet – avril 2014 – Utilisation d’internet à des fins personnelles » .

Quel monstre!    Imprimer Imprimer   
Vous êtes Georges Buisson, un être magique issu de l’accouplement d’un chasseur Troll et d’une chèvre sauvage. Votre mission sera d’apporter paix et prospérité aux Terres féériques d’Aremica, votre patrie bien aimée (que Dieu la protège). Vous n’êtes heureusement pas seul dans votre mission divine, Vos fidèles animaux serviteurs de compagnie Brousse-Chêne et Tony-la-Belette vous accompagnent dans votre quête, dans cette histoire dont VOUS êtes le héros!

Vous marchez dans la forêt de Vache-Hilton quand un Orc socialiste vous barre le passage. Pour tuer cette sous-merde gauchiste rendez-vous en 1, pour tenter de l’amadouer avec des paroles ridicules rendez-vous en 2.

- 1 -

Tony-la-Belette rampe à vos pieds, portant votre épée de foi Godpowa sur son dos. Tirez un dé à six faces. Si vous faites 1 ou plus alors vous gagnez (rendez-vous en 3), sinon vous avez triché, rendez-vous en 4 pour en subir les conséquences.

- 2 -

Vous commencez à parler à l’Orc mais vous vous rendez vite compte qu’il emploie un langage démoniaque hors de votre portée intellectuelle. Vous saisissez quelques bribes phonétiques telles que « pauvres » ou encore « solidarité ». Vous décidez finalement de lui exploser la gueule. Rendez-vous en 1.

- 3 -

Vous levez votre épée et fracassez la tête de l’Orc en hurlant « Meurs, mécréant socialiste! » . Vous videz les poches du cadavre et décidez d’investir cet argent dans votre campagne contre le mal. Brousse-Chêne vous félicite et vous lance alors «  Maître, j’ai une information qui vous intéressera sûrement. J’ai entendu dire que les hérétiques dirigeants des contrées désertiques de l’Iraïque possédaient un élixir de puissance qui leur permettrait de gouverner le monde. Ils tirent cet élixir du désert et le revendent à prix d’or aux pays voisins. » .
«  Diantre! » criez-vous, «  Il nous faut ce produit! Allons montrer à ces païens de quel bois se chauffe le grand Georges Buisson! » . Si vous désirez lever une armée pour aller voler les ressources d’un pays qui ne vous a rien fait rendez-vous en 5, si vous ne voulez pas être responsable du massacre de milliers de civils innocents rendez-vous en 6.

- 4 -

Votre compétence est reconnue par le peuple et vous devenez président de l’Aremica à vie. Votre histoire s’achève ainsi dans un harem de luxure, entouré par une horde de lèches-culs hypocrites.

- 5 -

Vous vous rendez dans la grande ville la plus proche et vous placez debout sur une fontaine en plein centre de la place publique. Vous criez alors votre annonce de recrutement. «  J’ai besoin de pognon alors vous allez tous aller en Iraïque vous faire buter, vive l’Aremica notre patrie! » . La foule en délire vous acclame et décide de vous faire entièrement confiance, votre armée est à présent prête à envahir ce pays inconnu. Vous vous renseignez de l’endroit où il se situe et envoyez vos troupes conquérir votre fortune. Tirez un dé à 6 faces et multipliez le résultat par 10, ce sera le nombre de soldats que vous avez perdu. Ils ont droit aux honneurs de leur sainte patrie l’Aremica (que Dieu la protège). Tirez un dé à 6 face et multipliez par 10’000, ce sera le nombre de civils tués, mais ceux-là on s’en fout.
La guerre commence à vous coûter cher, si vous décidez d’aller cambrioler des écoles et d’autres institutions publiques alors rendez-vous en 7, sinon rendez-vous en 8.

- 6 -

Ha ha! On aurait presque cru que vous aviez une morale petit chenapan. Allez, filez en 5 pour sulfater un peu la gueule de ces mécréants.

- 7 -

Vos soldats dévalisent les caisses publiques, vous prenez un peu d’argent au passage et finissez par être assez riche pour construire un grand panneau « FUCK » que vous placez sur orbite afin que le monde entier sache ce qu’il représente à vos yeux. Vous avez finement joué la partie dans un intérêt louable d’enrichissement personnel. Rendez-vous en 4 pour l’épilogue.

