L’armée suisse est utile, elle fournit des matières premières (dans le civil on dit « êtres humains » ) lors de catastrophes naturelles. La construction de digues et l’approvisionnement des zones sinistrées se faisant au moyen d’avions de combats, le département militaire fédéral a déposé une demande afin de remplacer l’actuelle flotte de Tiger F-5 par de nouveaux modèles.
Cette demande a été refusée hier, mettant ainsi en péril la souveraineté du territoire helvétique, aujourd’hui gravement menacée par les forces d’occupations armées françaises, italiennes, allemandes et autrichiennes.
Lors de sa séance de mercredi, le Conseil fédéral a confirmé la décision de principe relative à l’acquisition en vue du remplacement partiel (TTE) des 54 avions de combat obsolètes Tiger F-5. Cela étant, en raison de la situation actuelle des finances fédérales et des priorités considérées dans leur ensemble, il repousse le moment de l’acquisition à 2015 au plus tard.
Toute l’équipe du blog partage la peine des militaristes dans cette épreuve difficile, puisse notre pays survivre à l’inévitable invasion qui se prépare.
Être un troufion en Helvétie implique un rabaissement permanent au moyen de hurlements assourdissants, si possible dans un dialecte inconnu. En lieu et place de notre « garde à vous » francophone on s’entend gueuler des « achtung » à longueur de journée, donnant à tout bon suisse des envies subites d’envahir la Pologne.
Aux États-Unis c’est plus simple, ils se comprennent entre eux et peuvent donc consacrer plus temps aux loisirs en équipe. Tu constateras que quand un soldat s’emmerde, il s’occupe avec les moyens du bord.
Il existe une force étrange qui pousse les êtres humains à se lever chaque matin, tôt de préférence. Cette puissance surnaturelle peut revêtir différentes formes plus ou moins claires telles que l’ambition, le plaisir ou encore l’envie pressante de pisser. On ne fait rien au hasard, de manière plus ou moins consciente nous avons toutes et tous une ligne directrice qui guide nos pas tout au long du chemin caillouteux qu’est la vie.
Certaines entreprises ou institutions possèdent également de tels objectifs plus ou moins crédibles, l’importance de ces buts utopiques est capitale lorsque l’existence même de ladite institution se révèle obsolète aux yeux de notre société moderne, on parle alors d’auto-motivation.
Voici donc neuf commandements déterrés sur le site web de l’armée suisse (capture d’écran ici).
L’Armée suisse renforce sa crédibilité grâce à ses prestations et à la transparence.
On en a dorénavant la preuve, il existerait des gens qui pensent vraiment que l’armée suisse possède ne serait-ce qu’une once de crédibilité. C’est fou non? On est pourtant en 2010. Je me suis souvent posé la question si les gourous sectaires ou les grands présidents croient réellement aux paroles manipulatrices de leurs discours, peut-être qu’à force de dire et redire une aberration ils finissent par être eux-mêmes convaincus du bien fondé de leurs déclarations, aussi absurdes soient-elles. La méthode d’auto-persuasion a su faire ses preuves au fil du temps, l’armée renforce sa crédibilité grâce à ses prestations et à la transparence, puisqu’on te le dit.
L’Armée suisse renforce l’esprit de communauté.
Il faut donner du crédit à cette affirmation, je ne me suis jamais senti aussi proche des antimilitaristes qu’après mes quatre mois d’école de recrue. Le fait de se retrouver dans une poignée de francophones entourés d’une centaine de germanophone t’apprend clairement le concept de communauté. Parce qu’à l’armée, nous autres Romands on est un peu les Mormons de la Suisse, sauf qu’on ne s’habille pas en noir et qu’on n’est pas polygames.
L’Armée suisse rassemble et relie.
Ah ça, pour rassembler ça rassemble, je dirais même que tu n’as de toute manière pas trop le choix, soit tu te rassembles soit tu vas en tôle. Sans oublier que l’armée relie, elle relie même les idées au point de ne plus pouvoir faire la distinction entre l’état et les humiliations subies sous les drapeaux, on en fini par détester sa propre nation. On aime par contre la légendaire multiculturalité de ce pays dans lequel tu peux passer quatre mois enfermé avec des gens qui te gueulent dessus dans un dialecte qu’eux seuls comprennent. C’est une sensation assez particulière, tu as l’impression d’être dans un endroit reculé à l’autre bout du monde, sauf que les indigènes ont tous le même passeport que toi.
L’Armée suisse est un employeur attrayant.
Avec quatre balles de solde hebdomadaire pour ramper comme un con, c’est clair qu’il est difficile de trouver mieux. Tu vas me dire, tu es nourri gratuitement avec de la pâtée pour chiens et parfois tu dors même sur un vrai matelas. Que peut faire la concurrence face à un tel attrait, dire que certains préfèrent bosser dans un bureau chauffé.
L’Armée suisse s’améliore en permanence.
