180 chars de grenadiers M113 vont être vendus aux Emirats arabes unis qui veulent en faire don à l’Irak (cherchez l’erreur). Ces chars proviennent du surplus de l’armée suisse et sont censés assurer la protection des nouvelles forces de sécurité irakienne. Le département miltaire fédéral (à l’origine de la transaction) se cache sous de prétendus arguements de maintien de la paix, voilà qui peut malheureusement faire sourire.
Outre le fait de vendre des armes à une nation en guerre (ce qui est déjà une insulte à l’éthique), c’est le respect de la neutralité suisse qui est remis en question.
Pour reprendre une phrase de Jean Jaurès : « Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l’orage. »
Dispensé d’armée voilà trois ans, il me faut payer 860.- CHF (550.- € environ) de taxe militaire cette année.
L’armée obligatoire, un principe totalement déphasé et aberrant par rapport à l’époque actuelle, mais propre au vortex temporel dans lequel se complaisent nos dirigeants militaristes. En esperant qu’un jour nous prendrons exemple sur la France (pour ne citer qu’elle) avec son armée de volontaires, je me surprend à rêver de conseillers fédéraux utopiques nous balançant des arguments valables et crédibles pour le maintien du système obligatoire actuellement en place.
La dernière fois que j’ai exposé mon opinion d’internaute sur l’armée suisse j’ai fini devant un juge d’instruction, la liberté d’expression n’était semble-t’il pas à l’ordre du jour. Je m’en suis heureusement sorti sans dommages grace à l’aide précieuse et efficace de mon avocat. Alors petite note à toi qui aurait l’envie de te plaindre telle la fière taupe anonyme de 1998, laisse-moi un commentaire au lieu de tirer bêtement.
Je vous parlais il y a quelques temps (ici) de la vente douteuse et moralement illégale de chars M113 l’Irak. L’affaire semble aujourd’hui empirer puisque l’utilisation finale qui en sera faite n’est à présent plus certaine (source). Et même si l’état irakien prétendait vouloir les utiliser civilement comme il était prévu, qui peut garantir que ces chars ne seront pas détournés à des fins militaires une fois la transaction conclue? Une question qui ne semble malheureusement pas trop émouvoir nos sept sages. L’armée et ses dirigeants n’ont à priori aucune morale. Dans ces conditions comment ne pas leur en vouloir après toutes ces erreurs qu’ils continuent de perpétrer années après années et ce, malgré leurs beaux discours sur de soi-disant réformes.
Quand les riches se font la guerre, ce sont les pauvres qui meurent. (Jean-Paul Sartre)
Vendre des armes à un pays en guerre est, quelque soit leur usage, une insulte à la neutralité suisse.
Ayant fait l’armée malgré moi (l’Etat m’y a forcé), mon subconscient regorge d’anecdotes diverses à faire pisser de rire un conducteur de tout-terrain. J’ai ainsi toujours dans la tête l’histoire de ce sous-officier qui prenait régulièrement la jeep militaire pour faire inutilement le tour de la caserne. Lorsqu’on lui a enfin demandé la raison de ce cirque il nous a expliqué que s’il ne grillait pas toute l’essence qu’on lui avait donnée alors le budget du parc de véhicules serait tronqué l’année suivante.
Le budget de l’armée 2007 est de 4’362’000’000 CHF (source), soit presque 12 millions de francs suisses par jour (je vous passe le calcul savant et les décimales ridiculement inutiles).
En voyant ainsi à quel point l’armée dilapide notre argent j’avoue toujours chercher une certaine motivation à payer l’exorbitante taxe d’exemption chaque année. Et quand je dis « chaque année » c’est encore positif car ces incompétents se plantent régulièrement la tronche dans leur marais administratif. Bosser au service de perception de la taxe d’exemption c’est un peu comme travailler pour un extorqueur de fonds, on se lève le matin en se disant que grâce à notre chouette boulot un pauvre gars va devoir diminuer son budget bouffe. Le budget militaire est une boite obscure, un peu comme une fosse sceptique dans laquelle on demanderait aux citoyens hélvètiques de jeter lassivement leur argent. Et le pire c’est que ça continue, les traditions ont la peau dure dans mon pays.