- 8 -

Vos fidèles serviteurs Brousse-Chêne et Tony-la-Belette vous traitent de tafiole, face à une telle argumentation vous décidez d’abandonner toute morale. Rendez-vous en 7 pour piller dignement les établissements scolaires.
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Cent années s’étaient écoulée depuis la fin de la dernière guerre mondiale, pourtant chaque année des milliers de citoyens étaient encore et toujours contraints de se rendre en caserne afin d’y suivre un entrainement militaire forcé. Le réel rôle de l’armée était perpétuellement remis en cause par la majorité de la population mais quelques conservateurs accrochés au pouvoir maintenaient et défendaient farouchement cette tradition obsolète.

Lorsque le dernier d’entre-eux mourut il fallut alors se rendre à l’évidence, toute cette mascarade rituelle n’avait plus lieu d’être. Le Conseil Fédéral décida ainsi de porter un coup fatal à l’armée suisse en mettant un terme à cette obligation immorale. Le principe indécent du citoyen-soldat allait finalement crever en silence.

C’est à ce moment précis que les Telliens, un groupuscule armé, décida de sortir de l’ombre. Aboyant leur amour du treillis et des armes ils se regroupèrent afin de contrer la décision des Conseillers qu’ils jugeaient arbitraire. Leur bannière affichait un Guillaume Tell tenant fièrement son arbalète sur fond de drapeau Suisse, un symbole archaïque pour une idéologie à priori du même âge. Les premiers jours ils manifestèrent sur le parvis du Palais Fédéral, armes chargées à la main. Tirant de-ci de-là quelques coups de feu afin d’assurer leur autorité ils finirent par abattre accidentellement un journaliste. Le coupable fut emprisonné mais les protestataires ne comptaient pas s’arrêter pour autant, ils revendiquaient le droit d’accès à leur sport favoris.

L’Etat ne pouvait décemment pas se permettre de laisser les citoyens exposés à un tel danger terroriste. Un des conseillers fédéraux émit alors une idée et elle fut immédiatement validée par la totalité des sept voix. On allait construire la plus grand arène de combat jamais édifiée sur Terre, et tous les militaires et autres psychopathes pourraient tranquillement se foutre sur la gueule sans générer le moindre danger pour la population civile. On fit appel aux meilleurs ingénieurs, toutes les entreprises de construction du pays se partagèrent le gâteau. Une région montagneuse fût choisie au nord-est de Thoune, une ancienne caserne désaffectée allait servir de centre névralgique à l’ensemble. Un concours fût organisé afin de trouver un nom à l’édifice, parmi les milliers de propositions le peuple n’en garda qu’une seule : L’Arène Helvétique. On élimina donc les propositions des Telliens (« La Gloire des Armes » , « Le Lieu de l’Honneur » , « Les Champs de la Splendeur » ) et des antimilitaristes (« Le Cirque de la Déchéance » , « La Fosse aux Cons » ).

Il fallut une année entière pour construire la palissade monumentale qui entourait le champ de bataille. Haute de plusieurs dizaines de mètres, longue d’une centaine de kilomètres, elle interdisait à quiconque d’y entrer ou d’en sortir. Sa structure était tellement énorme que certains astronautes prétendaient la voir depuis l’espace. Il avait été prévu d’y catapulter chaque semaine de nombreuses palettes contenant les combattants volontaires ainsi que des armes, des munitions, des habits et des denrées alimentaires.

Champ de bataille


L’inauguration eut lieu un jour pluvieux, le président coupa un ruban symbolique devant l’aire d’envol qui allait emmener les premiers guerriers de l’autre côté. De nombreuses personnes en tenue de camouflage faisaient impatiemment la queue, armes en mains. La catapulte géante fonctionna à plein régime de nombreuses heures avant la première accalmie, tous les forcenés du pays étaient maintenant de l’autre côté du mur, on y entendait déjà quelques coups de feu claquer, leur guerre avait commencé.

