avr 2011
27
Après le premier trimestre de grossesse vient le deuxième, ça fait partie des logiques stupides comme « après la pluie, le beau temps » . Si le début était source d’émerveillement, la suite est un véritable vortex temporel dans lequel tout parait plus long. La plupart des activités jusque là régulières passent dorénavant au second plan, notamment ton blog et ton Troll d’Azeroth.
Tous tes potes parents qui te parlaient sans arrêt de leur marmaille commencent soudainement à tenir des discours que tu comprends. Les sujets des discussions de repas changent du tout au tout, au lieu de bagnoles et jeux vidéos on aborde des points intéressants comme l’odeur de merde et la température idéale du biberon. Pampers et Chicco viennent remplacer Armani et Toyota, curieusement sans regrets.
Les mises en garde sont fréquentes, tu découvriras ainsi que tu peux « téfloniser » les banquettes de ta voiture pour les rendre imperméables aux déjections stomacales. Parce que oui, un gamin en voiture ça vomit, ça vomit même beaucoup semble-t-il. On te préviendra que certaines couches-culottes laissent passer la diarrhée, ce qui couvre le dos du pauvre bambin jusqu’à la nuque. On te dira que tu ne dormiras plus que par tranches de deux heures, que ta vie sociale sera anéantie, que toutes tes économies y passeront et qu’il te faudra très probablement faire une croix sur ta sexualité. Si tu n’es pas en train de te taillader les veines à ce moment-là, ton interlocuteur te sortira alors une phrase magnifique et peu crédible au vu du discours précité : « Nan mais tu verras, c’est que du bonheur » . L’humain est formidable, il arrive même à trouver du positif dans le vomi, la merde, les insomnies et l’abstinence.
La deuxième échographie (qui a lieu à ce moment là) révèle sur demande le sexe du marmot, permettant ainsi de prévoir une liste de prénoms qui seront longuement débattus. Tes proches te fourniront un inventaire écrit des découvertes faites dans leur entourage, révélant la possible présence de substances hallucinogènes dans le flux sanguin de certains procréateurs. Pétunia, Miou, Verveine, Kévin, Brian, l’abus de drogue des parents devient une punition à vie pour ces pauvres gamins.
La fin du deuxième trimestre est le moment où junior commence à tabasser sa mère de l’intérieur. Dans la plupart de nos société occidentales, filer des tatanes à une femme est extrêmement mal vu, mais là curieusement, non. Le premier coup (assez discret) est une source d’extase indescriptible, puis au fil des jours l’excitation descend, les passionnés de science-fiction feront vite l’amalgame avec Alien, dont les mouvements sous-cutanés présentent des similitudes effrayantes. La mère, elle, subira de force l’initiation de bébé à la boxe thaïlandaise, les organes internes faisant office de punching ball. Très agréable la nuit parait-il.
Nous autres mâles géniteurs sommes visiblement la proie d’un phénomène semble-t-il très courant, la couvade. Ton organisme commence subitement à « péter un câble » (c’est le terme médical officiel), le système digestif accumule tout ce que tu bouffes en prévision d’une hypothétique nouvelle ère glaciaire. Alors que du côté de ta femme la courbe grimpe prudemment, semaine après semaine.

Chez toi, homme, c’est une autre affaire.

Mais tu t’en fous, parce qu’au fond « tu verras, c’est que du bonheur » .
Tous tes potes parents qui te parlaient sans arrêt de leur marmaille commencent soudainement à tenir des discours que tu comprends. Les sujets des discussions de repas changent du tout au tout, au lieu de bagnoles et jeux vidéos on aborde des points intéressants comme l’odeur de merde et la température idéale du biberon. Pampers et Chicco viennent remplacer Armani et Toyota, curieusement sans regrets.
Les mises en garde sont fréquentes, tu découvriras ainsi que tu peux « téfloniser » les banquettes de ta voiture pour les rendre imperméables aux déjections stomacales. Parce que oui, un gamin en voiture ça vomit, ça vomit même beaucoup semble-t-il. On te préviendra que certaines couches-culottes laissent passer la diarrhée, ce qui couvre le dos du pauvre bambin jusqu’à la nuque. On te dira que tu ne dormiras plus que par tranches de deux heures, que ta vie sociale sera anéantie, que toutes tes économies y passeront et qu’il te faudra très probablement faire une croix sur ta sexualité. Si tu n’es pas en train de te taillader les veines à ce moment-là, ton interlocuteur te sortira alors une phrase magnifique et peu crédible au vu du discours précité : « Nan mais tu verras, c’est que du bonheur » . L’humain est formidable, il arrive même à trouver du positif dans le vomi, la merde, les insomnies et l’abstinence.
La deuxième échographie (qui a lieu à ce moment là) révèle sur demande le sexe du marmot, permettant ainsi de prévoir une liste de prénoms qui seront longuement débattus. Tes proches te fourniront un inventaire écrit des découvertes faites dans leur entourage, révélant la possible présence de substances hallucinogènes dans le flux sanguin de certains procréateurs. Pétunia, Miou, Verveine, Kévin, Brian, l’abus de drogue des parents devient une punition à vie pour ces pauvres gamins.
La fin du deuxième trimestre est le moment où junior commence à tabasser sa mère de l’intérieur. Dans la plupart de nos société occidentales, filer des tatanes à une femme est extrêmement mal vu, mais là curieusement, non. Le premier coup (assez discret) est une source d’extase indescriptible, puis au fil des jours l’excitation descend, les passionnés de science-fiction feront vite l’amalgame avec Alien, dont les mouvements sous-cutanés présentent des similitudes effrayantes. La mère, elle, subira de force l’initiation de bébé à la boxe thaïlandaise, les organes internes faisant office de punching ball. Très agréable la nuit parait-il.
Nous autres mâles géniteurs sommes visiblement la proie d’un phénomène semble-t-il très courant, la couvade. Ton organisme commence subitement à « péter un câble » (c’est le terme médical officiel), le système digestif accumule tout ce que tu bouffes en prévision d’une hypothétique nouvelle ère glaciaire. Alors que du côté de ta femme la courbe grimpe prudemment, semaine après semaine.

Chez toi, homme, c’est une autre affaire.

Mais tu t’en fous, parce qu’au fond « tu verras, c’est que du bonheur » .













