Mon premier private joke, j’en suis tout ému.    Imprimer Imprimer   
Parmi tous les génériques de séries télévisées que tu auras pu croiser ici, aucun n’est français, il est donc grand temps de briser cette tradition.

« Hero Corp » est une série française créée par Simon Astier, le demi-frère d’Alexandre Astier, auteur de l’incontournable « Kaamelott » . L’histoire est celle d’un groupe d’anciens super-héros à la retraite vivant isolés du monde dans un village de Lozère, un département français. Tous appartiennent à Hero Corp, une agence de super-héros créée dans les années quatre-vingt suite à une grande guerre. Tout se passe paisiblement, jusqu’au jour où John (Simon Astier) débarque.

Le générique est une succession d’images rappelant le style des comics books américains, c’est le dessinateur français Olivier Peru qui en est l’auteur, on lui doit entre-autre le sixième tome de « Kookaburra Universe » intitulé « Le Serment Dakoïd » .



La fin de chaque générique est une image dessinée qui, via un fondu, laisse finalement place à la première séquence en prise réelle. Le contraste entre la noblesse du générique et l’attitude de loosers des protagonistes crée un choc, la majorité d’entre-eux ont en effet vu leurs pouvoirs régresser jusqu’à atteindre une inutilité désolante. Prenons par exemple « Acid Man » (François Podetti), un super-héros qui crachait de l’acide par ses mains. Aujourd’hui il n’arrive plus qu’à projeter du shampoing (doux en plus, qui ne pique même pas les yeux!), et il a du coup été renommé en Captain Shampoing à son grand désarroi.

On croise dans cette série un grand nombre d’acteurs de « Kaamelott » , à commencer bien évidemment par Simon Astier dans le rôle de John, il jouait Yvain le Chevalier au Lion. Notons la présence récurrente de Christian Bujeau dans le rôle du vil The Lord, tout le monde se souvient du maitre d’armes du Roi Arthur, ce dernier joué par Alexandre Astier qui tient d’ailleurs ici le rôle de Arraignée Man dans la deuxième saison. Le chef de l’agence est Neil Mac Kormack, joué par Lionnel Astier (le père de Simon Astier) alias Léodagan de Carmélide. La belle-mère de John (Simon Astier) est jouée par Josée Drevon, sa mère dans la vraie vie, elle jouait Ygerne, la mère du Roi Arthur. Pas facile de suivre.

Notons également la présence d’acteurs célèbres tels que Disiz la Peste dans le rôle de Captain Trois-Rivières, Pierre Palmade en Hoger, Pascal Légitimus en Favreau et finalement le gros retour d’un québecois qui m’avait fait pleurer de rire dans ma jeunesse, Michel Courtemanche en Capitaine Canada.

Le générique de la seconde saison est plus poussé, sa durée est doublée et passe à une minute. Fais toutefois attention, son contenu résume en quelques secondes toute la première saison, c’est donc un énorme spoiler que toute personne qui découvre la série préfèrera éviter.



Dernier point, et pas des moindres, la musique du générique a quant à elle été composée par Étienne Forget, un français qui est à l’origine de plusieurs musiques de films, séries et publicités. File voir son site si tu veux plus d’informations.



« Hero Corp » reste une série divertissante avec peu d’effets spéciaux malgré le sujet central, sa qualité réside donc surtout dans le jeu des acteurs, dont certains valent vraiment le détour.
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Finalement! Après t’avoir montré comment un bon troufion helvétique devait se comporter (ici et ), il est maintenant grand temps d’entamer de plein pot le sujet qui finalement nous intéresse, à savoir le contenu de la brochure explicative qui diffuse toutes ces informations officielles (et autres dessins rigolos).

Le fichier PDF en question a donc été distribué par l’armée suisse en 2007 sous le doux nom de « Règlement 51.019 f ». Si tu en as le courage tu peux le télécharger pour le consulter dans son intégralité, ne cherche pas chez Wikileaks, c’est une exclusivité mondiale.

On apprend par exemple à la page quarante-neuf que pour utiliser des jumelles, mieux vaut les placer devant les yeux (et non pas dessous !).


Ça peut avoir l’air un peu compliqué au premier abord, les techniques militaires échappent parfois aux simples civils que nous sommes.

On t’indique également que pour voir au loin, faire semblant d’avoir des jumelles avec tes mains ne sert à rien (hormis pour avoir l’air con), et avoir une friteuse sur trépied devant la gueule non plus.


Quelques préceptes sont indiqués, certains parlent de la bonne manière de se comporter en public, d’autres te disent comment pisser de la meilleure manière possible, à condition bien sûr que ton supérieur t’aie préalablement donné l’autorisation.

