nov 2007
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Ils veulent garder l’arme et les munitions dans les foyer, ils parlent de maitrise de l’arme personnelle, ils croient que leur expérience des armes est acquise par tous les détenteurs de la Confédération. Maitriser une arme est une affaire de professionnels, le seul arrangement possible entre les civils et l’armée ne consiste pas en une distribution libre de matériel de guerre, mais bien en interdisant aux citoyens la possession d’un tel arsenal léthal. Nous avons pu constater avec tristesse l’échec des tentatives de responsabilisations, il est maintenant temps de mettre un terme à ce legs du passé.Mais tout le monde ne pense pas dans ce sens. Ainsi, certaines personnes s’assoient délibérément sur le dos des morts. Voici les arguments de l’un d’entre eux (source) :
La première, non des moindres, est que l’on ne pourrait plus parler d’arme « personnelle », à savoir que les militaires ne disposeraient plus de leur propre arme. La solution consistant à entreposer hors service les armes dans des centres logistiques tout en maintenant leur caractère nominal n’est pas envisageable: comment, en effet, gérer l’imbroglio des nombreux changements de domicile des jeunes adultes (20-30 ans), les mutations et fréquents déplacements de service, et le fait que les unités changent presque chaque année de lieu d’entrée en service ? La récupération de l’arme personnelle de l’ensemble des militaires faisant service avec une unité deviendrait le défi majeur des premiers jours du cours ! Impensable par ailleurs de demander aux militaires de récupérer leur arme dans le centre logistique correspondant avant service et de la ramener après la fin de celui-ci …
Veut-on faire croire que les soldats seraient affectés psychologiquements de ne plus avoir Charlene à leur côtés? Mettre en avant d’éventuels problèmes de logistique dans une organisation qui se veut pointilleuse c’est quand même curieux. L’armée à créé un problème avec ces tirs obligatoires et elle cherche maintenant des justifications afin de se maintenir à tout prix la tête dans la fosse.
Alors même que c’est dans le domaine logistique que le DDPS entrevoit l’essentiel de son potentiel d’économies (des économies exigées par le Parlement), le retrait des armes personnelles générerait un surcroît significatif de travail – et de coûts – pour ces centres logistiques.
Il est vrai que les coûts seraient plus élevés, mais quel prix pouvez-vous donner à une vie? Combien donneriez-vous pour qu’on ne tue pas une personne de votre famille? Il suffirait d’abandonner certains véhicules de combats, véhicules devenus totalement inutiles de nos jours. D’un côté l’armée justifie sa présence par de rares actes de sauvetages civils, d’un autre elle veut conserver ses armes de combat. Une contradiction qui révèle parfaitement l’idéologie douteuse de cette organisation immorale.
Quelle solution entrevoir pour les militaires qui pratiquent régulièrement le tir sportif, ou qui – tout simplement attachés au maintien des traditions de ce pays – ont à coeur d’effectuer chaque année leur tir en campagne ?
Réussir à placer un sport et une obligation dans la même liste d’arguments, bel effort. Une autorisation de port d’arme pourrait leur être donnée, à la condition de suivre un entrainement consolidant leurs compétences en la matière.
Outre la mort immédiate du tir obligatoire, outre la mort à terme du tir en campagne en tant que manifestation populaire, le retrait des armes personnelles induirait une dégradation progressive, au fil des années, de la « maîtrise de l’arme » au sens défini plus haut, avec comme corollaire un accroissement vraisemblable des accidents de tir en service.
Les militaires tirent en service? Moi qui croyait que le rôle de l’armée se bornait à sauver les victimes d’innondations ou de glissements de terrain. Je dois surement confondre avec leur argumentation publique.
Quelle est l’argumentation de celles et ceux qui préconisent le retrait des armes personnelles des militaires ? Pour l’essentiel, il est fait référence au nombre important de suicides, voire même de meurtres commis avec des armes à feu, dont certaines sont des armes de service. Chacun de ces cas équivaut effectivement à un drame familial, avec son cortège de souffrances et de traumatismes souvent durables. La question n’est donc pas de nier ou de minimiser ce phénomène, mais de lui apporter une réponse à la fois proportionnée et adéquate.