En achetant des avions de combats, indispensables pour aider les civils en cas de catastrophe naturelle. La mentalité de l’armée a également évolué ces cinquante dernières années, passant d’un système de milice obligatoire à un système de milice obligatoire. On ne dirait pas mais ça remue à mort dans les méninges martiales.
L’Armée suisse agit en tenant compte des coûts.
Avec un budget de quatre milliards de francs suisses par an, tu m’étonnes qu’il faut rationner. Avec aussi peu d’argent j’investirais personnellement dans une bonne paire de chaussettes et une boite de cassoulet millésimé.
L’Armée suisse collabore étroitement avec l’économie et la science.
Effectivement, l’exportation de matériel de guerre fabriqué en suisse vers des pays engagés dans des conflits armés rapporte de l’argent. Ne crachons pas dans la soupe, elle a déjà le gout du sang.
L’Armée suisse est un partenaire de coopération reconnu.
Reconnu et apprécié par quelques entreprises, mais obligatoire pour des centaines de milliers de personnes.
L’Armée suisse a besoin de processus de conduite compatibles pour elle-même et pour ses partenaires.
Nombreux sont les sujets que je ne peux viscéralement pas blairer, l’armée en est un qui trône en première position. D’une manière générale d’ailleurs, tout ce qui porte une arme me donne des envies d’écrire des billets incendiaires.
Ainsi.
Le tir en campagne 2010 commence le mois prochain, je t’en avais parlé ici.
Je me suis permis une petite visite sur le site web officiel des organisateurs qui regorge de statistiques convenant à merveille pour mes petits tableaux sous Open Office.
J’ai donc utilisé la répartition cantonale des participants, et comparé ce nombre avec la population globale de chaque canton, obtenant ainsi une estimation officielle de la proportion de fanatiques des armes par zone géographique suisse, le tout trié du pire au meilleur.
La meilleure étant bien entendu ma cité de Calvin, sur ce point j’adore vraiment cette ville.
Tu noteras que les traditionalistes endogamiques du centre se distinguent clairement une fois de plus.
L’emplacement aléatoire des affiches réserve parfois d’étonnantes surprises.
Si toi aussi tu aimes t’habiller avec une chemise de bûcheron ou un anorak des années quatre-vingt alors n’hésite pas, inscris-toi au tir en campagne. N’oublie pas d’amener l’arme qui t’as gracieusement été remise lors de ton entrainement militaire obligatoire, arme qui permet chaque année à de nombreuses personnes de profiter des violences domestiques sanglantes dans la plus pure tradition helvétique.
Il est important de rappeler que la Suisse est un pays neutre et pacifiste, on y aime le calme, la plénitude et les petites fleurs qui poussent sur nos montagnes si bucoliques.
Côté économie nous sommes une nation prospère, on fabrique et on exporte du bon matériel aux pays étrangers, notamment au Pakistan.
La Suisse a exporté pour 13,6 millions de francs de matériel de guerre vers le Pakistan au 1er trimestre 2010.
La livraison de munitions et de pièces de rechange pour un montant de 13,6 millions avait été acceptée par le Conseil fédéral avant mars 2009, date à laquelle il a rejeté une nouvelle demande de ce pays.
Lors des trois premiers mois de l’année, la Suisse a exporté du matériel de guerre pour plus de 148 millions de francs, indique jeudi l’Administration fédérale des douanes sur son site internet. C’est près de 3% de plus que durant la même période de l’exercice précédent, où ces exportations avaient atteint un volume de 144,3 millions.
Car en Suisse l’argent reste l’argent, même au prix du sang.
Les ayatollahs de la pensée gauchiste menacent aujourd’hui nos libertés en voulant imposer un contrôle strict des armes personnelles. Ils disent que nous sommes des fachos mais finalement ce sont eux les nazis, leurs idées sont dignes du troisième Reich!
L’initiative populaire fédérale « Pour la protection face à la violence des armes » a réuni 106’067 signatures validées et a été déposée le 23 février 2009. En date du 16 décembre 2009, le Conseil fédéral a pris position. L’initiative sera à l’ordre du jour de la Commission en matière de politique de sécurité du Conseil national le 22 mars 2010. Elle sera probablement traitée par le Conseil national lors de sa session d’été et par le Conseil des Etats lors de celle d’automne. La votation populaire pourrait avoir lieu en février 2011.
Il faut lutter contre cette loi liberticide qui menace notre patrie, car le danger est réel, la délinquance augmente et on ne va pas laisser impunément ces profiteurs des assurances sociales nous dicter notre conduite citoyenne. La sécurité de notre pays est garantie par notre extraordinaire armée et les possesseurs d’armes à feu qui sont aujourd’hui tous deux mis en péril par quelques réactionnaires de bas-étage indignes du passeport à croix blanche.
Oui aux armes au foyer sans aucun contrôle! Afin de perpétuer dignement une tradition suisse plus que millénaire.
S’il y a une entité qui fait la fierté de notre belle Helvétie c’est bien son armée. Représentation suprême de l’indépendance si chère à notre patrie, de sa liberté, se son hospitalité.
