Tout ordinateur connecté à Internet (et plus globalement à un réseau informatique) possède un identifiant unique lui permettant d’être reconnu, cet identifiant se nomme « adresse IP » et est en général attribué lors de chaque connexion par le fournisseur d’accès. Les serveurs contenant les sites web que tu visites chaque jour possèdent ainsi chacun leur propre adresse IP. Visuellement, une adresse IP est une suite de quatre chiffres situés entre 1 et 255 séparés par des points, on a donc 4’228’250’625 possibilités, de tête.

En théorie si tu voulais visiter un site web tu devrais écrire dans ton petit Firefox l’adresse IP du serveur sur lequel sont stockées les pages web que tu désires voir. Par exemple pour aller sur Google tu devrais écrire « http://74.125.39.104 » (tu peux essayer ça fonctionne), tu te rendras vite compte que premièrement ce n’est pas pratique, et qu’ensuite curieusement tu ne procèdes pas du tout comme ça.

Effectivement, afin de faciliter la vie des surfeurs un système est utilisé depuis bien longtemps, ce système se nomme DNS (Domain Name Server) et permet de convertir l’adresse littérale (le nom de domaine) en adresse IP grâce à une simple table de conversion. Ainsi donc lorsque tu tapes « http://www.google.com » , ta requête part vers un serveur DNS qui va ensuite fournir l’adresse IP (« 74.125.39.104 » ) correspondante au nom de domaine (« google.com » ), le tout de manière totalement transparente pour toi, petit néophyte chanceux.

Les entreprises qui gèrent ces serveurs DNS s’appellent des « registars » , il y en a un bon paquet sur la toile et tous sont soumis à l’autorité d’un organisme supérieur : l’ICANN. Un site web nécessite donc deux choses : Un nom de domaine enregistré chez un registar et un hébergeur qui possède un serveur sur lequel seront stockées tes pages web. En général les hébergeurs s’occupent de gérer gracieusement le nom de domaine dans la foulée, le webmaster moyen ne s’occupe donc que très rarement de cette opération.

Le problème survient quand tu veux changer d’hébergeur, en effet il faut aller demander au registar de faire pointer le nom de domaine vers ton nouvel hébergeur, parfois il faut même changer de registar. Et là, c’est le drame. L’opération prend au minimum cinq jours ouvrables d’agonie, une douzaine d’euros et toute ta bonne humeur. Je te conseille à ce sujet la lecture des « confessions d’un voleur » racontées par un ancien employé d’un célèbre registar.

Anecdote amusante, dans un des derniers épisodes de la troisième saison de la série « 24 » , un terroriste informaticien prononce à un moment une phrase qui donne à peu de choses près « Ils sont en train de chercher notre adresse IP en fonction de notre nom de domaine. » . Jargon technique oblige cette phrase passe tout droit pour le grand public, elle fera toutefois sourire les geeks assidus. En effet, pour connaitre l’adresse IP d’un nom de domaine il suffit d’écrire « ping » suivi du nom de domaine dans une ligne de commande, l’opération prend grosso-modo une demi-seconde. Ce pauvre Jack Bauer est vraiment entouré d’une bande de pives à la CTU.

Mais bon, cinq jours pour changer une ligne dans une base de données, elles sont à priori partout. , ,

On en parle sur Twitter

Billets similaires

  1. Les joies de la domotique : Comme quoi, on peut être informaticien, électronicien, fan du Trans-Siberian Orchestra et finir quand même avec deux millions de visites...
  2. Petite annonce : Les critères de sélection des entreprises deviennent de plus en plus extravagants, cela ne m’étonnerait pas que dans quelques mois...
  3. Mise à jour nocturne : L’avantage quand on est sur Skyblog c’est qu’on a pas vraiment de grosse responsabilité au niveau technique. En contrepartie il...