Les journaux félicitèrent l’évènement, on avait enfin trouvé la solution aux problèmes centenaires qui divisaient civils et soldats, l’armée avait enfin été séparée du peuple. Certains pays riches avaient même suivi l’idée en construisant leurs propres arènes, la France par exemple avait même imité jusqu’au nom en nommant la sienne « L’Arène Gauloise ». Certains pays plus pauvres avaient passé un accord avec le gouvernement suisse, c’est ainsi que des milliers de combattants étrangers avaient été parachutés dans l’Arène Helvétique. Un hélicoptère tenta de survoler la région afin de rapporter quelques images chaudes mais il fut immédiatement abattu par un grand nombre de tireurs territoriaux, l’Etat promulgua rapidement une loi sécuritaire interdisant le survol de la zone.

De nombreuses années de quiétude passèrent ainsi et l’on remarqua peu à peu une certaine baisse des coups de feu de l’autre côté, pourtant la fréquence d’envoi des munitions n’avait pas changé. Ainsi quelques jours avant le huit-centième anniversaire de la Confédération, l’Etat décida d’envoyer un émissaire voir ce qui s’y passait. Ce courageux volontaire portait avec lui une caméra qui allait retransmettre en direct les premières images de l’intérieur de l’Arène depuis plus de quarante années d’existence. Il fut catapulté, solitairement accompagné de quelques conserves. Les images qu’il ramena firent le tour de la Terre.

Le mur intérieur était criblé de balles mais son épaisseur lui garantissait une solidité suffisante, la végétation environnante avait été ravagée par les tirs incessants de ces dernières décennies. Quant à la faune, elle avait tout simplement disparu, tuée ou enfuie par les airs. Des cadavres en décomposition jonchaient le sol, les quelques oiseaux carnassiers de la région n’osaient même pas s’aventurer ici. Le volontaire commençait à faire dans son froc, les caisses de ces dernières années n’avaient même pas été ouvertes, qu’est-ce qui avait bien pu se passer? La réponse allait lui apparaitre au détour d’un rocher, il vit d’abord une ombre, puis un homme, un homme nu comme un ver. D’autre se montrèrent, intrigués par la caméra. C’était plus qu’un simple groupe, c’était une tribu entière. Plus loin, des corps mutilés, un homme en mangeant un autre, découpant la chair humaine d’un coup maladroit de pierre taillée. Des animaux, voilà ce qu’ils étaient devenus.

On vit vaguement une pierre arriver sur l’objectif de la caméra, l’image retransmise s’arrêta nette pour faire place à une nuée de parasites hertziens. Depuis ce jour plus rien n’entra dans les arènes du monde entier, elles finirent par engendrer des contes terrifiants pour les enfants mal élevés. Certains promeneurs prétendent encore aujourd’hui entendre des hululements de l’autre côté des murs, mais personne n’oserait aller vérifier.

Donnez une arme à un humain, il finira animal.
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Salle de réunionPratiquement personne n’avait remarqué l’arrivée de Mr Dubrovnik, notre nouvel IT Analyst Business Manager. Il avait donc pris soins d’organiser une petite séance informelle afin d’attirer notre attention sur les changements radicaux (selon ses termes) qu’il allait apporter à notre département, outre le renommage traditionnel du service cela va de soi.

Les néons qui éclairaient la salle de réunion répandaient leur froideur comme la lumière glaciale d’un réfrigérateur, un frisson entama son trajet dans mon échine et arriva au terme de son voyage lorsque Mr Dubrovnik s’imposa.

« - Madame Sauerkraut! » cria-t’il.
« - Mademoiselle! » répondis-je machinalement sous les sourires pervers de mes collègues.

Les présentations étaient maintenant faites, il ne voulait pas se faire marcher dessus, moi non plus. Il se contenta de me dévisager, un sourire au coin de sa bouche.

L’habitude gagna rapidement du terrain, Mr Dubrovnik organisait ses réunions de travail de manière rituelle, parfois même lors de nos pauses repas. Je me rappellerai avec horreur cet horrible dîner où nous nous sommes retrouvés en tête à tête suite à l’absence injustifiée d’un de nos développeurs.

La révélation eu lieu un soir alors que nous participions à une de ces séances post-travail, Mr Dubrovnik nous avait tous gardés quelques heures afin de nous parler de son nouveau concept de brainstormed cynergy production. Tous les participants morts de fatigue étaient déjà partis et je me suis donc retrouvée seule avec notre boss.

« - Je me pose des questions sur nous et j’aimerais qu’on en parle. » me dit-il tristement.

Je ne me souviens plus vraiment de ma réponse, mais elle devait ressembler à quelque chose comme « - Quoi? » .

