S’il y a une affaire qui fait bouger la ville ces derniers temps c’est bien celle de la Rue du Stand. Pour résumer, l’état s’est planté lors de l’achat d’un immeuble, et, tant qu’à faire, l’a meublé avec du Teo Jakob hors de prix. Le montant du délit, 8 millions de francs suisses de dépassement de budget (environ 5 millions d’euros) payés évidemment par nos impôts. Les magistrats renvoient la balle aux fonctionnaires, c’est de la logique d’entreprise, les managers ne sont évidemment jamais responsables. Mais ne soyons pas mauvaise langue car une personne a quand même été suspendue, à quelques mois de la retraite certe, mais suspendue. Mesdames les magistrates, messieurs les magistrats, assumez vos bêtises, ça nous changera.
Aujourd’hui dans la « Tribune de Genève », nous pouvons lire qu’un relativement célèbre avocat de la ville se bat pour une cause dont tout étudiant en droit rêve de rejoindre dès le début de ses études : Rabaisser un gendarme-couché.
La bosse routière en question mesure en effet 15 centimètres, et la loi stipule que la hauteur maximale est de 12 centimètres. Sur la photo, malheureusement non disponible en ligne, le maitre en droit pose fièrement accroupi sur le dos d’âne fautif, en arrière plan on peut apercevoir sa superbe voiture dont le prix doit valoir au bas-mot deux ans de salaire pour le travailleur moyen que je suis. Les travaux d’abaissement seront évidemment aux frais du contribuable.
Je souhaite à toute personne sur cette planète de n’avoir que ça comme problème dans la vie.
A vous autres, élèves d’écoles pour adultes, afin de pouvoir réussir votre reconversion profesionnelle, sachez que si vous posez la question fatidique suivante à votre enseignant :
Mais monsieur, à quoi ça va servir ce qu’on fait là?
Vous serez alors propulsé directement dans la catégorie looser et perdrez toutes estime et toute crédibilité de la part de votre professeur, voir de vos collègues élèves. Lorsque vous vous inscrivez à une formation, essayez d’abord de comprendre sur quoi débouche cette dernière, vous aurez moins l’air d’être paumé.
L’enseignant que je suis vous remercie.
Genève est le cantons ayant un taux d’imposition des plus élevé de Suisse, les Genevois ont donc de plus en plus de mal à payer leurs mensualités dans les délais impartis. Fort heureusement Madame Martine Brunschwig Graf, conseillère d’état au département des finances de la ville de Genève, a récemment partagé une idée tout à fait originale pour nous autres, habitants de la cité de Calvin:
Je les incite à faire de l’épargne forcée pour l’impôt fédéral direct, qui peut réserver des surprises. Il suffit d’ouvrir un compte et de verser de l’argent dessus chaque mois. C’est ce que j’ai fait.
Ce n’est pas une question d’épargne Madame, c’est une question de coût de la vie extrêmement élevé pour des salaires qui ne suivent pas. Rien ne sert d’avoir un compte si l’argent pour le remplir fait défaut. Il faut avouer que le conseil est parti d’une bonne bonne intention mais il est plutôt destiné à une classe aisée de la population, classe qui n’a par définition pas de problèmes financiers, du moins à ce niveau-là.
On pourrait croire que sous ce titre pompeux se cache un article révolutionnaire digne de figurer dans les anales de l’académie française, mais dans le cas actuel pas de texte superflu, une belle image valant mieux qu’un long discours.
Les restrictions de budget étant monnaie courante de nos jours, la maintenance des ordinateurs de la société qui m’emploie est donc passée au second plan, d’où le résultat arachnéen et poussièreux que je vous présente aujourd’hui.
Cet ordinateur n’a pas le web, mais il a la toile (hu hu hu).
La chaine de magasins Coop en Suisse propose un programme de fidélité. Au moyen d’une carte que l’on présente à chaque passage en caisse, vous accumulez des points qui peuvent vous servir par la suite à recevoir des primes cadeaux.
Actuellement le programme compte 2.2 millions d’adhérents, c’est à dire presque un tiers de la population suisse (source).
Les abonnées reçoivent chaque semaine par la poste un journal papier contenant les dernières promotions ainsi que quelques informations sans doute utiles lors des longues soirées d’hiver. Le poids de ce journal est de 140 grammes (si si, je l’ai pesé).
Cent-quarante grammes de papier chaque semaine, cela signifie un peu plus de 7 kilogs par personne et par an. Ainsi, une bête multiplication nous donne avec effroi la quantité de papier gâchée annuellement, à savoir 16’016 tonnes 88|
Seize-mille tonnes de papier! De mon côté je recycle avec peine ce spam, mais j’ai peur que ma catégorie d’écolo n’aie pas autant d’adeptes qu’elle mériterait. Alors un petit geste, toi, fidèle membre de la secte Coop qui lis ces lignes, ne jette pas tout ce papier dans la poubelle, recycle-le.
Récemment une société externe a été mandatée afin de réaliser une étude de satisfaction du personnel de la société qui m’emploie (une grande multinationale). Parmis les questions posées on trouvait « Que pensez-vous de l’infrastructure informatique », « Comment trouvez-vous les prestations internes? », etc. Toutes ces questions me semblant bien à côté de la plaque, voici donc celles que j’aurais ajoutées, afin d’avoir un réel aperçu de ce que pensent les employés :
- Que pensez-vous du principe de licensier des personnes compétentes pour raisons politiques
- Que pensez-vous des hiérarchie dont le nombre de couches supérieures est plus important que le nombre d’employés en dessous
- Que pensez-vous de l’utilité des graphiques de rendement périodiquement envoyés par les cadres
- A votre avis le principe de la langue de bois sur les budgets mystérieusement évaporés est-il bénéfique pour le moral de l’entreprise?
- La planification de réunions à profusion peut-elle remplacer votre vie sociale comme elle le fait pour les cadres?
- Les personnes haut-placées envoyant trop souvent des mails « For You Information » doivent-elles d’après-vous être remplacées par des secrétaires, voir supprimées?
- Comment considérez-vous les séances de motivation de travail en groupe pour les cadres dans des parcs d’attractions en pleine semaine?
- L’organisation de réunions de travail lors de la pause repas de midi est-elle selon vous source de rendement par la suite?
- Marquer l’arrivée d’un nouveau cadre à un service par le renommage dudit service est-il d’après-vous vraiment nécessaire?