Ne pas se souvenir de la date d’anniversaire de ses enfants passe encore, mais oublier l’anniversaire de son blog est un crime qui devrait être gravement puni.

Honte à moi donc, car il y a trois jours le présent site web fêtait ses six années d’existence, ceci dans la plus totale indifférence.

N’ayant rien préparé pour l’occasion je suis malheureusement contraint de meubler ce billet pourri avec une photo de lapin, une manière comme une autre de célébrer l’évènement.



Tiens, bientôt 10’000 commentaires, de quoi faire largement gonfler mon… égo.
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La première saison de la série télévisée « Game of Thrones » s’est récemment terminée, après de nombreuses réclamations de mon fidèle public je suis fier d’aujourd’hui te présenter le résumé des évènements principaux, finement sélectionnés.

Le nombre de personnages est très élevé et les lieux nombreux, ici ne seront donc cités que les principaux d’entre-eux, plusieurs seront volontairement mis sous silence selon des critères uniquement personnels. De plus la chronologie sera quelque peu manipulée afin de faciliter la lecture par le regroupement de certaines actions originalement dispersées.

Plaçons tout d’abord le décor. Les grandes familles concernées sont les Stark, les Lannister, les Baratheon et les Targaryen. L’action se passe sur le continent imaginaire de Westeros, tu peux imprimer la carte ci-dessous et la parcourir pendant que je t’explique.

Carte de Westeros


Le continent de Westeros est coupé en deux au nord par un gigantesque mur de glace judicieusement appelé The Wall, on ne sait pas trop ce qui se cache de l’autre côté, mais on raconte que des créatures de légendes mortes-vivantes s’y baladent et commencent à vouloir profiter de la fraicheur hivernale pour venir nous bouffer les entrailles. Car oui, l’hiver approche (tout le monde le répète d’ailleurs), et le problème c’est qu’en Westeros les saisons durent des années. Imagine un hiver de dix ans avec des monstres qui se baladent dehors, tu saisis l’angoisse ambiante? Bref, au pied sud du mur, se trouve l’avant-poste de Castle Black, à partir duquel part l’unique tunnel d’accès au nord.


Un peu plus au sud se trouve la ville fortifiée de Winterfell, résidence de la famille Stark. Eddard « Ned » Stark et sa femme Catelyn Stark y élèvent leurs nombreux enfants, dont entre-autres Robb Stark, Arya Stark, Sansa Stark, Bran Stark, et Jon Snow (le fils bâtard d’Eddard Stark).


Au centre de Westeros se trouve King’s Landing, capitale dans laquelle réside le roi Robert Baratheon, sa femme Cersei Lannister et leur fils Joffrey Baratheon. Cersei Lannister a plusieurs frères, dont le vil Jaime Lannister et Tyrion Lannister, un nain d’une grande classe.


Suite au pétage de câble de l’ancien roi Aerys II Targaryen dit The Mad King, toute la famille Targaryen est partie en exil sur le continent voisin. Le fils Viserys Targaryen a l’intention d’offrir sa sœur Daenerys Targaryen en épousailles au Khal Drogo, un barbare local poilu et viril.

Voilà, la base est en place, la suite est bien évidemment sujette à une…



Lançons tout d’abord un « previously on Game of Thrones » , comme le veux la tradition.
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Aujourd’hui je vais te parler d’un vieux film de « cinéma d’anticipation ». Tu ne sais pas ce que c’est ? Je t’explique en deux mots : Le cinéma d’anticipation consiste à imaginer la tronche de notre futur, si possible de la manière la plus déprimante possible.

Et aujourd’hui, on parle de…

« Soylent Green » est un film américain de 1973 basé sur « Make Room! Make Room! », un roman de Harry Harrison sorti en 1966. Pour une raison inconnue et très étrange le titre français a été traduit en « Soleil Vert ».

Ah oui, je te préviens que je vais spoiler comme un porc dès maintenant, à toi de voir.

Nous sommes en 2022, à force de rouler en Hummer ces blaireaux d’humains ont fini par pourrir la planète, l’action se passe dans un New York chaud et moite comme une aisselle de sumo. Un smog jaune y règne en permanence, la surpopulation est à son apogée et on ne bouffe plus que des tablettes énergétiques de la marque Soylent, contraction de « soybean-lentil », soit « soja-lentille ». La dernière née de la série est la version « green », soi-disant préparée à base de plancton et tout aussi insipide que ses versions colorées précédentes. Pour tes cinq fruits et légumes par jour tu repasseras.

« Y’a bon ! »

Tu noteras que tout comme pour l’écran de TV ci-dessus, en 2022, le design des ordinateurs sera le même que dans les années 80, incroyable non? Une scène mémorable montre Shirl (Leigh Taylor-Young) en train de jouer sur le dernier portable de chez Apple. La marque aura alors visiblement décidé d’imposer des écrans gigantesques que tout le monde achètera parce que c’est inutile mais joli, dans le futur on ne réfléchira manifestement pas plus qu’aujourd’hui.

« Hi hi hi ! »

Fort heureusement pour tout le monde, d’excellents blogs seront toujours d’actualité dans cet horrible futur post-apocalyptique de merde.

« LOL ! »

Lors d’émeutes les employés de la ville utilisent des bulldozers estampillés « riot control » pour ramasser les manifestants à la pelle mécanique, c’est dire le respect de l’individu.

Pendant ces scènes interminables on se demande d’ailleurs pourquoi les citoyens ramassées ne sautent pas hors de la pelle pendant les premiers instants de leur lent soulèvement, lorsqu’ils sont encore à moins d’un mètre du sol. Une envie de mourir ? L’acceptation de la fatalité ? On ne le saura probablement jamais.


