Les journées d’apprentissage divin se déroulaient plutôt bien jusqu’à ce qu’un érudit se présente face au fils de Dieu. A chaque question que ce dernier lui posait l’homme de science répondait par une incompréhensible phrase bourrée de termes inconnus de la caste paysanne dont Jésus faisait partie. A notre époque c’est un peu comme si un informaticien décrivait votre problème d’Internet comme « - Ouais mais c’est parce que le cryptage WEP est pas activé sur le protocole TCP/IP, et puis vous êtes pas en DHCP alors forcémment c’est weak. » . Avouez que ça donne envie de le tarter.
Vexé par ses lacunes culturelles, Jésus se leva et cria à ses disciples.
Quand vous parlez, dites « Oui » ou « Non »; tout le reste vient du malin.
Mathieu 5.37
Et l’affaire fut dans le sac, c’est quand même parfois hyper pratique d’être un prophète reconnu. L’érudit rentra chez lui la queue entre les jambes et depuis ce jour plus aucun Galiléen ne gagna une partie de Ni oui ni non.
Du haut de sa montagne Jésus continuait à proférer sa parole à qui voulait bien l’entendre.
Si ton oeil droit entraîne ta chute, arrache-le et jette-le loin de toi: car il est préférable pour toi que périsse un seul de tes membres et que ton corps tout entier ne soit pas jeté dans la géhenne. Et si ta main droite entraine ta chute, coupe-là et jette-là loin de toi: car il est préférable pour toi que périsse un seul de tes membres et que ton corps tout entier ne s’en aille pas dans la géhenne.
Mathieu 5.29 – 5.30
Dès le lendemain Jésus s’aperçut avec effroi que ses fidèles étaient à présent tous borgnes et manchots, il fit alors une citation qui ne figure malheureusement pas dans le livre saint, cela donna quelque chose comme « - Ouais bon, j’avais un peu bu hier soir les gars, faut pas non plus tout prendre ce que je dis au pied de la lettre hein, autant pour moi et sans rancunes. » .
Il vit toutefois au milieu de ce groupe d’éclopés un gamin muni encore de ses deux yeux et de ses deux bras, Jésus lui demanda pourquoi il n’avait pas suivi le même destin que sa famille, sur quoi le gamin répondit que sa seule famille était au fond d’un trou en haut de la montagne avec le tibia de son arrière-grande-tante et que de toute manière il ne savait pas ce que voulait dire « géhenne ».
Passé ses premiers émois, Jésus continua sa route et grace à un lot inépuisable de phrases incompréhensibles se fit peu à peu reconnaitre auprès des masses populaire défavorisées. Après avoir sympathiquement mis l’ordre des médecins sur la paille en guérissant l’ensemble des malades de Galilée il se posa sur une montagne et ouvrit un bureau d’aide et conseils. A la recherche de recommandations avisées une meute de curieux se pressait furieusement au bas de l’alpage, le succès était au rendez-vous.
A la vue des foules, Jésus monta dans la montagne. Il s’assit et ses disciples s’approchèrent de lui. Et prenant la parole il les enseignait.
Mathieu 5.1 – 5.2
Un jour, un viellard chétif mais néamoins fidèle arriva péniblement au sommet du monticule. Sa grande-tante était morte de la lèpre la semaine précédente dans d’abominables souffrances et un chien sauvage avait profité de l’occasion pour becqueter les trois quarts du cadavre, le reste ayant été pratiquement éparpillé suite à un coup de vent violent il ne restait qu’un tibia sur lequel s’enroulaient quelques lambeaux de peau grise, c’est vous dire si la lèpre était foudroyante par là-bas.
L’homme désespéré qui se présentait devant Jésus n’avait sur lui que des frusques et venait chercher un sens à sa vie anéantie, ledit tibia frêlement tenu dans sa main droite. Dans sa grande bonté Jésus se leva, scruta pieusement le ciel à la recherche d’une aide divine puis s’exprima en direction du pauvre hère en ces termes: « - Ouais ben j’sais pas moi, fais-en un pied de lampe. » .