« Chère familles de victimes, nous compatissons avec votre douleur mais notre plaisir sportif passe avant tout. Allez, sans rancunes hein! »
Un étroit rapport de confiance entre le Citoyen et l’Etat
Le fait que chaque citoyen-soldat puisse conserver à son domicile une arme confiée par l’Etat constitue aujourd’hui encore un symbole très fort du lien de confiance qui les unit. Réguler à outrance afin de résoudre les problèmes de société face auxquels on se sent impuissants: telle est, de nos jours, la politique qui séduit. Une politique insidieuse: en déresponsabilisant par étapes les citoyennes et citoyens, c’est l’Etat qu’elle affaiblit en parallèle
Qu’on parle de lien avec l’Etat lorsque le sujet est une obligation me fait doucement sourire, hormis les masochistes personne n’aime son bourreau.
Selon leur bon plaisir, chacun devrait garder arme et munitions au foyer, et tant pis pour les morts. Les dommages collatéraux sont tous simplement ignorés, au profit du maintien d’une tradition obsolète. On en attendait pas moins d’une association miliariste.
Aujourd’hui un de leurs partisans à décidé de faire opposition à la nouvelle loi de retrait des cartouches, il n’ira donc pas rendre sa boite à l’arsenal, se mettant ainsi hors-la-loi et contredisant les ordres d’un conseiller fédéral. Un militaire de plus qui perd les pédales, et celui-ci reste armé.
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C’est déprimant tout de même de lire des inepties pareilles en 2007 (je fais bien sûr référence aux textes de l’armée, pas à tes commentaires gaël ;)!!!
Mais bon, j’en attendais pas moins de notre chère armée nationale!
Le jour ou un de leurs fils oncle neveu ou père se sera tirer une balle dans la tête ou aura flinguer leur fille femme nièce ou mère…on en reparlera!!!!!!
Tant que ça n’arrive qu’autres…n’est-ce pas messieurs les militaires? On se contente d’être désolé et de se joindre à la peine de la famille!! Super consolation!
Pfffffffff, c’est déprimant!
Il y a énormément d’échelons entre les simples soldats et recrues d’une part, et les hautes sphères politique de l’autre. Le problème du coup, c’est que la communication (ou plus trivialement, la réalisation de ce que certaine choses représentent en vrai) tient parfois du téléphone arabe. Les décisions politiques sont prises, dans certain cas, non seulement sans l’avis mais sans même se rendre compte de la réalité des type qui se roulent dans la boue à l’autre extrêmité de l’échelle.
Cette réponse contre la supression des armes à domicile ignore complètement une certaine réalité de la vie à l’autre extrêmité de l’échelle.
Logistiquement complexe d’assurer que chacun ait son arme ? Réellement ?
Donc en suivant leur raisonnement on arrive à la conclusion que la Suisse est horriblement préparée face à une catastrophe, étant donné que les sauveteurs n’ont pas un set de pelle et de pioche prêt à la maison et que les médecins n’ont pas une trousse de secours (militaire) complète chez eux. Seule l’arme est assurée et l’armée ferait complètement défaut sur sa mission actuelle d’aide en cas de catastrophe.
Heureusement, cet étape de la démonstration est fausse. Oui, on arrive à filer sur place le bon matos au bonne troupes. L’objection suivante ? Oui, mais ce matériel n’est pas personnel. Au mieux il est assigné à un détachement, au pire c’est tirer d’un magasins central pour tout le monde. Certes, c’est pour ça que ça marche bien avec les trousses de secours, le matériel de sauvetage, etc.
Mais si ça marche bien, pourquoi ne pas le faire avec les armes non plus ? Pourquoi doivent-elles être absolument personelle ?