Il reprit. « - Cela fait maintenant plusieurs mois que nous nous retrouvons après le travail, j’apprécie vraiment ces moments où nous sommes enfin seuls. L’autre jour cependant lors de notre repas en amoureux tu m’as semblée distante, on aurait dit que tu ne pouvais pas faire abstraction de ton travail. J’aimerais beaucoup que nous ne mélangions pas notre vie privée et professionnelle. » 

« - Que… » , mais il ne m’a pas laissé le temps de finir et continua.

« - Je suis désolé ma chérie mais nous ne pouvons pas continuer comme cela, j’aurais tellement voulu rentrer ce soir à la maison avec toi, mais ce n’est maintenant plus possible. Tout est fini entre nous, pardonne-moi! » .

Et c’est sous mon regard sidéré que Mr Dubrovnik quitta la salle de réunion, les larmes aux yeux. Plus personne ne le revit et pour cause, il s’était fait muter au service de comptabilité, pour des raisons personnelles m’avait-on dit.

Quelques semaines plus tard alors que je vaquais dans les couloirs de l’entreprise, je cru reconnaître une voix derrière une porte. Dans la petite salle de réunion du deuxième étage Mr Dubrovnik bafouillait quelques mots à la secrétaire-comptable.

« - Je me pose des questions sur nous et j’aimerais qu’on en parle. » .
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Chiottes« Je vous offre le double de votre employeur actuel! » m’avait-il dit, avec une offre comme celle-ci je ne pouvais quand même pas refuser la place. En plus j’avais enfin le treizième mois et quelques stock options pour appuyer mon implication dans la bonne marche de l’entreprise. La tête de rat du recruteur des ressources humaines aurait pourtant du me mettre la puce à l’oreille, une boite qui t’offre de telle prestations, y’a forcemment une couille dans le potage. J’ai signé machinalement en bas de page, me disant que j’allais enfin pouvoir changer du régime M-Budget que j’avais à subir depuis trop longtemps.

Le premier mois tout s’est bien passé, je me suis fais un bon pote en la personne de Jacques, le coursier de la boite. Et puis un jour il n’est plus venu travailler, plus de nouvelles. Quand j’ai questionné d’autres collègues il me semblait qu’ils évitaient le sujet avec une certaine peur dans le regard.

Le mois suivant c’est mon chef de service Alphonse qui disparut. Au détour d’un couloir j’ai pu surprendre quelques conversations et saisir quelques bribes de phrases émises un peu trop fort. Je reconnnus quelques mots comme « chiottes » ou « fâché » avant le noir complet de mon évanouissement. On m’avait frappé derrière la tête.

Mes yeux s’ouvrirent sur la cuvette des chiottes, elle me regardait fixement de son unique oeil humide, le regard imbibé de Canard-WC. Je voulu me relever mais j’étais attaché de la tête aux pieds, j’étais ligoté dans les chiottes, la situation avait tout de ridicule. L’odeur de Javel commençait à m’irriter les narines lorsqu’une voix résonna derrière moi.

« - Nous sommes désolés mais si nous ne le nourrissons pas il continuera à nous dévorer tous, un par un! » 

« - Henri? C’est toi? Mais détache-moi, c’est pas drôle bon sang! Mais de qui tu parles? » demandais-je appeuré.

La voix reprit, « - De Saint Aseos! Le dieu qui hante nos latrines depuis que le monde est monde. » .

Le dieu des tarés ouais, dans quel merdier je m’étais encore fourré moi. Bosser dans une boite de malades qui pensent que leurs chiottes sont hantées par un fantôme cannibale, tu m’étonnes qu’ils engagent facile. Il fallait vraiment que je me barre de là, je tentais un redressement en force.

*PLAF*, c’est en gros le seul bruit dont je me souvienne, mon tibia dans les burnes du comptable j’imagine. En tout cas je ne me suis retourné pour jauger l’ensemble qu’une fois en dehors des WC, juste à temps pour voir ledit comptable en train de se faire engloutir par la cuvette en céramique morte de faim.

« - Avec toute cette graisse nous voilà tranquille pour un bon mois. » lâcha la secrétaire.

« - Saint Aseos ne gênera temporairement plus nos grosses commissions. confirma l’informaticien.