Il (le soldat n.b.) doit avoir confiance en sa forme physique et son équipement et être certain que son action militaire a un sens légitimé par l’État. (1.2.4)

Le militaire qui n’a d’ailleurs pas confiance en sa forme physique avant une marche de cinquante bornes peut aller négocier avec son supérieur hiérarchique, ce dernier comprendra et permettra à la recrue fatiguée de se reposer au bar en attendant ses potes.

En ce qui concerne la légitimité de tes actions en tant que soldat, n’oublie surtout pas ton droit primordial à fermer ta gueule quand tu subis tes dizaines d’humiliations journalières.

Le courage ne se manifeste pas seulement à l’engagement, en tant que volonté de mener à bien la mission, même au prix de sa vie. (1.2.4)

Quoi de plus beau que de crever pour sa patrie?

Ah ouais, ne pas crever pour sa patrie.

L’opinion publique part du principe qu’à l’armée, toute action d’un soldat reflète l’intention de ses supérieurs ; et cela en remontant jusqu’au gouvernement. Aussi, le principe qui prévaut est le suivant : « En tant que soldat, agis toujours comme si tu étais filmé ou photographié » (2.1)

Garde un sourire crispé en permanence, même quand tu bouffes ou quand tu dors. Douche toi toujours habillé, ce serait con de finir à poil sur Facedebouc ou Youtube.

Par contre n’hésite quand même pas à faire des grimaces marrantes de temps en temps pour détendre tes zygomatiques, ça donne parfois des clichés désopilants.

En présence d’une mine ou d’un piège, on réagit comme suit :
a. tous les membres de l’équipe se jettent au sol ;
b. on évite de déclencher d’autres mines et d’autres pièges ; (7.6.3)

Le point (a) est surtout destiné à faire péter les mines restantes, dans la mesure du possible le chef de groupe tentera de sacrifier les plus mauvais éléments.

Le point (b) ne sera ici pas abordé du fait de son illogisme. En effet, quelqu’un pourrait m’expliquer pour quelle raison absurde un être humain doté de raisonnement refuserait volontairement de sauter joyeusement sur une mine?

Bref, si après tout ça tu as encore la chance d’avoir deux bras et deux jambes, reste conscient du fait que tu es avant tout au service des nombreux morceaux de tissus colorés auxquels tu dois d’ailleurs faire preuve de respect.

Le militaire isolé est tenu de saluer :
– les drapeaux et les étendards déployés ;
– lorsque retentit l’hymne national suisse ou un hymne national étranger au cours d’une cérémonie officielle. (Annexe 1 – 1.5)

Le militaire isolé n’oubliera pas non plus de saluer d’autres symboles helvétiques tels que les affiches de l’UDC ou les supermarchés Migros. En revanche, rien n’est dit sur le comportement que doit adopter un troufion face à un minaret.

Tiens, écoute voir la chanson ci-dessous, c’est pour tester un truc.



Si à l’écoute de ce son tu sens inopinément ton corps se raidir avec un besoin irrésistible de coller ta main tendue contre le bord de ta tronche, c’est alors le signe qu’il te faut dégager immédiatement de ce blog, on ne veut pas de gens comme toi ici ! Non mais alors, j’ai une clientèle à protéger moi.

Dans le cas contraire tu peux laisser un commentaire, en tant que sorbet colonel je t’en donne le droit.

Allez, repos! ,    Imprimer Imprimer   
Vous avez été des millions (voire des milliards) à apprécier le contenu du précédent billet, à savoir la présentation du langage des signes néandertaliens par la désormais célèbre recrue Brandon.

Tu seras donc heureux d’apprendre que ton militaire favori a repris du service, cette fois pour te montrer le maniement des grenades à main.

Alors, une grenade à main c’est un peu comme le fruit éponyme, sauf que le fruit t’apporte quarante pour-cent de tes besoins journaliers en vitamine C au lieu de te déchiqueter dans d’horribles souffrances.



Heureusement pour notre recrue Brandon, le soldat Kévin (son fidèle frère d’arme) l’accompagne dans cette tâche d’instruction qui s’avère finalement moins distrayante que prévu.



La pause pipi n’attend pas, une vessie ça explose si facilement. , ,    Imprimer Imprimer   
L’armée suisse a sorti en 2007 un document qui explique aux troufions la bonne manière de se comporter sous leur déguisement vert kaki. Un billet détaillé est d’ailleurs en cours de rédaction, mais le document original comptabilise deux-cent-quatre pages et leur analyse complète n’est pas une mince affaire.