Car oui, nous autres Suisses avons le sens de l’accueil. On aime beaucoup recevoir des familles de fraudeurs, dictateurs (hormis tonton Kadha) et autres margoulins qui viennent planquer leur pognon dans nos coffres, permettant ainsi à nos majestueux banquiers l’octroi personnel de bonus conséquents, et ceci même en pleine période de crise pendant que le reste du peuple crève la dalle.
Sur le sujet de l’accueil, le chef de l’armée helvétique a récemment tenu quelques propos qui méritent un petit arrêt sur image. André (c’est son petit nom) s’est adonné au jeu des questions-réponses avec un enthousiasme propre à sa fonction. Ainsi, à la question fatidique mettant en cause l’utilité de l’armée, le militaire répond le plus simplement du monde.
« Quand des archives brûlent à Lausanne, on peut faire appel à l’armée pour soutenir les pompiers.«
Car justifier avec brio un budget annuel de 4 milliards de francs suisses pour éteindre un feu par décade, c’est aussi le travail d’André.
Mais le brave homme ne s’arrête pas là, sa position peu importante dans la hiérarchie militaire helvétique lui permet heureusement de se laisser aller à quelques confessions frivoles.
« la Suisse est vulnérable même en temps de paix.«
André cite au passage « l’afflux massif » de réfugiés qui « déferlent » sur notre territoire, afflux qui pourrait selon lui nécessiter une aide conséquente de l’armée qui posterait probablement un vaillant troufion sur chaque col de montagne en bordure de frontière. Lorsque le journaliste lui demande la provenance hypothétique de ces envahisseurs, André répond très sérieusement.
« Pensez à la situation économique en Grèce: soudain un pays de l’Union européenne, presque un voisin, au bord de la faillite…«
Le jour où tu sentiras une une odeur de Feta près de chez toi il sera alors déjà trop tard, rien ne servira de préparer ton joli petit paquetage vert kaki car l’ennemi hellénique sera à ta porte, avec son adorable jupette traditionnelle et son iPod bourré de Sirtaki.
Je suis certain qu’on devrait pouvoir troquer quelques nuitées dans nos abris anti-atomiques contre autant de bouteilles d’Ouzo.
En Suisse on fabrique du chocolat, des montres et du bon fromage. On a de belles montagnes et on y joue paisiblement du cor des Alpes.
Ce paysage bucolique possède toutefois une face sombre que peu de personnes connaissent: La Suisse produit des armes de guerre et des véhicules de combat, certains sont même exportés vers des pays engagés dans des conflits violents tels que le Pakistan ou l’Irak.
Le 29 novembre prochain, soit dans un mois jour pour jour, le peuple helvétique sera amené à décider si cette absurdité indigne d’un pays neutre et pacifiste doit perdurer ou non.
On parle de sauver des vies, les opposants de l’initiative parlent d’argent, celui des nombreux salariés qui vivent grâce au commerce de la mort. Il va donc falloir trancher entre augmenter le chômage en Suisse ou continuer à bafouer une règle d’éthique.
La vie humaine n’ayant pas de prix, la décision est d’ores et déjà prise pour de nombreuses personnes.
Quelques artistes suisses soutiennent cette initiative, c’est notamment le cas de trois rappeurs : Jonas, Cenzino et Eriah. Le clip « Du sang sur les mains » est une pure merveille et résume à lui seul la raison pour laquelle il nous faudrait voter OUI le 29 novembre 2009.
Le rappeur Chickymicky explique également à sa manière ce qu’il pense du sujet.
Un clip vidéo assez basique est visible sur Youtube
La chanteuse suisse-allemande Evelinn Trouble apporte elle aussi sa pierre à l’édifice. Son titre « Warface » d’un style totalement différent est tout aussi explicite que ses confrères francophones. L’introduction est en allemand sous-titré, la chanson en anglais.
La page officielle de ce tube est en allemand sur le site du GSoA (Gruppe für eine Schweiz ohne Armee)
Ce qu’il y a de bien avec l’armée c’est que n’importe quel domaine professionnel peut être détourné et exploité en temps de guerre, même le plus innocent. On découvre ainsi par exemple la cuisine du soldat, la loi martiale, les médecins de troupes ou encore les célèbres grenadiers concierges.
Temps modernes obligent, la grande muette helvétique suit le mouvement et invente la Task Force Informatique !
Le terme est officiel, je te laisse imaginer la scène un moment…
Tu devrais arrêter de rire, le communiqué gouvernemental est à priori sérieux.
L’ancien président de la direction de Swisscom dirigera dès le 1er janvier 2010 le comité de pilotage de la task force informatique du DDPS. Le conseiller fédéral Ueli Maurer, chef du Département fédéral de la défense, de la protection de la population et des sports (DDPS), a institué la task force dans le but de rétablir et d’améliorer notablement la conduite et les performances de l’informatique du DDPS dans ces trois à cinq prochaines années.
Un commando de geeks élitistes va enfin remettre de l’ordre dans cet immonde amas de bits militaires, on ne sait pas encore si Steve Jobs fera partie de l’assaut.
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