Kalimdor, les Royaumes de l’Est, l’Outreterre ou Norfendre, autant de continents virtuels richement fournis en aventures diverses et variées. Le monde d’Azeroth est un exemple parmi beaucoup d’autres, un monde imaginaire dont les propriétés physiques correspondent au notre (gravité, ciel, terre), avec toutefois quelques améliorations notable (pas besoin de manger ou de faire caca).



Septembre 2006, après un long voyage je débarque sur les terres d’Azeroth tel un touriste en mal de sensations fortes. Raté, tout me semble pareil et aussi chiant que dans le monde réel. Une araignée géante et très agressive me sort brusquement de mes constatations hâtives, elle sera ma première victime, pas la dernière.

Les mondes virtuels sont addictifs, on s’y sent bien et il est de ce fait difficile de les quitter. Les raisons principales en quelques points.

L’exhibitionnisme libre
Tu peux te balader en slibard n’importe où, les gardes ne te diront rien. Dans le monde réel essaie juste de te pavaner torse nu en plein centre-ville, tout le monde te regardera avec mépris, sauf si t’es une femme.



L’intolérance tolérée
Le racisme ne pause aucun problème, il est même encouragé, au même titre que toute autre discrimination physique. Tu peux te poser sur la place centrale de n’importe quelle capitale et traiter les Nains d’erreurs rachitiques de la nature, tu te feras peut-être gueuler dessus mais personne ne pourra légalement te reprocher quoi que ce soit.

Les religions concrètes
Les Dieux ne sont pas d’invisibles chimères sorties de l’imagination d’un hippie décédé des milliers d’années auparavant, ce sont des créatures existantes sous différentes formes physiques, et tu peux même leur foutre sur la gueule avec ton groupe de potes. Buter l’avatar du Mal personnifié c’est quand même plus sympa qu’un simple exorcisme ou tout le monde hurle et vomit du liquide vert.



La pierre de foyer
Imagine la situation : Tu es au bureau, la journée passe lentement, tu t’emmerdes comme un rat mort. Dans ta poche se trouve un petit caillou décoré d’une rune, tu le prends entre tes deux mains et te retrouve instantanément téléporté dans le bar de ton choix. Une merveilleuse invention que cet objet qui te ramène à ton auberge favorite, où que tu te trouves. Tu n’es plus jamais perdu, tu peux aller aussi loin que tu le désires, le retour au bistrot ne prendra alors que le temps d’une courte incantation.

La sexualité décomplexée
Elfes, Paladins, les individus entre deux sexes font partie intégrante de la population. Les plus pervers peuvent créer des Elfes femelles et passer des soirées à les regarder danser dans les clairières de Teldrassil. Un troupeau se rassemble en général assez rapidement autour, les personnages virtuels n’ont pas d’hormones mais les adolescents qui les contrôlent en débordent.



La reconnaissance
La caissière du supermarché te dit à peine bonjour? Le serveur du bar est trop occupé pour prêter attention à toi? Tu peux me croire, au moins quand tu débarques dans une taverne virtuelle l’accueil en vaut la peine. Après une journée passée à changer des cartouches d’imprimantes chez des clients chiants malgré ton doctorat en cybernétique, t’es bien content d’avoir un aubergiste qui te lance un « Salutations noble guerrier, soyez le bienvenu! » quand tu pénètres dans son établissement.

Les moyens de transports
Ta vieille Fiat Punto vient de perdre son pare-choc? L’essence coûte trop cher? Ton assurance auto a décidé d’augmenter sauvagement ses primes? Balance cette caisse moisie et utilise un bon gros dragon comme tout le monde. Tu peux t’en aller vers le soleil couchant au dessus de la banquise, ça te changera des embouteillages permanents du centre-ville.



La violence gratuite
Tu te balades tranquillement sur le dos de ton Raptor de combat en chantonnant le dernier tube de Zugstin Biberzül (un Troll prépubère avec une horrible frange), quand soudainement ta route croise celle d’une charmante Elfe en train de cueillir des pâquerettes. Tu peux lui faire douloureusement passer sa colonne vertébrale par le nez et repartir peinard, c’est aussi ça la beauté des mondes en guerre. Tu as même le droit de t’en vanter auprès des membres de ta guilde, ils te féliciteront.

La mort éphémère
La vie réelle n’a pas de deuxième chance, le moindre écart sur l’autoroute et ton âme se perd dans le grand néant inconnu. Dans les mondes virtuels il te suffit de retrouver ton corps pour t’y réincarner, et tu peux même te faire aider par des anges. C’est presque gratos et complètement illimité, même si tu es une sale Elfe dont la colonne vertébrale vient d’être extraite par un ennemi cruel qui passait par hasard sur son Raptor de combat.



L’argent facile
Gagner de l’argent est très simple, on te demande de buter quelques petites bestioles par-ci par-là de temps en temps. Parfois si tu veux te la raconter devant tes potes avec des récompenses somptueuses tu peux engager un monstre plus conséquent, l’avantage c’est que tu peux y retourner chaque jour car ces cons ressuscitent régulièrement. Ils se font ainsi buter indéfiniment, ne comprenant visiblement pas la technique de survie consistant à se barrer rapidement quand une équipe de malades armés jusqu’aux dents s’approche de leur résidence d’été.

Beaucoup de raisons qui font que de nos jours seuls les besoins physiques nous font quitter ces mondes merveilleux, alors qu’il suffirait de jouer sur la cuvette des chiottes avec des nutriments en intraveineuse pour ne plus avoir à supporter l’austérité du monde réel.
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4 commentaires

  1. Le 27.07.2011 @ 09:52
    guiiig
    Un solution utile:

  2. Le 27.07.2011 @ 10:38
    Mouais… Sauf que dans les mondes virtuels, ton évolution ne dépend que des autres (les concepteurs/trices du jeu qui amènent des améliorations au fur et à mesure) alors que dans la vie réelle finalement les possibilités sont nettement plus infinies et dépendent surtout de soi.
    Ce qui personnellement me rassure.
  3. Le 27.07.2011 @ 21:52
    foon
    L’elfe démembrée ne s’appellerait pas Kimy par hazard? :lalala:
  4. Le 27.07.2011 @ 22:20
    Je crois effectivement que c’est elle.


    (un connaisseur, ça fait plaisir :mrgreen: )

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