Voici toutefois un avant goût.

La section 5.2.1 t’apprend qu’il existe trois modes de communication au sein des troupes : La communication horizontale, latérale et verticale.

La communication horizontale est, je cite.

Communication avec un vis-à-vis (personne civile, suspect, prisonnier)


Tu noteras que toi, civil, te trouves dans le même panier que les suspects et les prisonniers.

Mais le point qui nous intéresse aujourd’hui est la communication latérale, celle effectuée entre guerriers. Cette communication est rendue possible par l’intermédiaire de gestes primitifs, les hommes de Néandertal n’étant malheureusement pas dotés de parole. Ce rudimentaire langage corporel est expliqué à l’aide de jolis dessins facilement compréhensibles.



Voici le détail de la fresque, je me suis quand même permis d’adapter les textes aux subtilités linguistiques de notre époque.










Si un jour tu croises une bidasse alors n’hésite pas à tenter de communiquer avec elle, ça lui fera certainement plaisir.
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À l’instar ce certains partis politiques helvétiques qui prennent les citoyens pour de gros demeurés, je vais aujourd’hui te montrer comment cocher correctement une case bien précise sur le bulletin de vote que tu as reçu par la poste.

Munis toi d’un stylo foncé, pose le bulletin sur une surface plane, puis essaie de reproduire ce que mes grosses paluches font sur cette vidéo.



Une fois cette prouesse terminée tu indiques ta date de naissance dans l’emplacement adéquat, tu signes, et tu envoies tout ça à Big Brother qui s’occupera du reste.

Tu vois, voter intelligemment c’est vraiment à la portée de n’importe qui. ,    Imprimer Imprimer   
Dans quelques jours aura (encore) lieu à Genève la traditionnelle liquidation de matériel militaire, parce que faire preuve de stratégie martiale c’est aussi savoir vendre de l’équipement vert-kaki dans la ville la plus antimilitariste de Suisse.

Le hasard a d’ailleurs placé certaines affiches d’une manière cocasse.



Une brochure au format PDF disponible en ligne t’explique à quoi t’attendre, la première page saute agressivement aux yeux.



Je te laisse découper ton écran d’ordinateur au burin pour en extraire le bon-cadeau, afin de pouvoir jouir agréablement d’un ESSUIE-MAIN MILITAIRE GRATUIT ! En passant n’oublie d’ailleurs pas d’acheter la hache, elle pourra te servir à débiter les talons-hauts des bottines de la demoiselle, peu pratiques pour les marches forcées de trente kilomètres.

La combinaison sexy de cambriolage nocturne peut également s’avérer utile si tu as malencontreusement oublié tes clés (ou qu’elles sont tombées dans la cage d’ascenseur, spéciale dédicace), la barre à mine est un accessoire séparé que l’on retrouve en fin de brochure.



Le glamour militaire est également un argument de vente indéniable, j’en veux pour preuve la véritable jupe confectionnée à partir de restes de torchons râpeux.



L’armée helvétique recycle à mort, les troufions de 2011 porteront d’ailleurs ces jupes lors des parades urbaines. En projet on notera également la veste de randonnée produite avec du papier toilette, ainsi que le soutien-gorge créé avec des restes de vieux biscuits militaires.

Autre élément indispensable du soldat, la fameuse flasque camouflée lui apporte le réconfort éthylique suffisant pour oublier sa condition merdique.



En plus de la brochure, on trouve une quantité non négligeable d’articles sur le site web du revendeur, comme cette passoire géante à quinze balles qui semble procurer une joie immense à son propriétaire, pourtant à priori victime d’un violent torticolis.


« Yahouuuuu! J’ai une passoire géante! J’ai une passoire géante! »


Ou ce superbe ensemble qui te permettra de creuser de somptueuses fosses sceptiques au fond de ton jardin pendant les jours de pluie, tes amies les taupes adoreront.



Sans déconner, il n’a pas l’air heureux le sac poubelle? Avec sa petite pelle et son seau? Vingt-neuf balles, pas cher!

Tu noteras une variante plus légère spécialement conçue pour les couples, parce qu’avoir l’air totalement con à deux c’est quand même psychologiquement moins pesant.



Je serai au stand qui fourni armes et munitions, n’hésite pas à passer me voir. ,    Imprimer Imprimer   
La pire expérience de ma vie fut sans nul doute endurée durant ces fameux cinq mois passés « sous les drapeaux », cet euphémisme soi-disant patriotique désignant l’engagement militaire auquel tout mâle suisse majeur est contraint, sous peine de taxe ou d’emprisonnement. Il existe bien certaines alternatives telles que le service civil ou la protection civile, mais celles-ci sont difficiles d’accès, que ce soit par leurs conditions d’admissions strictes ou simplement leurs capacités limitées.