8 commentaires

  1. Le 13.08.2008 @ 12:01
    En bon gros geek qui tâche, je préfère un nslookup à un ping pour connaitre l’IP correspondant à un domaine. En plus y a plus de résultat, genre pour google.fr :
    - http://216.239.59.104
    - http://66.249.93.104
    - http://72.14.221.104

    bon ok, je sors (poussez pas, je connais le chemin ! :D)
  2. Le 13.08.2008 @ 14:11
    Artis
    Nslookup saymal.
    Dig saymieux.
    (roses)
  3. Le 13.08.2008 @ 14:38
    Willy
    Mais il est ou le temps des Atari, Commodore 64 et disquettes 5″1/4??? (radoteur)

    C’etait mieux avant (badday) ou pas…
  4. Le 13.08.2008 @ 14:41
    Ouhaaaaaa, tant de geeks comme moi, ça fait plaisir à voir. :>>
  5. Le 13.08.2008 @ 18:05
    A l’autre bout de la panoplie, tu as le domaine des addresses suisse « .CH ».
    C’est géré entièrement par Switch qui a le monopole absolu.

    Alors certes, contrairement à la majorité des registrars .COM, Switch est entièrement géré de manière automatisée, uniquement par un groupe de serveurs (et pas par un groupe de branleurs). Donc n’importe quelle manipulation prends quelque minutes à peine, qu’elles soient ouvrables ou pas. Mais…

    - … Switch a le monopole absolut garanti pour .ch et .li et se permet de faire ce qu’ils veulent
    - … ça coute une somme faramineuse par année, parce que quand on a le monopole, on pratique les prix qu’on veut.
    - … et attends de voir les frais de dossiers, ils sont astronomiques, parce que quand on encule, pourquoi mettre de la vaseline ?
    - … c’est tellement automatisé que plus personne ne comprend le systeme et qu’il est entièrement autonome (et peut être devenu conscient ?) . Au point que si il y a la moindre accroc, plus personnes n’a ni les compétences ni les droits d’accès pour corriger le problème (ça nous est arrivé skynet^H^H^H^H^H^H switch était incapable d’émettre des factures pour renouveler Saturnales.ch. Le seul moyen était de laisser expirer le nom et refaire un nouveau dossier (avec les nouveaux frais de dossiers).
  6. Le 14.08.2008 @ 08:09
    Ah tiens, je ne savais pas que Switch était LE registar suisse, tu veux dire que personne ne peut devenir registar pour un « .ch » ? Ce serait incroyable quand même.

    Sinon, ton histoire concernant ton domaine est incroyable, j’imagine cependant tout à fait la grosse boite noire programmée dans les années 90 et où plus personne n’ose fourrer ses mains.

    De toute manière un tel système finira bien par crasher un jour, ils devront alors prendre leurs responsabilité, à savoir démissionner avec un joli parachute doré et laisser en plan tous les « .ch ».
  7. Le 14.08.2008 @ 16:38
    SaleGosse
    C’est du monopole non ? c’est pas interdit par la loi suisse ?
  8. Le 15.08.2008 @ 15:32
    Yop Switch est l’organisme chargé de l’enregistrement et de la régulations des .ch pour l’ICANN doublé d’un rôle de registrar (cherchez l’erreur, même l’AFNIC ne s’y était pas permis). Regarde par exemple chez gandi.net, on peut prendre un .ch mais ça passe par Switch quand même.

    +1 pour dig, au temps pour moi ;)

Tu peux même laisser ton avis

Note juste que tout commentaire désobligeant, illégal, publicitaire, mal écrit ou tout simplement ennuyeux sera cruellement supprimé sans préavis, sans explication et sans excuse par le dictateur autoproclamé actuellement au pouvoir.

Ces quelques smileys

|-| XX( ??? <3 ;-) :yes: :twisted: :roll: :oops: :no: :mrgreen: :lalala: :idea: :evil: :cry: :crazy: :arrow: :?: :-| :-x :-p :-o :-P :-D :-? :-) :-( :!: 8-O 8) (zzz) (woohoo) (vomi) (tusors) (troll) (sigh) (siffle) (roses) (radoteur) (pleure) (pendu) (ouch) (mur) (mechant) (lulz) (lol) (hum) (haha) (god) (fou) (fache) (evilfinger) (endormi) (embarrasse) (coucou) (chinois) (censored) (bouffon) (bisou) (badday) (avosordres) (applau)