Pour les hauts-le-coeur que cette réponse provoque chez les traditionalistes, voir plus bas. Les arguments principaux arguments qu’on pourrait s’attendre concernant une arme *personelle* sont :
la responsabilisation du soldat vis-à-vis de son arme. Il sera plus encouragé à mieux s’en occuper si c’est son arme à lui, que si c’est un objet qu’il emprunte et retourne au magasin de matériel entre chaque utilisation. De plus ça lui permet de s’habituer au particularité de son engin, d’avoir ses réglages, etc.
Et c’est là que je me demande si les grand pontes n’oublient pas dès fois comment ça marche chez les petits gens :
Il existe une tranche énorme de la population militaire qui ne se sert peu ou pas de son arme.
La logistique (par exemple : tout ce qui est bureau, et les soldats les plus important : les cuisiniers) n’a pas de fusil, mais un pistolet. Le tire obligatoire n’existant pas et comme leur travail leur laisse peu de temps, ces personnes ne sorte l’arme du holster que deux fois : la première semaine de l’école de recrue avant qu’il ne soit muté cuisiniers – la seul fois où ils tirent – et à la fin de la carrière militaire pour rendre l’arme. C’est un « running joke » à l’armée que ce sont les plus mauvais tireur. Loin de moi l’idée de me moquer de leur potentiel capacité à manier une arme, pour moi ça illustre simplement l(e manque d)’utilité d’une arme pour eux et l’absence complète d’habituation ou soins portés à l’objet.
On continue dans le genre : le personel de l’infirmerie (infirmiers, techniciens de surface et médecins). Les habitudes des majorités des infirmeries sont de ne pas laisser les armes. Les armes de tout le monde (personnel, malades) restent enfermées – forcément, c’est pas vraiment un lieu ou on peut suspecter avoir besoin de tirer – pour éviter les accidents.
De ce fait et en se basant sur une interprétation quelque peu personnelle du règlement (l’arme ne peut être que : « sur homme » ou « sous surveillance » ou « sous clé »), j’en connais beaucoup qui argumentent et réussisse à persuader le responsable local que « je l’ai laissée chez-moi, enfermée a clé dans un endroit sûr – conformément à la mention ‘sous clé’ du règlement » est une justification valide et ne prennent jamais leur arme en service.
En fait, j’en connais certain qui n’ont jamais sorti leur arme de leur « cachette sous clé » à la cave de toute leur carrière militaire et se retrouve à devoir rendre et rembourser un bloc de rouille fossile à la carrière militaire. J’en connais même dont la « cachette sous clé » est une boite (fremée à clé) remplie d’huile ou flottent les pièces détachées.
Tout ceci, quand bien même certain plus vieux infirmier ont encore un fusil et non un pistolet.
Je suppose également que ceci soit le cas chez les services d’informations, etc. Probablement que le conducteurs ne tirent pas beaucoup non plus.
Quand au tirs obligatoires de fusils, toutes les dames de mon immeuble savent toutes (probablement via leurs père/mari/fils) que c’est possible de payer un copain ou le type du stand pour y aller à la place ou pour s’occuper de l’entretien.
Donc qu’on ne me parle pas d’apprivoisement/attachement à l’arme ou autre justification d’une arme *personelle*. Pour la majorité de ces gens, c’est plus un boulet qu’autre chose.
Ne reste guère que l’infanterie et qques autres troupes de combats (grenadier, chars…) qui dorment encore avec Charlène.
La question – que l’on doit de se poser sur l’importance de ces troupes dans une armée qui se veut surtout d’aide en cas de catastrophe et sur les raison de caler sur eux tout le fonctionnement de l’armée (y-compris le mariage avec un fusil) – est laissée à la discrétion du lecteur.
Concernant les traditionalistes et ceux qui estime que c’est important de s’attacher à une arme en particulier : mon avis a toujours été que tout système de supression de l’arme à domicile se doit être facultatif. Chaque bonhomme doit pouvoir avoir la possibilité de faire une demande justifié, de passer devant une commission, de faire examiner son équilibre psychique et éventuellement obtenir le droit de ramener et présenter Charlène à ses parents en vu d’un mariage civil.