« - Amen. » dis-je sans m’en rendre compte.

Une fois cette étrange expérience passée, la vie d’entreprise put reprendre son cours. Les ressources humaines ont engagé quelques stagiaires pour sustenter Aseos, et en ce qui me concerne, depuis ce jour j’utilise un pot de chambre habilement caché sous mon bureau.

L’ennui c’est que ces derniers temps il m’a semblé sentir comme un regard pesant sur mon séant.    Imprimer Imprimer   
Certaines traditions ont la peau épaisse, et aujourd’hui je ressentais le besoin d’honorer celle qui nous permet depuis bon nombre d’années de supporter notre situation misérable, à nous, les humains déchus de ce milieu de vingt-et-unième siècle.

Je roulais dans la rue en m’imaginant notre planète telle qu’elle était quelques décennies auparavant, avant que « tout ne foute le camp » comme le disent les dirigeants, un bout de phrase politiquement correct qui ne résumera jamais assez tout ce bordel incommensurable. Il faut dire que la perte des ressources vitales s’était quand même effectuées brusquement, laissant l’humanité devant le fait accompli et la perplexité des visionnaires incompétents qui nous prévoyaient encore de nombreuses années de vie luxueuse. Les cons.

Dehors il restait encore quelques cadavres calcinés de citoyens cancéreux ou morts d’asphyxie, de faim ou de soif. Les services d’hygiène n’avaient sans doute pas eu le temps de les nettoyer. Les basses couches de la société mendiaient de l’eau ou quelques litres d’oxygène, mais qui serait assez stupide pour se priver de ses rations de confort. Avec toutes ces lois gauchistes cela faisait longtemps que la charité n’était plus prodiguée volontairement.

Raz-le-bol de réflechir, de me lamenter, j’étais à présent devant le Mur Rouge et il était temps de passer aux actes. Je contemplais cette oeuvre gigantesque sur laquelle s’étalaient en lettres noires les noms des responsables du passé. Des présidents, des conseillers, des constructeurs automobiles, des centrales atomiques, des usines, des fabriquants d’armes, des braconniers, des politiciens divers, des chefs d’entreprise, des acheteurs de grosses voitures, d’avions privés ou de tout autre moyen de transport démesuré. Après le désastre pas un seul n’avait échappé au recensement mondial, le mur était recouvert de millions de patronymes, tel un monument funéraire à la mémoire de cette planète jadis vivante.

C’est à pied que j’entrepris donc mon long pèlerinage en direction du nord, crachant avec vigueur sur chacun de ces noms, sur chacun de ces criminels qui avait participé à la destruction de la planète sur laquelle je dois maintenant survivre. Devant moi des centaines de personnes vomissaient leur haine en insultant le mur avec véhémence, le frappant parfois de leurs poings meurtris. Tous maudissaient cette génération passée qui n’a pas su ouvrir les yeux à temps, et tous vidaient rituellement leurs glandes salivaires (voir leurs vessies) sur cet interminable bloc de béton couvert de sécretions puantes sêchée par un soleil mortellement brûlant.

La journée avançait à bon train et ma haine avait déjà croisé des milliers de personnes dont quelques célébrités mondiales. Je continuais nonchalamment mon épopée vengeresse lorsque mon regard fut soudainement attiré par un nom que je connaissais bien : Alphonse Dubrovnik. C’est incroyable, depuis dix ans que je venais là je ne l’avais jamais remarqué. Bordel, qu’est-ce que je foutais sur ce mur? Je commençais donc discrètement à gratter la crasse qui recouvrait mon fier patronyme, frottant avec vigueur dans l’espoir ultime d’effacer ces lettres noires insultantes. Une opération délicate avec tous ces regards horripilés qui se portèrent instantanément sur moi. Les gens n’aiment pas trop ce genre d’acte incivil, nettoyer le mur c’est un peu comme cracher sur la tombe de Gandhi. En attendant j’étais fou de rage, dire que ces enfoirés de maçons ont osés ecrire mon nom sur le Mur Rouge, c’est un véritable scandale! Ils vont m’entendre, ah ça.

D’un pas décidé je suis retourné au parking où m’attendait mon 4×4. C’est décidé, jamais je ne reviendrai ici, ils ont eu tort et n’arriveront pas à me faire culpabiliser.

Le Mur Rouge

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