Lors d’une cérémonie ridicule qui a lieu le premier jour, toute recrue reçoit un fusil d’assaut, et ceci sans le moindre examen psychologique préalable. Refuser l’arme à cet instant implique des sanctions que tout post-adolescent n’est pas forcément prêt à subir, de plus la pression du rituel et le manque de volonté dû à l’âge font que la plupart des apprentis troufions acceptent ce fardeau avec fatalité, sans se soucier des conséquences que ce simple geste pourrait entrainer.

Une fois son école de recrue accomplie, le citoyen-soldat ramène chez lui son arme à feu, cette dernière devient ainsi une habitante à part entière du foyer. Cachée au fond d’un placard ou d’un grenier, sa présence dans l’ombre est ressentie en permanence, on est loin du cliché de la famille paisible.




La plupart du temps il faut avouer que la cohabitation se passe sans trop de problème, si on met bien évidemment de côté la violence latente qu’entraine la possession d’une arme de guerre à la maison. En revanche, il arrive parfois que certaines personnes s’en servent comme moyen de pression psychologique sur leurs proches, d’autres l’utilisent pour se suicider, voire massacrer leur famille ou des inconnus pris au hasard dans la rue.

Un article paru dans le magazine Femina parle de ce phénomène, depuis le point de vue de dizaines de femmes qui subissent régulièrement des violences de la part de leur conjoint, ce dernier utilisant l’argument de l’arme comme moyen de pression.



Témoignage extrait.

Lilismiles ne sourit plus. Derrière son pseudo, sur Internet, cette Fribourgeoise de 29 ans se raconte. Son compagnon la harcèle, la frappe, la persuade qu’il l’aime. Ou menace de la tuer. Scènes typiques de violence dans le couple, sauf que la dernière fois, écrit-elle sur un forum il y a quelques semaines, son homme «avait posé un fusil pas très loin de lui. Inutile de vous expliquer l’effet dissuasif de ce geste et, après une longue discussion, il a réussi à faire sortir de ma bouche mon accord pour revenir!»


Le 13 février 2011, le peuple suisse sera amener à voter pour une initiative baptisée « Pour la protection face à la violence des armes » qui vise entre autre à forcer le dépôt des armes militaires à l’arsenal. Un « OUI » clair est bien évidemment souhaité.

Les organisations militaristes se sont regroupées pour faire face à cette action qui, selon elles, est inutile. Parmi tous les arguments ridicules que l’on aura pu entendre, ils ont choisi d’axer leur campagne d’affiches sur le côté traditionnel des carnages à l’arme à feu. Je te laisse juger du désastre.



Le lampion rouge à croix blanche, symbole patriotique de la fête nationale, porté par une ribambelle de marmots bien habillés qui -à l’instar des militaires- défilent en rang au son de la fanfare.

Le tableau est touchant, le lampion est écrasé et une fumée grise en sort sur la droite, comparant de ce fait l’objet enfantin avec un imaginaire fusil d’assaut que ces vilains pacifistes veulent enfermer au placard. Ainsi, après avoir été (à juste titre) comparés à des moutons, les Suisses sont maintenant associés à des enfants auxquels ont aurait cassé un jouet. Et le pire, c’est que ça marche.

Nous autres antimilitaristes sommes maintenant accusés de vouloir « détruire les valeurs suisses », note bien le pluriel abusif (« les valeurs », lesquelles?), qui sert sans-doute à renforcer la sensation de déshonneur envers notre pauvre Mère-Patrie qui se meurt sous le joug des infidèles que nous sommes. Ah misère, nous ne méritons vraiment pas notre passeport à croix blanche, nous et notre espoir immonde d’empêcher certains massacres impulsifs, une superbe « valeur suisse » que les partisans du maintien des armes au foyer veulent à priori perpétuer.

Le bas de l’affiche termine le tableau par un texte une fois de plus lourdement réfléchi.

Initiative inutile des milieux de gauche sur les armes


Quand on n’a pas d’arguments on tente de discréditer son adversaire, une réaction instinctive qui devrait normalement trouver sa place dans une cour d’école plutôt que sur une affiche de propagande. Tu noteras au passage le terme des « milieux de gauche », qui hormis un jeu de mot surement involontaire reste une expression délibérément très vague dans la droite lignée de certains partis.

Bref, j’y reviendrai en temps voulu, mais pour le bien de toutes et tous prépare toi à cocher la case du « OUI » le 13 février prochain. , ,    Imprimer Imprimer