Ah oui au passage, pendant que vous lisiez tranquillement ce billet l’armée a gaspillé 6’000 balles.
Le DDPS, grand maitre dans l’art du cramage de cerveau a ouvertement publié une brochure nommée « Aménagement du territoire & Environnement » (source) qui prône l’écologie dudit service. Ce discours idéaliste et manipulateur destiné à priori a un bobet dénué de raisonnement contient quelques phrases propagandistes telles que « Une stratégie pour manager l’avenir » , « Eveiller la compréhension » ou encore (préparez vos Pampers vous allez pisser de rire) « Le DDPS se place dans la perspective de développement durable. » .
Si on était sur Skyblog on aurait pu résumer la situation en un acronyme simpliste, pardonnez-moi donc la singularité de l’expression : LOL
Selon nos maîtres en la matière le développement durable consisterait en l’exploitation de 33 avions F/A-18, 45 Tiger F-5, 35 Alouette III, 27 hélicoptères de transport (Super Puma, Cougar), 16 Pilatus Turbo Porter PC-6, 38 Pilatus PC-7, 11 Pilatus PC-9, 224 chars Leopard, 580 chars M113, 224 obusiers blindés et plusieurs centaines d’autres véhicules de combat aux noms plus ou moins amusants (source).
Essayer de faire croire que l’armée se soucie de l’environnement est une preuve de non respect envers toutes celles et ceux qui se battent jour après jour pour préserver notre planète. Que l’armée ait au moins le courage d’admettre son incompétence dans le domaine de l’écologie, cette lâcheté est indigne d’une autorité censée représenter la puissance incarnée.
L’armée ça… pollue. Voilà, c’était le mot que je cherchais.
Le site web du DDPS regorge d’informations pour tous les aficionados des amuseurs publics verts-caquis. La rubrique « Philosophie » (il semblerait qu’ils connaissent ce mot) contient quelques passages propagandistes intéressants. Morceaux choisis.
Nous nous engageons au profit d’un développement continu, durable et orienté en permanence vers l’avenir des forces armées.
Incluant l’achat de nouveaux et couteux jouets qui satisferont une poignée d’enfants gâtés planqués au sein des troupes d’élites.
Nos collaboratrices et nos collaborateurs ainsi que nos partenaires commerciaux sont la clé de notre succès.
D’ailleurs ceux qui ne veulent pas collaborer doivent (quelque soit leur raison) payer la taxe militaire. Marche ou crève, la voilà la clé de leur soi-disant succès.
Nous développons un contexte motivant et un climat formation perpétuelle. Nous créons des conditions optimales permettant la réussite professionnelle et l’épanouissement personnel de nos collaborateurs.
L’épanouissement, voilà le terme que je cherchais, c’est tellement évident en plus. Les soldats sont ravis d’avoir été forcés, un tel bonheur quotidien se lit sur leurs visages il n’y a aucun doute.
Nous fournissons des produits et prestations de haute qualité de manière indépendante et assumons la responsabilité du résultat.
Des produits tels que l’émission de gaz carbonique à effet de serre, mais de haute qualité cela va de soi. Ensuite ils assument en publiant une pathétique brochure annonçant leur pitoyable respect de l’environnement.
Nous continuons à nous développer de manière très ciblée. Nous endossons le rôle d’exemple en nous remettant sans cesse en question et nous interrogeant sur la qualité de notre travail.
L’armée admet jouer un rôle de modèle, mais pour qui? Quelle personne voudrait d’un modèle dont l’existence même (qui elle n’est pas remise en question bien entendu) est basée sur le thème de la violence?
Ah tiens, quelqu’un a dit une grossierté dans le fond de la salle.
Une communication active et ouverte ainsi que la plus grande transparence possible favorisent une haute acceptance et efficacité auprès des partenaires et du public.
Je ne pense pas que la majorité des citoyens suisses acceptent aussi facilement le concept de l’armée. Mais peut-être ai-je tort, peut-être que toute cette mascarade a un sens, peut-être que l’argent que j’envoie chaque mois sert réellement à défendre les intérêts de mon pays, peut-être que l’armée travaille vraiment en faveur de l’environnement.