En résumé : pour moi, la réalité quotidienne des soldats qui sont dans les fonctions qui correspondent de plus en plus aux missions de l’armée ne montre absolument pas le besoin d’avoir une arme personnelle qu’on garde à domicile, voir même une arme tout cours (franchement, on va pas déblayer une avalanche avec un FAS-90 ?)
Alors que ceux qui répondent contre la suppression des armes à domicile, ont tendance à réfléchir à des année lumière de là, en terme de « vitesse de déploiement », « facilité de matcher 1 soldat et son arme », « faciliter l’entraînement à manier l’arme », etc.
Les termes repris ne proviennent pas de l’armée directement mais d’une association qui milite (entre autre) pour le maintien de l’arme en famille. Oui, ce genre de confrérie existe malheureusement.
@DrYak
Merci pour cette magnifique intervention, tu appuies avec brio l’illogisme total que représente l’arme au foyer face à la justification existentielle de l’armée suisse.
> de l’arme à domicile se doit être facultatif.
c’est exactement ça. Et pendant qu’ils y sont, ils devraient rendre toute l’armée facultative/professionnelle
Doucement, petit scarabé, doucement. Chaque étape en son temps. Aujourd’hui l’arme, demain le monde…. euh… non… demain le service militaire obligatoire.
Plus sérieusement, je trouve qu’un bonne 1ère étape pour aller dans ta direction, serait un projet que tente d’appuyer beaucoup de groupes pacifistes :
- rendre le choix d’un service civil complètement libre (du genre, simplement cocher la bonne réponse « non je ferai du service civil à la place » sur le questionnaire lors du recrutement, au lieu de devoir construire tout un dossier et passer devant plusieurs commissions)
- service civil n’exige plus obligatoirement des gens valide (actuellement, on ne peut faire service civil QUE si on a la condition physique pour faire militaire même si les exigences de leur cahier des charge respectifs sont complètement différents : « soins médicaux, assistance personnes âgées, enseignement » vs. « se rouler dans la boue avec 20kg de conneries dans le sac à dos »)
C’est une proposition intermédiaire intéressante, qui sera moins difficile à avaler que la pilule « fin de l’armée », et possède une énorme justification logique derrière : les secteurs concerné par le service civil manque énormément de bras. Avant armée XXI, le service civil fournissait un contingent de volontaire qui aidait énormément. Depuis comme les effectifs de l’armée ont énormément été réduit, le recrutement est beaucoup plus sélectifs et les gens rejetés ne *PEUVENT* même pas demander à faire du service civil. La taxe [et parfois la protection civile] sont leur seul choix.
L’argument des EMS devraient pouvoir aider à faire pencher la balance.
J’ai essayé en toute bonne foi de faire mon service civil, quitte à travailler forcé, autant que ce soit utile à la société. Je suis passé devant une commission, une demi-douzaine d’hommes et de femmes en costards qui m’ont posé des questions pendant 45 minutes. Au final j’ai été refusé car mes motivations pour quitter l’armée n’étaient pas suffisantes (j’aurais peut-être du menacer un gradé de mort, cela aurait été suffisant).
Bref, c’était il y a un peu moins de dix ans, peut-être que les choses ont changé entre temps, mais à l’époque ce n’était pas aussi simple.
… et ça ne l’ai toujours pas pour certains.
Au point que, la majorité des jeunes, actuellement préfèrent essayer de se faire mettre dehors pour raison psychologiques ou de santé, plutôt que de risquer d’être déclarer valide et ne pas être accepté au service civil.
Le problème est que nous n’avons pas vraiment le libre choix de dire « Non je ne veux pas faire l’armée » sans avoir à subir de conséquences quelques fois lourdes. La solution du psychologue est pour bon nombre de personnes (dont moi) la plus adaptée malheureusement.