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Nous autres Helvètes nous distinguons du reste de l’humanité par quelques points subtils dont l’énumération serait fastidieuse. En augmentant le grossissement de notre microscope on peut toutefois se pencher sur une partie plus précise de la population suisse, en l’occurrence les légendaires genevois, réputés de par le monde pour leur modestie et la qualité phénoménale de leurs gènes.

On peut donc d’une manière générale dire que tu sais que tu es à Genève quand…

Tu loues un trois pièces pourri pour deux-mille balles.
Un flic t’indique poliment l’adresse du Quai 9 pour aller t’injecter le sachet d’héroïne que tu lui agite sous le nez.
Tu entends parler en français dans la rue, et ça te surprend.
Tu vois des affiches du parti politique local, et elles te semblent avoir été dessinées dans Word par un enfant manchot et aveugle.
Tu veux te déplacer avec les transports en commun, mais ça te coûte moins cher de louer une voiture pour la journée.
Tu te promènes sur les quais, et on te demande si tu cherches de la drogue tous les dix mètres.
Tu veux prendre en photo ce légendaire Jet d’Eau dont on t’a tant parlé, mais il est éteint.
Tu ne sais pas de quel côté les portes du tram vont s’ouvrir.
Tu veux traverser la route au vert et sur le passage piéton, mais un cycliste te coupe la route, et t’engueule ensuite.
Tu vois des mendiants qui font la manche devant les boutiques de luxe.
Dans la rue tu vois des gens assez cons pour jouer au bonneteau.
Ton café coûte aussi cher que ton repas.
Le plat local n’est à priori pas la longeole genevoise, mais le kebab frites.
Les propriétaires de chiens ramassent les crottes de leurs bêtes, puis les jettent dans une poubelle.
Tu remarques que les horaires de bus sont juste décoratifs.
Tu vois une patrouille de police qui s’arrête pour verbaliser une voiture mal garée, sans prêter attention aux dealers qui observent la scène juste à côté.
Tu ne sais pas ce qu’est ce « Léman » dont parlent les autres suisses qui font allusion au Lac de Genève.


En voiture un mec te coupe la route et ça t’énerve, mais quand tu vois ses plaques 74 ou 01 alors tu comprends, et ça te rassure même un peu.
Dans ta rue il y a au moins un immeuble entièrement bâché.
Tu vois des soldats suisses qui longent les murs pour ne pas se faire caillasser.
Une dame très polie t’aborde pour te demander si toi aussi tu entends des voix.
Tu découvres des noms de lieux amusants tels que « Chantepoulet » ou « Cornavin ».
En voiture, quand tu sors d’un embouteillage c’est pour immédiatement plonger dans le suivant.
Le bus que tu veux prendre est à son arrêt, mais le chauffeur n’ouvre pas les portes pour te laisser monter.
Tu veux faire des courses le soir, mais aucun magasin n’est ouvert.
Tu remarques qu’il n’y a aucune poubelle, mais que curieusement les rues sont quand même propres.
Tu demandes où est le plus proche magasin de montres et on te répond « juste derrière vous ».
Les dix plus hauts monuments de la ville sont des grues de chantiers.
Tu dois choisir entre t’acheter une glace au bord du lac, ou pour le même prix une nouvelle voiture.
Les jeunes font des doigts d’honneurs aux véhicules militaires.
En arrivant à la plage tu te rends compte que c’est en fait un banc de sable de quelques mètres carrés.
Tu vois des affiches « visit Switzerland » et tu trouves les paysages jolis, comme si c’était un autre pays.
L’arrêt de bus qui était pourtant là hier a encore été déplacé beaucoup plus loin.
Ton assurance maladie est la plus chère du pays.
Tu es obligé de postuler pour une cinquantaine d’appartements dans l’espoir de t’en voir attribuer un seul.
Tu vois des plaques de voitures « ZH », « BE » ou « TI » et tu te dis « encore des étrangers! ».
Tu croises des travaux, des tranchées et des barrières de chantiers dans toutes les rues, sans exception.


Tu aperçois un minaret qui surplombe la mosquée, alors que tu pensais que les moutons helvétiques les avaient interdits.
Une connaissance te dit qu’elle est suisse et tu trouves ça incroyable qu’il y en ait encore.
Tu dois sortir un billet de dix balles pour payer une heure de parking.
Tu crois être à l’abri en Suisse, mais une explosion vient te sortir de ta rêverie.
Tu cherches désespérément l’entrée du métro pourtant indiquée dans ton application-guide.
Tu vois les gens s’énerver quand tu prononces le nom de « Kadhafi ».
Tu commandes une bière au bar, et le serveur te répond qu’il ne parle qu’anglais.
Tu veux te déplacer le long des quais et le seul moyen de transport disponible est un petit train solaire pour touristes.
Tout d’un coup la moitié de la ville est fermée pour permettre à un président inconnu en visite de faire son footing.
Tu passes devant l’ONU avec tes sacs de commissions, au milieu des manifestants.
Chaque semaine on te demande de signer une pétition pour libérer quelqu’un dans un pays lointain.
Les affiches de l’UDC sont toujours toutes déchirées, ou vulgairement annotées au marqueur.
Tu lis sur les visages des touristes la déception de ne pas voir des vaches et des cors des Alpes au milieu de tous ces immeubles.
Tu ne trouves pas de toilettes publiques.
Les seules voitures qui osent emprunter les voies de bus ont des plaques françaises.
Tu passes une heure à essayer de comprendre le fonctionnement du distributeur de billets de bus.
Juste avant la récréation scolaire, les enseignants sortent en premier pour virer les dealers qui squattent le préau.

Mais surtout.

Tu remarques que pour un pays aussi discret que la Suisse, les habitants locaux ont une bien grande gueule.
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