Parmi les traditions les plus ancrées (et les plus bêtes) de notre chère Confédération, j’ai aujourd’hui l’immense privilège de vous parler des tirs obligatoires. Cette activité destinée à maintenir l’esprit des nombreux citoyens-soldats dans une forme de folie meurtrière a amené bon nombre de personnes sensées à se poser la question fatidique : Est-ce vraiment bien utile?
La réponse est bien entendu totalement négative bien que largement controversée par les amuseurs publics vert-kaki, cela fait ainsi parfois plaisir de voir que d’autres personnes pensent dans votre direction.
Merci à ma photographe personnelle pour cette image. ;)
Ils veulent garder l’arme et les munitions dans les foyer, ils parlent de maitrise de l’arme personnelle, ils croient que leur expérience des armes est acquise par tous les détenteurs de la Confédération. Maitriser une arme est une affaire de professionnels, le seul arrangement possible entre les civils et l’armée ne consiste pas en une distribution libre de matériel de guerre, mais bien en interdisant aux citoyens la possession d’un tel arsenal léthal. Nous avons pu constater avec tristesse l’échec des tentatives de responsabilisations, il est maintenant temps de mettre un terme à ce legs du passé.
Mais tout le monde ne pense pas dans ce sens. Ainsi, certaines personnes s’assoient délibérément sur le dos des morts. Voici les arguments de l’un d’entre eux (source) :
La première, non des moindres, est que l’on ne pourrait plus parler d’arme « personnelle », à savoir que les militaires ne disposeraient plus de leur propre arme. La solution consistant à entreposer hors service les armes dans des centres logistiques tout en maintenant leur caractère nominal n’est pas envisageable: comment, en effet, gérer l’imbroglio des nombreux changements de domicile des jeunes adultes (20-30 ans), les mutations et fréquents déplacements de service, et le fait que les unités changent presque chaque année de lieu d’entrée en service ? La récupération de l’arme personnelle de l’ensemble des militaires faisant service avec une unité deviendrait le défi majeur des premiers jours du cours ! Impensable par ailleurs de demander aux militaires de récupérer leur arme dans le centre logistique correspondant avant service et de la ramener après la fin de celui-ci …
Veut-on faire croire que les soldats seraient affectés psychologiquements de ne plus avoir Charlene à leur côtés? Mettre en avant d’éventuels problèmes de logistique dans une organisation qui se veut pointilleuse c’est quand même curieux. L’armée à créé un problème avec ces tirs obligatoires et elle cherche maintenant des justifications afin de se maintenir à tout prix la tête dans la fosse.
Alors même que c’est dans le domaine logistique que le DDPS entrevoit l’essentiel de son potentiel d’économies (des économies exigées par le Parlement), le retrait des armes personnelles générerait un surcroît significatif de travail – et de coûts – pour ces centres logistiques.
Il est vrai que les coûts seraient plus élevés, mais quel prix pouvez-vous donner à une vie? Combien donneriez-vous pour qu’on ne tue pas une personne de votre famille? Il suffirait d’abandonner certains véhicules de combats, véhicules devenus totalement inutiles de nos jours. D’un côté l’armée justifie sa présence par de rares actes de sauvetages civils, d’un autre elle veut conserver ses armes de combat. Une contradiction qui révèle parfaitement l’idéologie douteuse de cette organisation immorale.
Quelle solution entrevoir pour les militaires qui pratiquent régulièrement le tir sportif, ou qui – tout simplement attachés au maintien des traditions de ce pays – ont à coeur d’effectuer chaque année leur tir en campagne ?
Réussir à placer un sport et une obligation dans la même liste d’arguments, bel effort. Une autorisation de port d’arme pourrait leur être donnée, à la condition de suivre un entrainement consolidant leurs compétences en la matière.
Outre la mort immédiate du tir obligatoire, outre la mort à terme du tir en campagne en tant que manifestation populaire, le retrait des armes personnelles induirait une dégradation progressive, au fil des années, de la « maîtrise de l’arme » au sens défini plus haut, avec comme corollaire un accroissement vraisemblable des accidents de tir en service.
Les militaires tirent en service? Moi qui croyait que le rôle de l’armée se bornait à sauver les victimes d’innondations ou de glissements de terrain. Je dois surement confondre avec leur argumentation publique.