Alors que le pauvre gars s’en allait ravi du conseil illuminé, Jésus l’attrapa par le col et lui rappela les honoraires symboliques de la consultation. Malheureusement le petit-neveu de la défunte ne pouvait pas se permettre de payer une telle somme, sa bourse ayant été dérobée peu avant par un pêcheur gay prétendant s’appeler Pierre.
Jésus fou de rage jeta le pauvre gaillard et son tibia dans un trou puis hurla.
En vérité, je te le déclare: tu n’en sortiras pas tant que tu n’auras pas payé jusqu’au dernier centime.
Mathieu 5.26
Puis Jésus retourna à sa place, ivre du savoir qu’il allait pouvoir continuer à enseigner aux nombreux disciples présents.
Non, la fête de Noël n’est pas simplement un moment où l’on se goinfre de saloperies en attendant qu’un obèse habillé de rouge ne descende par la cheminée les bras chargés de consoles de jeu. Cette fête célèbre à l’origine la naissance d’un gamin à l’hérédité chargée, fruit d’une femme vierge et d’un mari cocu. Voici son histoire.
Comme il marchait le long de la mer de Galilée, il vit deux frères, Simon appelé Pierre et André, son frère, en train de jeter leur filet dans la mer: c’étaient des pêcheurs.
Mathieu 4.18
Simon s’appelle Pierre.
Une fois passée la relecture de cette phrase d’apparence cocasse on se plonge alors dans une réflexion nous menant à la conclusion plus qu’évidente que Simon souffre d’un cas de schizophrénie avancée. Les causes de cette maladie peuvent être variées et trouver leurs origines dans l’enfance même du sujet, dans notre cas en revanche la plus probable est qu’en tant que pêcheur il a dû se prendre une bonne murge au rhum, le soleil lui a terminé la grillade cérébrale et ce brave matelot n’est jamais redescendu sur Terre.
La seconde partie du psaume nous montre à quel point l’esprit de Jésus était vif, il lui a suffit d’une simple observation attentive de deux bougres jetant un filet dans la mer depuis une barque pour immédiatement en déduire qu’il s’agissait là de pêcheurs. C’est pas fortiche ça? Non mais imaginez un peu le cheminement intellectuel d’une telle conclusion!
Il leur dit : « Venez à ma suite et je vous ferai pêcheurs d’hommes. » . Laissant aussitôt leurs filets, ils le suivirent.
Mathieu 4.19 – 4.20
Grâce à son charisme évident Jésus a donc réussi à embarquer deux inconnus dans sa piaule, dont un avec l’ethylomètre au beau fixe. A notre époque on aurait plutôt sauvagement crié « Venez chez moi mes louloutes, on va pêcher pleins de beaux mâles et passer une soirée rectalement amusante, youhouuu! » mais avouez que « Venez à ma suite et je vous ferai pêcheurs d’hommes. » ça a quand même franchement plus de gueule.
La vie passe par un grand nombre d’expériences plus ou moins agréables, certaines physiques, d’autres plus spirituelles. Tant et bien qu’à la suite d’une conversation houleuse mais intéressante, votre antireligieux mais néamoins dévoué serviteur a dû admettre avec défaitisme ses lacunes en matière de religion chrétienne. Un achat du livre saint a donc été effectué, ce dernier sera lu et les impressions du moment retransmises ici-même, stay tuned!
Ecrit en gros sur la couverture on peut y lire trois lettres très intéressantes, « TOB ». Dès lors on peut directement s’interroger sur le côté graveleux de l’ouvrage, voir même y trouver une corrélation évidente avec la biographie officielle de Rocco Siffredi. Ce bouquin ne s’annonce finalement pas aussi fade et ennuyeux qu’initialiement prévu, avant même de l’avoir ouvert on sent déjà qu’on va bien se poiler.