Quelle est l’argumentation de celles et ceux qui préconisent le retrait des armes personnelles des militaires ? Pour l’essentiel, il est fait référence au nombre important de suicides, voire même de meurtres commis avec des armes à feu, dont certaines sont des armes de service. Chacun de ces cas équivaut effectivement à un drame familial, avec son cortège de souffrances et de traumatismes souvent durables. La question n’est donc pas de nier ou de minimiser ce phénomène, mais de lui apporter une réponse à la fois proportionnée et adéquate.
« Chère familles de victimes, nous compatissons avec votre douleur mais notre plaisir sportif passe avant tout. Allez, sans rancunes hein! »
Un étroit rapport de confiance entre le Citoyen et l’Etat
Le fait que chaque citoyen-soldat puisse conserver à son domicile une arme confiée par l’Etat constitue aujourd’hui encore un symbole très fort du lien de confiance qui les unit. Réguler à outrance afin de résoudre les problèmes de société face auxquels on se sent impuissants: telle est, de nos jours, la politique qui séduit. Une politique insidieuse: en déresponsabilisant par étapes les citoyennes et citoyens, c’est l’Etat qu’elle affaiblit en parallèle
Qu’on parle de lien avec l’Etat lorsque le sujet est une obligation me fait doucement sourire, hormis les masochistes personne n’aime son bourreau.
Selon leur bon plaisir, chacun devrait garder arme et munitions au foyer, et tant pis pour les morts. Les dommages collatéraux sont tous simplement ignorés, au profit du maintien d’une tradition obsolète. On en attendait pas moins d’une association miliariste.
Aujourd’hui un de leurs partisans à décidé de faire opposition à la nouvelle loi de retrait des cartouches, il n’ira donc pas rendre sa boite à l’arsenal, se mettant ainsi hors-la-loi et contredisant les ordres d’un conseiller fédéral. Un militaire de plus qui perd les pédales, et celui-ci reste armé.
A partir du 1er janvier 2008 les citoyens-soldats (terme relativement abject selon moi) pourront, s’ils le désirent, déposer leur arme de service à l’arsenal. Cette initiative du Conseil d’Etat genevois votée en septembre répond enfin aux attentes d’un peuple lassé de devoir garder une arme létale au foyer.
Mais évidemment…
Le Département fédéral de la défense (DDPS) ne tolère pas que des cantons offrent aux militaires la possibilité d’entreposer gratuitement leur arme à l’arsenal. Le conseiller fédéral Samuel Schmid est intervenu en ce sens auprès des autorités genevoises.
Forcer des personnes à posséder une arme mortelle à l’intérieur du cadre familial alors que d’autres solutions valables sont proposées, voilà un précepte moralement discutable. Son auteur est militariste et membre de l’UDC, on s’en serait douté.
L’envie de gerber du lundi matin étant enfin passée il est maintenant temps de commenter de manière claire les résultats des élections de dimanche passé, remportées en majeure partie par une déplorable équipe de millionnaires xénophobes élus par une petite moitié des électeurs inscrits. L’autre courageuse moitié d’abstentionnistes peut d’ailleurs justifier son utilité civique en tentant immédiatement de battre le record du monde d’apnée sous la banquise.
Une constatation navrante s’est ainsi imposée en fin de semaine : Le Suisse moyen semble être un mouton paranoïaque et docile votant aveuglément pour le parti qui vomira la campagne propagandiste la plus effrayante, le tout sans la moindre dose de réflexion quant aux conséquences de sa décision pusillanime.
Aujourd’hui j’ai donc envie de me torcher allègrement le panier à saucisses avec mon passeport à croix blanche, mais je me dis qu’au vu du nationalisme primaire ambiant ce ne serait pas la meilleure idée. Je vais donc me contenter d’aller sur la Place fédérale de Berne pour m’imprégner de la bêtise populaire, j’y effectuerai alors impunément quelques séries de saluts hitlériens histoire de marquer dignement l’actualité politique. En Suisse mieux vaut être un facho qu’un étranger, au moins maintenant t’as l’État de ton côté.
Sur ce, honte à vous citoyens électeurs de droite, paix à vos cerveaux morts d’ennui.